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Rock-a-bye Kasbah

Rock-a-bye Kasbah

Voyage à Marrakech avec deux tout‑petits

Ce que je vais raconter peut sembler un peu prétentieux, mais mon mari et moi sommes fiers de n’avoir jamais emmené nos enfants à Disneyland. Nous sommes ces parents qui, par pure obstination, préfèrent embarquer nos gamins sur des vols à multiples escales pour découvrir des lieux riches en culture, apprendre, vivre des aventures et, au final, se fatiguer jusqu’à la folie.

Le couronnement de cette philosophie s’est manifesté lors de notre séjour à Marrakech. Zach avait trois ans, Cleo deux ans. Le voyage était entrecoupé de quelques nuits à Paris, à l’aller comme au retour, depuis Boston. À chaque escale, nous étions remplis d’une joie débordante, prêts à montrer à nos enfants la Tour Eiffel – une simple mise en bouche – avant de les plonger dans le labyrinthe de la médina. Mais à l’arrivée, même les meilleures crêpes Suzette du monde n’ont pas suffi à nous revigorer.

À Marrakech, nous avons rapidement identifié quelques pièges faciles à éviter : le soleil torride (70 % de SPF ; nos enfants sont presque une espèce à part), la nourriture peu adaptée aux petits (les tajines, c’est un véritable choc gustatif pour un palais enfantin) et d’autres désagréments similaires.

Le vrai défi, cependant, était double. Nous avions longtemps rêvé de voir le souk, les riads à six étages, les jardins sur les toits, mais ces merveilles se sont vite transformées en sources de stress quand il faut constamment retenir des tout‑petits près de balustrades inexistantes ou négocier avec les marchands du Jemaa el‑Fna qui glissent des babioles (et parfois des serpents vivants) dans les mains de nos enfants. Certains moments étaient absolument magiques : déambuler dans les splendides jardins Majorelle d’Yves Saint‑Laurent était un pur bonheur, jusqu’à ce que ma fille pousse un cri strident à la vue d’un scarabée de la taille de son poing. Cet insecte aurait pu porter une ceinture YSL !

Ces incidents n’étaient pas mortels, mais leur accumulation nous tenait constamment sur le qui‑vive. Traverser les rues sans passages piétons ni feux de signalisation, avec un landau d’une main et un sac de pommes de terre de 11 kg dans l’autre, relève du pur cauchemar. Après une traversée particulièrement périlleuse, nous sommes rentrés au riad, avons commandé une bière, nous sommes regardés et nous sommes demandés comment les parents marocains faisaient face à tout ça.

La réponse : ils s’en sortent très bien, et souvent avec le sourire. Les Marocains sont extrêmement accueillants envers les enfants : ils les enlacent, les bercent, jouent à cache‑cache, même avec des étrangers. Rapidement, nous avons constaté que cette proximité brisait les barrières : nous n’étions plus de simples touristes, mais d’autres parents, ce qui a facilité les échanges, les danses improvisées et les tasses de thé offertes sans aucune raison apparente.

Voyager avec des enfants détruit les murs de l’étrangeté : on devient instantanément « un parent », ce qui rapproche les cultures comme jamais Disney ne pourra le faire. Cela dit, pour nos prochaines vacances, nous envisageons sérieusement de placer « la souris » (Disneyland) sur la table des projets.

OÙ NOUS TROUVER

Voici quelques lieux que nous avons visités pendant notre séjour :

Riyad Al Moussika
62, Derb Boutouil
Kennaria, Marrakech
+212-5-24-38-90-67

Jardin Majorelle
Boulevard Safi
Marrakech
+212-5-24-31-30-47

Maison Arabe
1, Derb Assehbe
Bab Doukkala, Marrakech
+212-5-24-38-70-10

Notes de voyage
  • Traversée de l Islande à pied – du sud au nord

    Finançant notre périple grâce à la vente de thé au sommet d’une colline près de l’université, mon ami Rémi et moi avons échappé aux examens pour une année supplémentaire. Après un vol depuis l’Écosse, nous avions un objectif clair : traverser l’Islande du coin le plus sud au point le plus au‑nord, uniquement à pied. Faux départ Trois jours après notre atterrissage à Reykjavik, nous observions la poussière de cendre se déposer sur la route vide. Notre véhicule, laissé à Kötlutangi, était parti ;

  • Une odyssée à travers la Chine

    Départ vers le Xinjiang Avec une nervosité palpable, nous avons descendu à toute vitesse les rampes abruptes du bâtiment d’immigration, contourné un groupe de changeurs de devises du marché noir, et nous sommes engagés sur la route du Xinjiang. Rebecca et moi disposions de 90 jours pour parcourir la Chine à vélo, soit environ 5 000 km, de la frontière kazakhe jusqu’au Vietnam. Notre odyssée chinoise commençait. Le désert du Xinjiang Le Xinjiang, d’une superficie comparable à l’Europe de l’Ouest,

  • Dartmoor

    Ceci est le deuxième volet de notre série sur la cueillette et la cuisine sauvage explorant différents paysages et ingrédients au Royaume-Uni. Pour suivre les itinéraires et obtenir plus didées, visitez Viewranger.com.La brume saccroche encore aux murs tapissés de lierre qui encadrent notre voiture tandis que nous avançons prudemment dans les ruelles étroites du Devon. En traversant un petit village, je constate que le paysage et le rythme de vie nont guère changé depuis que jai vécu et travaill