Les joies simples de la pêche à la mouche dans les Catskills, New York
Lors d’un week‑end récent dans le nord de l’État de New York, Daniel Schwartz de Fathom s’est aventuré dans le bassin versant légendaire des montagnes Catskill pour approfondir sa connaissance de la pêche à la mouche, un sport (et pour certains, une religion) qui soutient la région depuis plus d’un siècle.
Des rivières mythiques au cœur des Catskills
Les vallées verdoyantes des Catskills abritent deux cours d’eau qui font le bonheur des pêcheurs du monde entier : le Beaverkill, affluent historique du puissant Delaware, et le Willowemoc, ruisseau discret qui serpente le long du bord nord du comté rural de Sullivan. Dans leurs eaux claires évoluent truites brunes, truites fous et truites arc-en-ciel, véritable pilier d’une industrie de la pêche à la mouche qui alimente le tourisme depuis les années 1880.
Une tradition ancrée dans la culture locale
L’importance de ce sport pour la communauté ne peut être sous‑estimée. Des plaques commémoratives jalonnent les berges, rappelant les fameuses zones de pêche où les légendes lançaient leurs lignes. Le Catskill Fly Fishing Center and Museum, installé sur les rives du Willowemoc, rend hommage aux grands noms du dry‑fly américain, dont beaucoup enseignent encore aujourd’hui. Les boutiques spécialisées, dont la plus ancienne boutique familiale de mouches au monde, constituent l’essentiel du commerce à Roscoe, fièrement surnommée « Trout Town, USA ».
Le plaisir méditatif de la pêche à la mouche
En amont, les pêcheurs s’enfoncent dans les eaux qui deviendront l’eau du robinet de New York – claire, vive et pleine de promesses – et adoptent leurs positions de gué. La pêche à la mouche est un art de patience, transmis de génération en génération. Au fil des heures passées à observer les éclosions, choisir la bonne mouche, manier la ligne et dialoguer avec la nature, les adeptes découvrent une véritable forme de méditation.

Theodore Gordon a posé les bases du dry‑fly américain au tournant du XXᵉ siècle, après avoir constaté que les poissons des Catskills préfèrent les mouches qui restent à la surface.

Le Beaverkill parcourt 44 miles depuis sa source dans le comté d’Ulster avant de rejoindre la branche est du Delaware.

Des pêcheurs alignent leurs lignes sur le Willowemoc près du populaire Hazel Bridge Pool, tout en respectant l’espace de leurs voisins.

Un pêcheur au Cairns Pool, sur le Beaverkill, lance sa mouche exactement là où se dirige sa prise.

Des passionnés du tri‑état explorent les eaux du Wulff Run, un tronçon du Willowemoc sous le pont menant au Catskill Fly Fishing Center and Museum à Livingston Manor.

Au Centre et Musée, le maître mouche Bill Newcomb utilise une pince, des lignes colorées et des plumes de poulet pour créer les fameuses mouches du style Catskill, reconnues dans le monde entier.

Choisir la mouche adéquate nécessite de connaître les insectes dont les truites se nourrissent à ce moment‑là.

Les pêcheurs portent des mouches qui imitent les insectes à toutes les étapes de leur cycle de vie. Ici, des nymphes sont présentées.

Le lancer est plus un rythme qu’une force brute ; il n’est donc pas surprenant que Joan Wulff, championne nationale de lancer pendant dix‑sept ans, soit également passionnée de danse. À 89 ans, elle est la « First Lady of Fly Fishing », dirige une école de pêche à la mouche à Livingston Manor et donne régulièrement des conseils au musée.

Un pêcheur local réfléchit à la séance au Wulff Run avant de prendre une pause déjeuner avec son père.

Un habitant de Long Island se repositionne sur le Willowemoc.

Bien que les agents du DEC soient rares, la communauté de la pêche à la mouche signale rapidement toute infraction aux règlements locaux.

Un pêcheur admire sa prise avant de la relâcher dans le courant.
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