HOME Guide de voyage Voyage de bon sens
img

Rivière Dawki, au Meghalaya : pourquoi éviter cette visite

Comme beaucoup de touristes, j’étais séduit par les photos Instagram de la rivière Dawki, où l’on voit des bateaux glisser sur une eau d’une transparence exceptionnelle. En réalité, la rivière Umngot (ou Dawki) est l’une des plus claires d’Inde, on peut y voir les cailloux au fond lorsqu’il fait beau.

Rivière Dawki, au Meghalaya : pourquoi éviter cette visite

Mais cette beauté ne suffit pas à compenser les problèmes graves qui la rongent.

Instagram trompeur

Les publications sur Instagram sont souvent retouchées : cadrage, filtres excessifs, suppression de détails. La rivière Dawki semble alors idyllique, alors qu’en réalité le site souffre d’un sur‑tourisme qui a détruit son environnement.

Mon périple de Cherrapunji à Dawki

Après une visite décevante de Nongriat (ponts vivants) où la surfréquentation avait déjà altéré la nature et la culture locale, je me suis rendu à Dawki. Le trajet de 100 km depuis Cherrapunji a duré près de 5 heures, les routes étant sinueuses et les paysages tellement attractifs qu’on s’arrête toutes les 10 km pour photographier.

Rivière Dawki, au Meghalaya : pourquoi éviter cette visite

En arrivant, le soleil se couchait et la zone frontalière Indo‑Bangladesh était déjà bondée et chaotique.

Dawki, une destination à éviter

Un ami m’a conseillé de passer plutôt par Darrang ou Shnongpdeng. J’ai donc dévié du trajet Jowai‑Dawki et me suis rendu à Shnongpdeng, où j’ai trouvé des hébergements très basiques mais extrêmement sales : plastiques, excréments humains et un camp touristique facturant 500 Roupies la nuit.

Rivière Dawki, au Meghalaya : pourquoi éviter cette visite

La rivière elle‑même montre les effets du sur‑tourisme : les autorités locales privilégient les gains rapides au détriment de l’écosystème. Pour moi, c’est l’exemple le plus flagrant d’un tourisme mal géré en Inde.

Meilleure période pour y aller (si vous insistez)

Le climat idéal se situe entre septembre et décembre, quand l’eau est la plus propre et le temps agréable. Cependant, c’est aussi la haute saison, donc la foule est dense. La mousson apporte de la boue dans la rivière, rendant la visite peu plaisante. Les mois de mai‑juin sont également très fréquentés. Ainsi, si vous décidez tout de même d’y aller, privilégiez un circuit guidé pour éviter les mauvaises surprises.

Comment s’y rendre

En avion

L’aéroport le plus proche est Shillong, mais les vols sont généralement moins chers vers Guwahati. De là, vous avez deux heures de route pour rejoindre Shillong (bus, taxi ou location de moto).

En train

Le principal gare est Guwahati. Des taxis et des bus partent régulièrement de la gare vers Shillong (environ 200 Roupies pour le bus, 350 Roupies pour le taxi partagé).

De Shillong à Dawki

Un bus depuis la gare routière de Shillong vous amène à Dawki (≈200 Roupies). Vous pouvez ensuite marcher ou prendre un taxi jusqu’à Shnongpdeng. Si vous avez raté le bus, des taxis partagés sont disponibles au bazar de police (≈500 Roupies).

La location d’une moto (Royal Enfield, ≈1000 Roupies/jour) ou d’une voiture vous donne plus de flexibilité et vous évite les frais de péage.

Hébergements

Dawki Village

Principalement destiné aux groupes organisés ou aux voyageurs de jour qui se retrouvent bloqués.

Darrang Village

Des maisons d’hôtes et petits hôtels, mais la demande croissante rend l’endroit de plus en plus fréquenté.

Shnongpdeng Village

Pour les budgets limités, des campings au bord de la rivière sont proposés à partir de 500 Roupies, mais la propreté et la sécurité laissent à désirer. Des options un peu plus fiables incluent le Fabian Adventure Camp ou le Riverside Hot Camping, accessibles via le pont suspendu.


Guide de voyage
  • La rivière sans nom – une aventure sauvage dans le Kimberley

    La rivière sans nom – une aventure sauvage dans le Kimberley Lorsque j’ai aperçu la fine ligne bleue sur la carte, deux choses étaient claires : je regardais l’une des dernières rivières inexplorées d’Australie, et je ne pourrais y accéder qu’en hélicoptère. Il est également regrettable que les cartes topographiques n’indiquent jamais l’endroit exact où se cachent les crocodiles voraces de cinq mètres. Le Kimberley, vaste région sauvage de l’Australie occidentale, est le décor idéal d’une expédi

  • À la découverte du fleuve Gambie

    Une source sacrée, un départ épique En 1818, le jeune explorateur français Gaspard Mollien s’agenouilla près d’une petite mare cachée dans les broussailles du plateau du Fouta Djallon, en Guinée. Découvrir cet endroit sacré aurait pu lui coûter la vie, mais la mare alimentée par d’immenses citernes souterraines fut la clé de son aventure : la source du fleuve Gambie. Deux siècles plus tard, j’ai repris le même sentier. Après un an de recherches cartographiques, ma femme Helen a déniché le journa

  • La rivière Karun

    Une erreur de débutant C’était une erreur de novice, une de ces fautes faciles à commettre, et avec le recul je n’arrive pas à croire que j’ai failli faire la même chose après avoir vu ce qui s’est passé. J’étais installé dans un tourbillon durement gagné sur la rive gauche du fleuve. Leon et moi crions pour nous faire entendre au milieu du vacarme de l’eau qui se brisait, essayant de repérer un passage discret le long du plus grand rapide que nous ayons rencontré jusqu’ici. Volontaire pour pren