Manger et boire à Carthagène malgré une allergie aux fruits de mer
Allergique aux fruits de mer au point de mettre sa vie en danger, Sally Spaulding aurait pu éviter la cuisine colombienne. Au contraire, elle a décidé de dénicher les meilleures adresses culinaires de Carthagène, car il s’agissait d’une question de vie ou de mort.
Un premier défi linguistique
CARTAGÈNE, Colombie – « Sin mariscos… sin camarones… estoy muy alérgica. » (« Pas de fruits de mer… pas de crevettes… je suis très allergique. »)
Lorsque l’on est mortellement allergique aux crustacés et que l’on voyage dans un pays où l’anglais est peu parlé, il est indispensable d’apprendre des phrases comme celle‑ci, ainsi que « Je pourrais mourir si je mange ça », accompagnées bien sûr de gestes explicites. Cela permet non seulement de se protéger, mais aussi de passer du temps à explorer les menus et les avis de restaurants – ce qui, avouons‑le, est le meilleur moment de la préparation d’un voyage.
Planifier le programme gourmand
Lors de mon dernier séjour à Carthagène, j’ai accepté de m’occuper de l’ensemble du programme nourriture‑boisson pour notre groupe, en invoquant mon allergie comme prétexte. Décider où et quoi manger était effectivement une affaire de vie ou de mort.

Café del Mar – le premier verre
Dès notre installation dans un appartement du centre historique, nous avons filé au Café del Mar, perché sur les remparts de la ville. La terrasse offre une vue panoramique sur la vieille ville, les immeubles modernes de Bocagrande et la mer. Le menu de boissons est varié : martinis, bières locales comme l’Águila, et bien sûr des mojitos rafraîchis par la brise marine.
Restaurant 8‑18 – un contre‑temps
Notre prochaine étape était le très recommandé Restaurant 8‑18, censé proposer une cuisine colombienne authentique dans une ambiance chic. Grâce au site web, j’avais déjà sélectionné mon plat. À notre grande surprise, le restaurant était fermé pour des rénovations, information qui n’apparaissait pas en ligne.

Peru Mar – un délicieux remplacement
Nous avons donc erré dans les places de la ville, profitant de l’atmosphère nocturne où taxis et voitures disparaissent, laissant place aux couples, aux calèches et à une ambiance romantique. Nous sommes tombés sur Peru Mar (Calle Santo Domingo 33‑41), près de la Plaza Santa Domingo. Ce petit restaurant péruvien propose notamment un ceviche recommandé par les habitants. Le carpaccio d’octopus était servi avec des crevettes – un rappel cruel pour moi – mais la sauce à l’olive noire était exceptionnelle. Aucun regret d’avoir manqué 8‑18.
El Bistro – le déjeuner typique colombien
Le déjeuner est le repas principal en Colombie. El Bistro, surnommé « le lieu allemand », sert ses propres saucisses et propose chaque jour un tableau noir avec les spécialités du jour. L’ambiance est simple (pas de climatisation), mais les portions sont généreuses : poisson entier frit, riz à la noix de coco, salade d’avocat et plantains frits, le tout pour environ 10 $ US.
Restaurante La Casa de Socorro – à proximité du Castillo San Felipe
En dehors des murs historiques, nous avons déjeuné au Restaurante La Casa de Socorro, idéal avant ou après la visite du Castillo San Felipe de Barajas, la forteresse espagnole la plus imposante d’Amérique du Sud. Le quartier de Gethsemane est plus populaire que le centre touristique, et nous étions les seuls étrangers. Deux grandes citronnades à la noix de coco, un ragoût de fruits de mer copieux, et des brochettes de requin façon thaïlandaise accompagnées de plantains dorés ont ponctué ce repas.

El Balcón – happy‑hour et excursions en bateau
Le happy‑hour s’étend de 16 h à 19 h dans plusieurs établissements. Nous avons découvert El Balcón, qui surplombe la Plaza San Diego. Géré par un Carthagénien et son partenaire britannique, le lieu propose une cuisine variée (curry vert thaï) et des excursions en bateau vers les îles voisines, avec déjeuner, boissons et yacht à prix raisonnable, facilement organisables même sans parler espagnol.
La Vitrola – une soirée jazz un peu trop sélective
Pour notre dernière nuit, nous voulions profiter de la vie nocturne. Une amie jazziste nous avait recommandé La Vitrola (Centro Cll 33 #2‑01 Calle Baloco). Arrivés, nous avons été confrontés à une porte stricte et à une liste d’invités ; mon beau‑frère, vêtu d’un short kaki, a été refoulé. Nous avons néanmoins conservé notre réservation. Le vin était correct, mais les plats de pâtes aux fruits de mer manquaient de saveur. L’ambiance musicale était excellente et le service, bien que légèrement snob, était attentif. Après le repas, nous avons arpenté les rues où les vendeurs de fruits, les stands de café improvisés et les odeurs de viande grillée remplissaient l’air.
Encore plus d’aventures
Le Tropic Beach House a ajouté une note inattendue à notre séjour, et plusieurs jours de découvertes à Carthagène ont confirmé que la ville est un véritable terrain de jeu pour les gourmets, même pour ceux qui doivent éviter les fruits de mer.




