Aucune trace
Lorsque j’ai embarqué dans le bus électrique Ember à St Andrew Square, la ville était moins animée que d’habitude en août, période où des milliers de visiteurs affluent pour les festivals. J’ai quitté le bureau plus tôt pour m’offrir une petite escapade. Après des semaines de travail presque ininterrompu, j’avais besoin d’une pause. Comme lors de précédentes aventures, je savais qu’une nuit à vélo dans les collines, en communion avec la nature, me permettrait de recharger mes batteries et de retrouver clarté et concentration.
Le départ et la découverte du Loch Leven
J’ai quitté Kinross en direction de l’est, suivant les sentiers de gravier qui bordent les rives du Loch Leven. Aucun déchet n’encombrait les chemins ; les cyclistes souriants, les quelques conversations fugaces et les chiens qui remuaient la queue ponctuaient le trajet. La végétation – roseaux, hautes herbes, orge – ondulait sous le vent, tandis que les oiseaux tournoyaient au-dessus et les moutons pâtraient paisiblement. L’impact humain sur le plus grand loch bas-désert de l’Écosse se mesure à 75 % de sa taille d’origine, suite à la canalisation de la rivière Leven. Malgré cette transformation, le site reste étonnamment propre, comme si les randonneurs s’en souciaient ou que des volontaires ramassaient déjà les déchets.
Trash Free Trails et la lutte contre les déchets
En préparant mon itinéraire sur Komoot, je suis tombé sur l’initiative Trash Free Trails. Cette organisation vise à réduire de 75 % les déchets plastiques sur les sentiers d’ici 2025 et à reconnecter les gens à la nature par l’aventure. J’ai donc profité de ma sortie non seulement pour me ressourcer, mais aussi pour collecter les quelques détritus que je croisais, participant ainsi à leur mission.
Réflexion sur le plastique et les alternatives
Assis sur une petite plage au bord du lac, j’ai réfléchi aux raisons qui poussent les gens à laisser des emballages dans la campagne. Le plastique, omnipèrent, devient presque invisible, mais il persiste pendant des siècles : une bouteille met environ 500 ans à se décomposer. Imaginez’vous que, si la reine Marie d’Écosse avait laissé une bouteille sur ces rives en 1567, elle aurait encore été là bien avant notre époque.
Préparations éco-responsables
Pour ce voyage, j’ai fait le choix d’acheter des produits sans emballage plastique : barres céréalières en cartons recyclables, sachets de thé compostables, café en boîte réutilisable, pesto en pot de verre transféré dans un récipient réutilisable, et pain emballé dans du papier. J’ai également emprunté le bus électrique pour rejoindre le point de départ, limitant ainsi mon empreinte carbone.
Le périple à travers les collines
Après avoir quitté le lac, j’ai emprunté des routes de campagne étroites et des sentiers de gravier, traversant une prairie fleurie avant d’atteindre le Glen Vale. Le rocher appelé le “Pulpit de John Knox” marquait le point culminant du parcours, dòù je me suis dirigé vers un lieu de campement entre les montagnes West et East Lomond.
Rencontre avec Jane Wilkinson
Lors d’un projet au Cateran Ecomuseum, j’ai interviewé Jane Wilkinson, tisserande de saules. Ses paroles résonnent encore : “La connexion au paysage crée une relation que l’on apprend à honorer – on devient alors plus conscient de son impact sur cet espace.”
Une nuit sous la pluie écossaise
Arrivé dans l’obscurité, j’ai dîné d’un simple plat de pâtes au pesto avant de m’endormir. Au petit-matin, une forte pluie battait ma tente. J’ai raccourci mon itinéraire et, à Falkland, j’ai réchauffé de l’eau pour un café dans le pub The Covenanter, encore fermé, et partagé un petit repas avec le propriétaire, qui m’a offert de remplir mes bouteilles.
Retour et conclusion
Sur le chemin du retour, j’ai ramassé quelques déchets routiers. En moins de 24 heures, j’étais de nouveau à mon bureau, sans réponses définitives à mes questions, mais avec le sentiment d’avoir renoué avec la nature et d’avoir laissé une petite empreinte positive dans une grande histoire.




