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Rencontrez un voyageur : Göran Ehlmé, photographe sous-marin

Des profondeurs glacées de l'Antarctique aux eaux vibrantes des Açores, Göran Ehlmé, lauréat du BBC Wildlife Photographer of the Year, considère l'océan comme son terrain d'aventure. Passionné par la vie marine depuis l'enfance, il a commencé à plonger à 14 ans et a parcouru le monde en photographiant des créatures impressionnantes telles que les phoques léopards, les orques, les morses et les narvals.

Nous avons interviewé cet explorateur chevronné au sujet de ses plongées les plus inoubliables et de ses réflexions.

Rencontrez un voyageur : Göran Ehlmé, photographe sous-marin

Quel a été votre dernier voyage ?

Mon dernier déplacement était aux Açores pour un shooting. Avant cela, j'étais dans le nord de la Norvège, où je filmais des orques et des baleines à bosse se nourrissant de harengs.

Quel sera votre prochain voyage ?

Je retournerai en Norvège pour filmer à nouveau les orques et les baleines à bosse fin octobre.

Quel est votre premier souvenir lié aux voyages ?

Enfant, je rêvais toujours des tropiques. J’adorais les palmiers et les noix de coco – sans doute parce que j’ai grandi sous la pluie en Suède. Je demandais sans cesse à mes parents de partir au soleil, mais cela n’arrivait jamais. Une fois, ils avaient organisé le voyage de mes rêves, mais un contretemps nous a contraints à un séjour ski en Norvège – j’étais dévasté.

Place côté couloir ou hublot ?

Je préfère le couloir : je peux me lever quand je veux sans déranger les autres et j’ai plus d’espace pour les jambes.

Avez‑vous des rituels avant de voyager ?

Assembler mon matériel me stresse souvent. Avant le décollage, je me concentre sur l’instant présent, je savoure un gin‑tonic dans mon siège et tout s’apaise.

Ville, pays ou région préférée ?

Mon coup de cœur absolu est la Nouvelle‑Zélande. C’est un pays fascinant, avec des habitants chaleureux et une nature époustouflante, sans oublier sa proximité avec l’Antarctique, une autre de mes grandes passions.

Rencontrez un voyageur : Göran Ehlmé, photographe sous-marin

Quel est votre voyage le plus inoubliable ?

Probablement ma première traversée de l’Antarctique. En tant que cadreur sous‑marin, on travaille souvent en petite équipe ; nous avons donc embarqué sur un yacht modeste. Même les brise‑glaces ou les paquebots bougent énormément en mer agitée, mais affronter les vagues en petit bateau pendant sept jours était épouvantable. J’avais juré de ne plus recommencer, mais un an plus tard, j’y suis retourné. Aujourd’hui, je l’ai fait une vingtaine de fois et je le referais sans hésiter.

Comment êtes‑vous devenu photographe de vie marine ?

À 10‑12 ans, je « volais » l’appareil de mon père pour prendre des photos. J’adorais l’eau et passais mes étés à faire du snorkeling. À 14 ans, j’ai appris à plonger. Après un temps à nager parmi les poissons, j’ai ressenti le besoin de créer. J’ai acheté un appareil sous‑marin et suis parti à la mer Rouge. De retour, mes 20 pellicules étaient toutes surexposées. Ce n’est qu’après avoir rencontré un photographe suédois sous‑marin talentueux (aujourd’hui un ami cher) que j’ai appris à régler l’exposition et à composer correctement. Un bon cliché sur cent a tout changé pour moi, et depuis je n’ai cessé d’accumuler photos et plongées.

Quels sont les principaux défis de la photographie sous‑marine ?

La visibilité est primordiale ; sans eau claire, aucune bonne photo n’est possible. Pourtant, une mer limpide indique souvent un manque de vie. Il faut donc concilier visibilité réduite et richesse biologique. Nous utilisons des objectifs ultra‑grands‑angles pour être proches du sujet tout en capturant un large champ, et nous combinons la lumière naturelle avec des flashs sous‑marins, car les profondeurs sont très sombres.

Photographier les animaux requiert de comprendre leur environnement, d’être patient, calme et capable de s’adapter à chaque situation.

Rencontrez un voyageur : Göran Ehlmé, photographe sous-marin

Quel est votre lieu de prédilection pour photographier ?

Les eaux pélagiques autour des Açores, où la biodiversité foisonne : baleines, requins, thons, méduses, tortues et dauphins à perte de vue.

Lors de mon dernier séjour, nous avons eu la chance d’apercevoir un poisson-lune géant (Mola mola). C’était la deuxième fois de ma vie que je voyais un tel spécimen. Le temps était splendide, la mer calme, et une dorsale a percuté la surface au loin. Pensant à un requin basketteur, nous avons sauté à l’eau et nous sommes retrouvés face à face avec ce majestueux poisson‑lune, que nous avons observé pendant deux heures et demie.

Animal préféré à photographier ?

Pour moi, l’animal ultime est l’orque : peu d’espèces sont aussi belles et gracieuses.

Quel est votre meilleur ou pire souvenir de voyage ?

Mon meilleur souvenir est une photo. À l’époque, nous commencions à passer au numérique. En photographiant un morse, je pensais avoir capturé un cliché parfait, mais en revoyant les fichiers sur l’ordinateur de mon ami, je ne le retrouvais pas. Le bouton « play » et le bouton « supprimer » se ressemblent, j’ai donc cru l’avoir effacé.

Quelques jours plus tard, nous avons découvert que le logiciel avait créé automatiquement des dossiers de sauvegarde. En fouillant, nous avons retrouvé la photo : un morse qui regarde le sédiment qu’il soulève au fond de l’eau. Cette image a remporté le BBC Wildlife Photographer of the Year en 2006.

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Quel est le meilleur ou le pire conseil de voyage que vous avez reçu ?

Le meilleur : préparez‑vous soigneusement. On peut se laisser porter par l’aventure sans plan, mais pour moi, la préparation en amont est toujours la clé.

Si une astéroïde devait frapper la Terre dans une semaine, quel rêve de voyage réaliseriez‑vous en priorité ?

Je filerais au Canada, dans les Territoires du Nord‑Ouest, pour nager à nouveau avec les narvals.

Quel conseil donneriez‑vous à un premier voyageur ?

Osez sortir des sentiers battus de temps en temps. Prenez un détour, regardez à gauche ou à droite, pas seulement tout droit devant.

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