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Pourquoi ai‑je voulu découvrir l’escalade traditionnelle et hivernale ?

Après des années de compétitions, d’entraînement et d’escalade sportive à travers le monde, mon année à l’étranger m’a fait découvrir d’autres formes d’escalade et d’activités de plein air. J’ai essayé l’escalade sportive en grande longueur, le ski, le snowboard et même le ballet pour la première fois. Vivant parmi les montagnes et les alpinistes, j’ai réalisé qu’il existait de nombreuses facettes de l’escalade que je n’avais jamais explorées, toutes aussi attirantes. À Chamonix, j’ai vu des alpinistes épuisés, aux couleurs vives, se détendre avec une bière après une longue journée en montagne, le visage hâlé mais satisfait. Le week‑end, des amis partaient en ski‑tourisme sur les sommets que je contemplais chaque matin depuis ma fenêtre. J’ai compris que je passais à côté de quelque chose.

Le manque d’expérience en escalade traditionnelle en Écosse

Ironiquement, je n’avais presque jamais escaladé en Écosse, mon pays d’origine, malgré plus de vingt ans de résidence. J’avais suivi le parcours classique du grimpeur britannique : passer des semaines sur les falaises sportives ensoleillées de France et d’Espagne, mais j’avais négligé les immenses possibilités qu’offre la roche écossaise. Un obstacle majeur me retenait : la plupart des voies au Royaume‑Uni sont de l’escalade traditionnelle, où l’on doit placer soi‑même sa protection dans les fissures naturelles, au lieu d’utiliser des points d’ancrage vissés comme en sport.

Apprendre à placer la protection

Maîtriser le placement sûr et efficace du matériel est l’essence même de l’escalade traditionnelle, et cela s’acquiert généralement après des années d’expérience. Grâce à ma force physique et à mon contrôle mental développés en compétition, j’avais un certain avantage sur les novices, mais je devais tout de même passer par la phase d’essai‑et‑erreur : chercher la bonne taille de coinceur ou de cam, laisser tomber du matériel ou voir une pièce tomber immédiatement après l’avoir jugée correcte. Ce n’est pas idéal lorsqu’on mise sa vie sur son propre jugement.

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De la salle d’escalade au froid hivernal

Au fil du tournage, j’ai progressivement gagné en expérience. En me poussant hors de ma zone de confort, j’ai appris à m’adapter à de nouvelles situations. L’escalade hivernale est tout le contraire de la chaleur et de la poussière d’une salle : neige, vent glacial, mains gelées et douleurs aux doigts marquent l’initiation à cette discipline singulière. C’est un plaisir de type II : ce n’est qu’après une journée de souffrance que l’on peut apprécier l’air pur, l’effort et le décor féerique des montagnes écossaises en hiver. J’ai également découvert le ski‑tourisme, savourant la descente fluide après l’ascension laborieuse.

Retour au printemps et objectifs traditionnels

Lorsque la neige a commencé à fondre, mes pensées se sont tournées vers des objectifs d’escalade traditionnelle au printemps. Comparée à l’hiver, la trad semblait alors plus anodine ; je l’abordais avec une conscience accrue de la gestion du risque et une confiance renouvelée en mes capacités. Nous avons voyagé vers Skye, le nord du Pays de Galles et plusieurs falaises proches de chez nous pour accumuler du métré avant de tenter ma voie traditionnelle la plus difficile à ce jour : un E7 au sommet d’un Munro. Après un départ décevant, plein de doutes, je suis revenu une semaine plus tard – après avoir participé aux Championnats britanniques d’escalade en lead et être repêché dans l’équipe nationale senior – avec une assurance retrouvée. Malgré des conditions météorologiques difficiles, j’ai réussi la voie, marquant le point culminant de mes progrès durant le tournage et un tournant décisif dans ma pratique de l’escalade.

Durant les deux années de tournage, j’ai connu des hauts et des bas, mais tout s’est finalement réuni sur cette unique ascension. J’ai surmonté un obstacle mental majeur en choisissant de croire avant tout en moi-même en tant que grimpeur, plutôt qu’en un label tel que « trad » ou « en salle ». Une fois les compétences techniques acquises, le reste réside surtout dans la tête.

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Projection du film

Le film, produit par Hot Aches Productions, sera présenté au Kendal Mountain Festival cette année. Il sera disponible à la vente sur Reelhouse et Vimeo à partir du 23 novembre.



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