Quel sens porte le mot « magnat » ?
Définition
mogul n. Un magnat ou un tycoon, notamment dans le secteur des médias.
Contexte historique
Entre l’arrivée des Portugais en 1498 et l’établissement du pouvoir britannique au XVIIIe siècle, le sous‑continent indien fut dominé par un autre type d’envahisseur. Alors que les Européens ne s’aventuraient qu’au bord des côtes, une armée musulmane turcophone dévastatrice, lancée par le premier Grand Moghol, Babur, s’empara du pays depuis le nord. Descendant de Tamerlan et de Gengis Khan, Babur se considérait comme un Mongol et aspirait à fonder un empire digne de ses ancêtres, bien qu’il ait grandi à Boukhara, déjà persanisé, ce qui le rendait culturellement très différent de ses aïeux. Le terme moghol provient même du persan signifiant « Mongol ». Vers 1600, la majeure partie du sous‑continent était sous la domination des Moghols, qui créèrent un empire réputé pour une richesse vertigineuse, même selon les standards indiens où l’aristocratie vivait dans un luxe ostentatoire. Leur influence persane et islamique se reflète dans les arts, comme le montre le Taj Mahal, somptueux mausolée érigé au zénith de leur pouvoir.
Évolution du sens en anglais
Avant d’acquérir son sens actuel, désignant les titans du monde des affaires, mogul était d’abord employé de façon métaphorique pour désigner une personne dotée d’un grand pouvoir. De nombreux titres indiens ont pénétré l’anglais, comme maharajah pour une personne d’une richesse ostentatoire et brahmin pour un membre de l’élite aristocratique de Boston. Le terme nawab, d’origine arabe introduit en Inde par les Moghols et signifiant approximativement « gouverneur », a donné en anglais nabob. Ce dernier a longtemps désigné un individu aux dépenses extravagantes, avant de se cantonner aujourd’hui à l’expression citée par William Safire : « the inattering nabobs of negativism ». Le mot mandarin, qui désignait à l’origine en Inde pré‑moghole un ministre ou conseiller, fut transporté en Chine par les Portugais.
Ce texte est extrait de Toponymity: An Atlas of Words, par John Bemelmans Marciano, et est reproduit ici avec permission.




