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Emporté par une cascade quatre fois plus haute que les chutes du Niagara, cachée en Amazonie

Emporté par une cascade quatre fois plus haute que les chutes du Niagara, cachée en Amazonie

Poète californienne, Arisa White, présente son nouveau mémoire fin et émouvant, Who’s Your Daddy (Augury Books, mars 2021). L’auteure y évoque fragments d’images, souvenirs et lieux, tandis qu’elle entreprend un voyage en Guyane pour retrouver son père. Les lecteurs sont transportés par des descriptions vivaces du paysage, de la musique, de la culture et des proverbes locaux.

Dans l’extrait ci‑dessous, White visite l’une des plus puissantes chutes d’eau du monde, les chutes de Kaieteur, nichées au cœur de la forêt amazonienne guyanaise.

Une journée inoubliable à Kaieteur

C’est notre dernier jour complet en Guyane. Nous nous levons à 5 h du matin pour rejoindre les chutes de Kaieteur, la plus haute chute à chute unique du monde, qui plonge de 250 m (822 pieds) du haut vers le bas. Nous prenons un petit avion de neuf places, construit dans les années 1970, équipé d’un cendrier où nous déposons nos mégots. À un moment, l’avion rencontre une turbulence qui le fait perdre près d’un demi‑mille d’altitude. Je serre la main de Mondayway, comme pour me préparer à l’inconnu. En dessous, la canopée de la forêt tropicale s’étend, entrecoupée de rivières, avant de céder la place à une gorge où la brume s’épaissit.

Nous atterrissons et l’air est d’une pureté exceptionnelle, comparable à l’eau de source. Nous entreprenons une randonnée modérée jusqu’au sommet de la cascade. En chemin, notre guide nous indique de nous arrêter, de nous tourner à droite : à huit pieds se trouve un coq de roche, oiseau rare à plumage orange vif et à crête en forme de croissant. Le guide explique que les visiteurs du monde entier viennent le chercher, mais repartent souvent déçus — nous sommes donc très chanceux.

Légende de Kai, le héros sacré

Je suis subjuguée. Avant même de connaître la légende, j’ai ressenti l’envie de me laisser emporter par l’eau, de plonger avec elle, de succomber à ses forces séductrices. C’est exactement ce que fit Kai, chef amérindien Patamona. Il s’offrit en sacrifice au Grand Esprit Makonaima pour sauver son peuple des Caraïbes. Il prit sa pirogue et pagaie jusqu’au point où la rivière Potaro se jette dans la gorge. Dans le dialecte local, « Teur » signifie « chutes ». On raconte que Kai vit encore dans une caverne derrière le voile d’eau, et que, lorsque la brume l’enveloppe, il cuisine — peut‑être un repas pour accueillir le retour de sa fille.

Je m’approche du bord du précipice, cherchant à percevoir la profondeur et à sentir la force de la terre qui s’ouvre. Je plonge mes mains dans l’eau du fleuve, ramasse des pierres d’un noir rougeâtre sur lequel nous marchons. Allongée sur ce rocher, je presse mon corps contre lui, tourne la tête sur le côté et écoute. Le rocher, chaud, vibre. Son toucher résonne, aligne mes molécules aux siennes, et je me sens libérée, revigorée par cet amour sacrificiel et sauvage.

Emporté par une cascade quatre fois plus haute que les chutes du Niagara, cachée en Amazonie

Emporté par une cascade quatre fois plus haute que les chutes du Niagara, cachée en Amazonie

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Who’s Your Daddy, par Arisa White

Ce passage a été reproduit avec l’autorisation de l’auteur.

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