Gringos perdus : une aventure bolivienne entre ski, escalade et souvenirs familiaux
Inspiration et origine du voyage
Où trouvez‑vous l’inspiration pour votre prochaine aventure ? Dans un livre, un magazine, une photographie… Le déclic peut surgir de n’importe quelle source. Parfois, cependant, le désir de voyager est alimenté par une connexion plus profonde, un lien familial ou historique. Lost Gringos raconte l’une de ces histoires.
Sam Smoothy évolue sur le circuit freeride depuis 2004. Après plusieurs saisons sur le Freeride World Tour, il revient dans son pays natal, la Nouvelle‑Zélande, pour chercher de nouvelles expériences loin de la compétition.
Un héritage familial
La passion de l’aventure coule dans le sang des Smoothy. Un jour, Sam découvre que son père, Ronald, était un grimpeur accompli qui, il y a des décennies, menait des expéditions dans les Andes boliviennes. Cette révélation devient le fil conducteur du nouveau projet de Sam, qui part alors avec ses compagnons Johnny Collinson et Fraser McDougall suivre les pas de Ron.
Objectifs de l’expédition
L’équipe se lance dans l’ascension et le ski de Pequeño Alpamayo et du Huayna Potosí, visant potentiellement les premières descentes skiées sur la face ouest de l’Aguja Negra et la face sud‑est de l’Ala D. Sur : dans la zone Condoriri de la Cordillère.
Mais il ne s’agit pas seulement de lignes épiques : Sam cherche à renouer avec son père, à comprendre cet homme discret à travers les traces qu’il a laissées. En créant leurs propres empreintes, ils découvrent un nouveau monde, tissent des amitiés solides et enrichissent leur vision de la montagne.
Immersion culturelle en Bolivie
Sam voulait montrer le contraste saisissant entre les montagnes désertes et les villes animées, ainsi que les rencontres inattendues, comme le « wrestling féminin ». « Nous avons longuement discuté avec Will et Jase de CoLab Creative pour créer un film le plus complet culturellement possible. Il était difficile de ne pas faire un long métrage tant il y avait d’éléments à intégrer. »
L’équipe s’est immergée dans le tumulte de La Paz et d’El Alto : bruits, foules, bière et chaleur humaine. Pour échapper à l’étouffement urbain, ils ont gravi les hauts plateaux, où les montagnes se découpent depuis leurs appartements en ville.
Ces moments ont renforcé les liens entre les membres du groupe et les nouveaux amis rencontrés, notamment autour de bières dans des ruelles. La confiance construite en ville s’est prolongée sur les pentes, transformant chaque solitude en partage d’épaule.



Évolution du paysage bolivien
« Il semble que beaucoup de choses soient restées les mêmes », rappelle Sam, « l’esprit du peuple, les paysages à couper le souffle, les difficultés liées à la pauvreté et à la corruption policière. Mais le tourisme a explosé, les infrastructures se sont développées et les habitants s’intéressent davantage à l’escalade et au ski. »
« Il n’y a pas encore une vraie scène de ski‑alpinisme, mais nous avons rencontré un guide néo‑zélandais, Greg, qui nous a présenté une équipe de jeunes grimpeurs d’El Alto. Leur passion pour la montagne est mêlée à un profond amour de leur pays, malgré les problèmes qu’il traverse. »
Transmission et souvenir
Le voyage a permis à Sam de partager des souvenirs avec son père, comme son père le faisait autrefois. « Ce périple nous a rapprochés », dit Sam. « Il adore regarder nos photos et écouter nos anecdotes boliviennes. Il n’a pas encore vu le film, j’espère qu’il l’aimera. »
Au final, l’aventure ne se résume pas à des descentes ou des sommets : elle persiste dans les histoires, les amitiés et les liens créés, bien après que les photos se soient rangées dans des boîtes poussiéreuses.




