Oeil blanc du Japon – Zosterops japonicus – Mejiro
Présentation
Des volutes de gris fumé, de brun pâle et de jaune doux se mêlent au plumage vert sombre du petit oiseau japonais au « oeil blanc ». Son chant clair et léger est rarement entendu seul ; le Mejiro (signifiant « oeil blanc », en référence à l’anneau blanc autour de ses yeux) est très sociable et se nourrit en groupe. Cette petite créature charme les humains par son agilité et sa tolérance. Les individus se toilettent mutuellement, parfois même avec d’autres espèces. On les voit suspendus à l’envers dans le feuillage, picorant des fruits mûrs, cherchant du nectar dans de profondes fleurs, ou guettant des insectes sous les feuilles. Résister à ce charme est difficile.
Origine et introduction à Hawaï
Très prisé comme oiseau de cage en Asie, le Mejiro est répandu en Corée et au Japon. Il a été introduit sur les îles hawaïennes en 1929, à l’époque des plantations sucrières, pour lutter contre les insectes. Personne n’aurait imaginé à quel point cet oiseau s’étendrait rapidement, s’adaptant à de nouveaux aliments et habitats. Aujourd’hui, on le trouve partout à Hawaï, tant qu’il y a arbres et arbustes, du sommet des montagnes aux côtes, dans les forêts humides comme dans les zones semi‑désertiques.
Impacts écologiques
Cette prolifération pose problème. En grand nombre, les Mejiro épuisent les ressources alimentaires des oiseaux indigènes, rivalisant avec les honeycreepers pour les graines, les baies et le nectar, ce qui pourrait contribuer à leur déclin. En revanche, ils favorisent la dispersion des graines de plantes natives et sont devenus le principal pollinisateur de la vigne ieie, autrefois dépendante d’espèces d’oiseaux aujourd’hui disparues. Le faucon hawaïen, endémique, s’est adapté et le chasse pour survivre.
Une étude de l’Université de Yale (2002, parc national des volcans d’Hawaï) a montré que le Mejiro préfère les parcelles envahies par le gingembre Kahili, une espèce invasive. Lorsque le gingembre a été éradiqué, la population de Mejiro a diminué, soulignant l’interaction complexe entre espèces invasives et natives.
Apports pour la restauration des forêts
Ces observations sont précieuses pour affiner les plans de gestion et de restauration forestière, en tenant compte des effets combinés des espèces introduites.
Conclusion
Invasive ou adorable ? Le Mejiro semble destiné à rester sur les îles. Son chant agréable embellit nos foyers insulaires, mais il convient de surveiller son impact.




