Vivre comme un local à Jérusalem : guide pratique
Miriam Berger, rédactrice locale pour Lonely Planet et journaliste indépendante basée à Jérusalem, partage ses années d’expérience dans la ville. Maîtrisant l’arabe et l’hébreu, elle parcourt chaque quartier, souvent à travers sa scène culinaire vibrante, pour révéler les saveurs qui définissent Jérusalem.

Quand les amis viennent…
Nous dégustons la ville en marchant de restaurant en restaurant. Mes stands de falafel préférés sont Abu Shukri et le Yemenite Falafel Center. Nous savourons des classiques du Moyen‑Orient comme la shakshuka chez T’mol Shilshom et la kunafeh — une pâtisserie au fromage tiède et au sirop — chez Jaafar Sweets. Pour aller plus loin, on trouve des plats éthiopiens chez Dire, des spécialités géorgiennes et russes au Kangaroo, ou des pâtisseries kurdes chez Ishtabach, témoignant de la richesse culinaire de Jérusalem.
Pour une grosse soirée…
Je me rends souvent à Tel Aviv ou Ramallah pour leurs scènes animées, mais à Jérusalem je danse au Sira, au Cassette Bar ou à HaMazkeka. Le week‑end débute le jeudi soir et culmine le vendredi, quand le sabbat juif calme le côté ouest. Pas de clubs gigantesques, mais des restaurants, bars, salles de musique et même des danses improvisées au marché Mahane Yehuda maintiennent l’énergie.
Un week‑end typique
Je commence par un long footing près de la First Station, point de départ des balades du samedi et des petites pauses gourmandes. De Jérusalem, on peut partir en excursion d’une journée en Cisjordanie ou dans le sud, ou simplement profiter d’un café cosy pour travailler le week‑end.

Manger pas cher
Je me rends à Cofizz ou Cofix pour un café, un jus ou un repas à cinq shekels dans l’ouest de la ville. Du côté est, je privilégie les pains et pâtisseries au fromage chez Al Amin Sweets & Bakery et le falafel copieux chez Al Ayed près de la porte de Damas. Les vendeurs ambulants offrent le kaak (pain au sésame) ou le manakish zaatar (pain plat au thym) à tout moment.
Un défi de la vie ici
J’apprends à naviguer entre les divisions et le poids émotionnel de la ville, ce qui me pousse à créer des ponts et à raconter des histoires. Les fêtes accentuent ces contrastes : pendant la Pâque juive, l’ouest devient exclusivement casher ; pendant le Ramadan, l’est se calme le jour et s’anime la nuit. Les rues de la Vieille Ville se ferment pour les grands festivals.

Meilleur spot pour le coucher du soleil
Les terrasses sur les toits comme le restaurant Notre Dame Cheese & Wine ou le View Café Bar du Holy Land Hotel offrent une vue imprenable ; mon jardin privé fait aussi l’affaire.
S'évader de la ville
Pour changer d’air, je profite des plages de Tel Aviv, de la mer Morte (ma préférée), des retrouvailles à Ramallah, d’un moment de détente à Hosh Jasmin près de Bethléem, ou d’excursions à Naplouse et Ein Kerem.

Faire les courses
Je fais mes achats dans les marchés abordables et frais de Musrara et de la porte de Damas pour les fruits, légumes et produits de première nécessité. À l’ouest, le marché Mahane Yehuda est plus organisé et plus cher, mais propose une variété incroyable. Je visite parfois les boutiques ultra‑religieuses pour des échanges uniques. Les saisons de grenade et de pamplemousse sont un vrai régal ; la fin de la saison des épinards, en revanche, est décevante.
Astuce de voyage
Utilisez le bus : Moovit, Waze ou Maps.me sont très utiles. Explorez les nouveaux quartiers en vous rendant dans les restaurants populaires, discutez avec les habitants et découvrez les multiples facettes de la vie à Jérusalem.




