Vodka équitable au quinoa
Bolivie – Fair Spirits applique les principes du commerce équitable à ses spiritueux : vodka au quinoa, liqueur de café et liqueur de goji, tous issus de coopératives locales. Nous avons interviewé le co‑fondateur Jean‑François Daniel sur l’autonomisation des agriculteurs, la solitude inspirante des Andes et, bien sûr, l’alcool.
Présentez‑vous
Je suis Jean‑François Daniel, co‑fondateur de Fair Spirits.
Parlez‑nous de votre vodka
La Fair Quinoa Vodka est distillée à partir de quinoa biologique, issu du commerce équitable et sans gluten, une céréale ancestrale semée par les Incas il y a 5 000 ans, considérée comme « la mère de toutes les céréales ». Notre quinoa provient d’une coopérative de petits producteurs boliviens.



Qu’est‑ce qui vous a inspiré à créer ce produit ?
Mon associé, Alexandre Koiransky, et moi sommes devenus amis lors d’une précédente aventure dans les spiritueux artisanaux. Nous voulions lancer une société de spiritueux engagée à améliorer le monde. L’agriculture est la base de la vie pour la majorité de la population planétaire. Nous avons donc pensé : « Si l’on veut lutter contre la pauvreté, il faut autonomiser les gens via l’agriculture ». Le commerce équitable, le quinoa, l’eau et le grain : les pièces du puzzle se sont assemblées, et notre contribution au monde se trouve dans chaque bouteille.
Quel était votre parcours avant Fair Spirits ?
Alexandre et moi commercialisions l’un des cognacs les plus prestigieux, le Ferrand. Terroir, méthode, patience et savoir‑faire nous ont formés, mais il manquait l’engagement social que nous avons trouvé en créant Fair.

Qui bénéficie de votre travail ?
Notre équipe : une jeune équipe d’évangélistes du commerce équitable qui promeut nos produits à Paris, Londres, New York, Boston, San Francisco, Los Angeles.
Nos agriculteurs : Fair aurait impacté environ 30 000 vies – familles, femmes et enfants.
Nos clients : ils profitent d’une qualité innovante et d’une opportunité directe de contribuer à la lutte contre l’extrême pauvreté.
Avez‑vous des liens personnels avec la Bolivie ?
Nous avions déjà voyagé en Bolivie, mais le groupe de producteurs avec qui nous travaillons aujourd’hui nous a été recommandé par Fair Trade USA.
Quel est le principal défi de travailler avec les agriculteurs boliviens ?
Comprendre où réside réellement le bonheur.


Un moment de « lost in translation » ?
En Bolivie, on ajoute très souvent le suffixe « ito » pour diminuer un mot : un cafecito (un petit café), un pueblito (un petit village), un poquito (un petit peu). Ainsi, « un minutito » se traduit littéralement par « une petite minute », mais cela peut réellement prendre une heure avant que l’on vienne vous chercher.
À quelle fréquence vous rendez‑vous en Bolivie ?
Tous les six mois.
Vos trois coups de cœur quand vous êtes sur place ?
Petit‑déjeuner : se rendre tôt au marché local, où une mamita Quechua au chapeau coloré vous sert un café fort, du pain et du fromage contre quelques bolivianos. En tant que Français, je ne peux pas me tromper avec du pain et du fromage.
Les champs de quinoa : à 4 000 pieds d’altitude sur le haut plateau des Andes, dans un silence absolu. Ils inspirent un sentiment unique de liberté et de connexion à la Terre.
Les habitants : leur humilité et leur respect.

Un moment Kodak mémorable de vos voyages ?
Il y en a tant ! Les paysages sont à couper le souffle. Prenez le Salar de Uyuni, le plus grand désert de sel du monde, au sud‑ouest de la Bolivie après quelques semaines de pluie. Le sol blanc devient un miroir d’eau où l’on ne distingue plus le ciel de la terre : une réflexion pure du ciel dans l’eau.
Ce travail a‑t‑il changé votre vision de la charité ?
Oui. « Donne un poisson à quelqu’un et il mangera un jour ; apprends‑lui à pêcher et il mangera toute sa vie. » Le commerce équitable est l’application concrète de ce proverbe.


Conseils aux entrepreneurs qui souhaitent intégrer une dimension de solidarité globale ?
L’impact réel provient de la manière dont la chaîne d’approvisionnement est construite. Le coût de production est le principal défi à relever pour laisser de la marge au commerce équitable, mais c’est là que l’on peut le plus influencer la vie des gens. Certaines entreprises donnent à des associations, mais ne repensent pas leur modèle de profit.
Où voyez‑vous votre entreprise dans cinq ans ?
À la hauteur de Grey Goose.
Quelle sera votre prochaine destination ?
San Francisco.
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