
Départ et premiers défis « Passe‑moi Lucille. » J’ai saisi la machette affectueusement nommée Lucille aux mains d’Aaron, qui guidait notre canoë le long du mur végétal épais du fleuve. « Je nous amènerai doucement. », a‑t‑il dit. J’ai pris position à l’avant, armé de Lucille, prêt à fendre l’enchevêtrement vert sombre. Cette partie de notre routine quotidienne me déplaisait : chaque recoin cachait des dangers. D’un coup de pagaie, Aaron m’a projeté, face première, dans les lianes ; je l’ai vu ri
Départ en haute mer « Ne vous inquiétez pas, c’est très simple : visez la tête ou la poitrine de l’ours polaire, tirez, et il s’en ira ou mourra », rit l’inukshuk chasseur en nous remettant un fusil. Il nous dépose au bout du fjord isolé de Tasiilaq. « On se revoit dans trois semaines », crions‑nous, mais le bruit du moteur étouffe nos adieux. Nous sommes à 160 milles nautiques de la moindre trace de civilisation. Le projet d’aventure Enfourchant nos sacs légers, nous quatre nous lançons dans u
Départ après la tragédie dOslo Nous devions partir un jeudi, mais les fortes pluies ont inondé les routes, nous forçant à attendre. Le vendredi 22 juillet, les attentats dOslo et le massacre dUtøya ont secoué le pays. Incapables de regarder la télévision, nous avons choisi de rester deux jours de plus, non pas pour fuir, mais pour offrir à nos enfants un contre‑poids de chaleur et de réconfort. Le trajet vers Gautefall En train, nous avons quitté Kongsberg pour Drangedal. Le paysage s’est rapide
Dans les marais, chaque pas coûte la dernière parcelle dénergie Chaque pas mépuise davantage, il ne me reste plus quun fragment de force. Pour bouger une jambe, je dois crier et puiser dans le dernier souffle qui me reste. Personne nécoute. Les cris se perdent rapidement dans les marais. Nos corps senfoncent dans un mélange deau brune, de mousse et dherbe pourrie. Deux vautours tournent au-dessus de nous, profitant des dernières thermiques du jour. Nous sommes très au sud ; les étés y sont longs
Jour 1 – Le départ Le ferry nous a laissés seuls au bord de la route. Des nuages gonflés remplissaient le ciel et une brise glaciale annonçait le début de notre périple. À contrecœur, nous nous sommes dépouillés jusqu’à nos sous-vêtements, avons grimpé sur les rochers et sommes tombés maladroitement dans la mer. Le frisson électrisant de l’eau salée a parcouru mon corps, me tirant un sourire. Nous étions sur la côte Pacifique du Chili. Le prochain bain d’eau salée viendrait de l’Atlantique argen
Des tapis de fougères dévalaient le ravin abrupt, le feuillage lourd et brillant sous la pluie écossaise. Mon pied droit tournait sous chaque pas invisible dans les broussailles jusqu’à la hauteur du menton, résultat d’une botte usée par le long trajet, le terrain escarpé des Highlands et l’humidité omniprésente.Après seulement cinq jours dans ce paysage montagneux majestueux, une série d’erreurs de planification et de défaillances d’équipement menaçait de mettre fin à cette aventure mal préparé
IntroductionJe ne suis pas fait pour la chaleur. Même après des voyages autour du monde, je vis en Angleterre où il pleut souvent. J’aime le soleil, mais un simple rayon suffit à bronzer ma peau à la teinte d’un espresso colombien. Malgré mes racines italiennes, je me sens plus à l’aise à -18 °C sur une piste de ski autrichienne que près d’une piscine à +35 °C. J’ai toujours la bougeotte, toujours un appareil photo ou un vélo sous le bras.Un séjour à MurcieCette semaine, j’ai pris un vol program
Un long chemin Nous étions en Mongolie quand les difficultés ont commencé. Aucun chemin, aucune clôture, aucun panneau… chaque vallée entre deux montagnes se transformait en bourbier de boue ; même les locaux s’y enlisaient et venaient nous demander d’utiliser nos treuils. C’était le tournage de Long Way Round avec Ewan McGregor et Charley Boorman, et j’étais le réalisateur de la production. Aucun de nous ne savait vraiment à quoi s’attendre en Mongolie, mais j’ai été frappé par la beauté du pay
Un hiver extraordinairement doux a contraint José à abandonner les skis sur plusieurs tronçons, quil a alors parcourus en raquettes, voire à vélo sur le tronçon russe. Il a partagé les parties initiales et finales du périple à six étapes avec des amis, mais la majeure partie du trajet sest déroulée aux côtés de son fidèle compagnon canin, Lonchas, un Alaskan Malamute qui laccompagne dans la plupart de ses expéditions. Une traversée du Grand Nord à pied et à vélo Vu du regard du sud de José, l’it
Introduction Accompagnés d’un guide tchèque hésitant mais soucieux de notre sécurité, nous avons entamé une expédition au cœur du massif de Bjelašnica, à 1 896 m d’altitude. Sous un soleil chaud, les nuages sombres s’amoncelaient dans la vallée, rappelant que la Bosnie‑Herzégovine (BiH) porte encore les cicatrices de son passé récent. Cartes, mines et précautions Le guide nous a présenté une carte tirée d’internet, l’une des meilleures ressources pour la randonnée en BiH. Les premières cartes d
Parmi les odeurs qui resteront à jamais liées à mes voyages au Maroc, on retrouve le cèdre, le diesel, le cumin, la menthe, le savon Fairy (le seul savon disponible au marché du village), leau de rose, le musc et même le fumier dâne (une association peu agréable, je ladmets). Un souvenir mental de ce premier voyage est celui dun vieux Mercedes Grande Taxi, partagé avec six autres passagers et un sac de vingt kilos de feuilles de menthe fraîches, pendant cinq heures de routes de montagne cahoteu
Un trajet plein dadrénaline Se rendre au point de départ dun sentier est une véritable épreuve de nerfs : entre les dépassements de vitesse et les conducteurs qui semblent ignorer toute règle de la route, on passe dun rire nerveux à la terreur en un clin d’œil. Sur les routes sinueuses de la montagne, on voit souvent des automobilistes parler au téléphone, fumer, et même se tenir les parties intimes, le tout en même temps. Attention aux maquis épineux Arrivé au départ, la tentation de suivre vo
Un pays entre mer et désert Le Mexique possède une côte immense bordée de déserts et de broussailles épineuses. Malgré cette géographie surprenante, il offre l’une des cuisines les plus sous‑estimées au-delà de ses frontières. On entend souvent résumer la gastronomie mexicaine d’un seul mot : « piquante et ventée ». En réalité, les marchés locaux regorgent d’une variété impressionnante de produits, et la moindre substitution d’un ingrédient suffit à transformer un plat. Pour les voyageurs en qu
Coordonnées GPS N69° 05′ 58.3″, W29° 55′ 13.1″
La mission « Nous sommes des touristes », répétais‑je une troisième fois à l’homme qui me scrutait, méfiant, depuis la dense jungle qui entoure un village isolé, à quelques kilomètres de la frontière Sierra Leone‑Guinée. Son anglais était hésitant, mais deux questions perçaient l’obscurité de la nuit tropicale : « Quelle recherche faites‑vous ? Que cherchez‑vous ? » Je compris alors que le mot « touriste » n’avait aucun sens pour lui. J’essayai d’expliquer que nous étions venus admirer la beaut
Le parc offre une grande variété de paysages : collines ondulées, zones humides forestières, ravins sculptés par des ruisseaux clairs, tourbières et même des vallées alpines verdoyantes. Parmi la faune, on trouve des ours bruns (rarement aperçus), des lagopèdes, des renards arctiques, des élans et les réindeers omniprésents. Avec 280 000 visiteurs par an, il est néanmoins facile de trouver la solitude, surtout hors saison. Visiter le parc en octobre vous garantit souvent d’être le seul à parcou
Depuis toujours, je me demande ce qui nous pousse à partir à l’aventure. Au fond, ce sont les histoires. Rien n’est plus ancien ni plus lié à la nature humaine que l’écoute de récits. Un conte, un désir, et l’on se retrouve devant une carte – qu’elle soit plate et froide comme celles des magazines d’avion ou jaunie, froissée, avec un X mystérieux au centre. La carte n’est qu’un souhait en attente d’être réalisé. Une fois la ligne tracée, il ne reste plus qu’à la suivre. Le Grand Nord Mon désir v
Pourquoi ce périple ? Avant le départ, une amie proche m’a demandé la raison exacte de ce voyage. Plus je cherchais une réponse sincère, plus mon esprit restait vide. Ce n’est pas une levée de fonds caritative, ni un simple touriste curieux. J’aime le Brésil depuis près de dix ans, depuis mon premier arrivé, mais la motivation profonde restait floue. La plus grande aventure se déroule en nous-mêmes, et seule le temps pourra révéler la vérité. État du matériel et avancée du voyage Nos chemises d
Introduction À environ cinq cents mètres du sommet, mon pneu a éclaté. En puisant dans ma CamelBac, j’ai découvert que mon jus isotone était épuisé. Nous nous trouvions près de Marble Bar, l’endroit le plus chaud d’Australie, où les températures dépassent les 38 °C pendant plus de cent soixante jours. Nous gravissions le mont Bruce, suivis de près par une autre équipe. Choix du binôme et premier « hunter » Ma place dans l’étape sud‑africaine m’a valu d’être associé à Alberta, compétitrice italie
Jour 5 : Le col Donohue à 11 000 pieds C’était notre cinquième journée de randonnée et, ce matin-là, le défi qui nous attendait était le col Donohue, culminant à 11 000 pieds. Les gardes‑forestiers du bureau de la forêt de Yosemite nous avaient fortement mis en garde : plusieurs randonneurs avaient déjà été contraints de rebrousser chemin à cause des conditions extrêmes de la saison la plus neigeuse des Sierra Nevada en plusieurs décennies. Compléter les 219 miles du John Muir Trail (JMT) était