Lever de soleil sur les montagnes autrichiennes
Vue aérienne d'Autriche
Alors que le petit avion à deux moteurs s'enfonce sous les lourds nuages d'été, j'aperçois pour la première fois l'Autriche. Des monuments géologiques dentelés bordent le ciel, et même en cette saison, la neige couvre les sommets alpins. La vallée verdoyante est parsemée de maisons et de dépendances en bois. Le bétail paît dans les prairies à côté de rivières glaciaires d'un bleu laiteux qui serpentent comme des artères. En me rapprochant de la fenêtre froide, j'aperçois au loin les lumières d'Innsbruck, vibrantes. Les Alpes dominent le panorama : un enchevêtrement sans fin de montagnes qui s'étendent du Vorarlberg à l'ouest jusqu'aux Alpes orientales du Tyrol. Vers l'est, près de Vienne, les sommets restent imposants, rappelant la nature dramatique de ce pays, véritable terrain de jeu pour les amoureux de plein air.
Mon itinéraire me conduit au sud, vers la Carinthie, région verte des Alpes à quatre heures d'Innsbruck. J'y emprunterai une portion du Alpe Adria Trail, réputé pour ses montagnes fertiles, ses lacs et ses rivières alpines.
Le sentier Alpe Adria
Sur 180 km d'est en ouest, la Carinthie offre des vallées glaciaires sculptées, des villages médiévaux et des bâtiments de la Renaissance. Le Alpe Adria Trail traverse cette région dramatique, reliant Trieste sur l'Adriatique au Grossglockner, plus haut sommet d'Autriche, au nord de la Carinthie. Le tracé complet de 750 km s'étend sur l'Italie, l'Autriche et la Slovénie. Accompagné du guide autrichien Daniel Hug, nous explorons l'une des 43 étapes du sentier, au bord du Millstätter See.
Réseau de sentiers alpins
L'Autriche est parcourue par un maillage de sentiers balisés à perte de vue. Que l’on cherche une promenade facile dans le Vorarlberg ou une expédition en haute altitude, tout se trouve à quelques kilomètres les uns des autres. Des pics de 3 000 m et des glaciers entourent Zell am See‑Kaprun. Le Kitzbüheler Alps propose le Koasa Trail de 65 km, à l’ombre du Wilder Kaiser. Les lacs turquoise et les sommets du Tiroler Zugspitz Arena sont accessibles via plus de 150 itinéraires de marche et de VTT. St. Anton am Arlberg séduit randonneurs et cyclistes, tandis que Wildschönau, à une heure d'Innsbruck, propose plus de 300 km de parcours à travers gorges, alpages et le Grosser Beil (2 309 m). Le choix est réellement « infini ».
Arrivée au refuge Lammersdorfer
En gravissant la route de terre depuis Millstatt jusqu'au refuge Lammersdorfer, le bruit du quotidien de la vallée s'éloigne. À 1 600 m d'altitude, tout semble immobile. D’un côté à l’autre de la vallée, des forêts de conifères couvrent les montagnes. Le soleil de fin d’après‑midi danse entre les arbres. Arrivés au refuge, nous vérifions notre matériel, déroulons les cartes, plaçons les roches aux coins stratégiques et mémorisons les itinéraires. Un court trajet nous mène au Alpe Adria Trail, suivi d’une montée de 40 minutes au coucher du soleil sur un sentier bien balisé. La vue depuis le sommet est l’une des plus belles que j’aie jamais contemplées : le lieu idéal où nos tentes attendent la nuit et le spectacle des étoiles.
Lever de soleil au sommet
Mon réveil sonne à 6 h 00. En ouvrant les yeux, la tente s’illumine du doux éclat du soleil levant. Les levers alpins autrichiens sont mystiques, aux couleurs célestes. Le parfum du café fraîchement moulu se mêle aux conifères tandis que nous dégustons du salami local et du pain, les pieds tournés vers l’est. Le paysage s’éveille au rythme du soleil : les forêts, les ruisseaux et la faune s’animent.
En redescendant, le sentier bien balisé serpente à travers les forêts denses, franchit des ruisseaux alpins et franchit des crêtes aveugles. Au loin, la frontière italienne et la silhouette déchiquetée des montagnes se dessinent.
Plus tard, au sommet du Granattor, le panorama est à couper le souffle. Le soleil couchant teinte le ciel d’orange et de violet, les montagnes d’un sombre rouge. Des nuages fins s’étirent sous l’effet du jet‑stream. Nous orientons nos tentes vers le coucher, prêts à vivre ce poème géologique unique qu’est l’Autriche.
Descente et conclusion
Le lendemain matin, nous rangeons le matériel, immortalisons les souvenirs et entamons la descente de deux heures vers le refuge Lammersdorfer. En sortant du bois, le refuge apparaît, entouré de bancs où les randonneurs partagent des spécialités locales et du café frais. Parents et enfants posent pour des photos qui resteront gravées dans leur histoire familiale. Ce court tronçon de sentier a réuni tout ce que j’espérais : montagnes verdoyantes, grandeur autrichienne, histoire et beauté captivante. La randonnée en Autriche m’a enchanté, tissant un sort qui me ramènera sans cesse sur ces sentiers.




