Sur la route : Mexique, jour 2
Lors de son deuxième jour à Mexico, Pavia explore les quartiers branchés de Roma et Condesa, sans forcément trouver ce qu'elle cherchait.
Roma : entre ruelles et trouvailles inattendues
Mexico‑City n’est pas une ville où l’on se promène facilement à pied, du moins pas comme New‑York, Londres ou Paris. Elle s’étend à la façon de Los Angeles, et nos balades dans les quartiers de Roma (vibrant, à la Williamsburg) et de Condesa (chic, bohème à la SoHo) ont rapidement confirmé cette impression.
Notre première halte à Roma fut El Museo del Objeto del Objeto, recommandé par la contributrice Fathom Rima Suqi. Le collectionneur Bruno Newman a transformé un magnifique bâtiment Art Nouveau en un véritable temple du quotidien : machines à laver en cuivre, cassettes Iron Maiden, crayons vintage, planches de skate rétro… chaque salle raconte l’histoire d’un objet.
À deux pas de MODO, nous avons découvert Goodbyefolk, une boutique vintage aux lunettes colorées et aux chaussures oxford lumineuses, dont l’arrière abrite un barbershop géré par de jeunes coiffeurs gay. Plus loin, Rosetta (Colima 166) nous a offert une cuisine italienne dans un immeuble Belle Epoque envahi de lianes, tandis que l’élégant Hotel Brick faisait office de nouveau repère boutique‑hôtel.
Le véritable défi était de trouver Chic by Accident, un showroom de mobilier design que l’on ne repère qu’en sonnant à la porte. « Parfois, les meilleures choses sont cachées », m’a confié le propriétaire.
Nous avons terminé notre virée par La Valise, un espace de quatre pièces mêlant librairie, galerie et boutique. Malheureusement, l’endroit était vide, deux jeunes artistes s’amusant à fixer des œuvres sur le plafond. Déçus, nous avons atterri chez Broka (Zacatecas 126), où le personnel nous a gentiment expliqué le quiproquo.
Après ces explorations, nous avons déjeuné à Fonda el Refugio (Liverpool 166). Le menu proposait un caldo tlalpeño, des romeritos con torta de camarón, du huachinango et un guacamole à tomber, servi par des grands‑pères serveurs toujours prêts à proposer un dessert.
Quelques constats sur le D.F.
- Les Mexicains adorent les sucreries, au point d’en mettre du sucre sur le sucre.
- On ne parle jamais de « Mexico City », mais de « D.F. » (Distrito Federal).
- Le BlackBerry règne encore ; BBM reste le moyen de communication préféré.
- Le métro est rapide, coloré (panneaux orange, typographie 1970), sûr (trois premiers wagons réservés aux femmes et aux enfants) et bon marché (≈ 0,25 $).
Condesa : charme bourgeois et ambiance résidentielle
Dans Condesa, l’atmosphère est légèrement plus huppée. Le Condesa D.F. du groupe Habita séduit par son atrium, sa bibliothèque‑bar et ses touches turquoise. Nous avons également apprécié le Red Tree House, un bed‑and‑breakfast convivial où une nuit coûte moins de 100 $.
Le magasin Mob propose vaisselle moderne, mobilier et objets ludiques, tandis que La Tienda del Savoy (Amsterdam 252) expose de la vaisselle argentée d’époque et des antiquités. Pour les gourmands, Tout Chocolat (Amsterdam 145) offre des chocolats noirs aux bonbons au cilantro dans un décor parisien épuré.
Atmosphère et quotidien
Mexico‑City est une ville de bâtiments modestes sous un vaste ciel. Située dans un bassin volcanique, elle souffre parfois d’un voile rougeâtre de pollution. Les rues, pourtant, invitent à la marche : l’architecture varie du baroque espagnol aux façades couvertes de bougainvilliers. Les parcs grouillent de familles, de chiens et de jeunes couples qui n’hésitent pas à s’embrasser en public (baiser sur une joue).
Le salut entre amis se fait d’une bise à la joue ; entre hommes, d’une poignée de main ferme, d’une accolade d’un bras et de tapes amicales dans le dos.
Nous reviendrons demain pour partager davantage d’anecdotes sur nos hôtes mexicains.
Lire la suite : Fathom on the Road – Mexico City : jour 1 et jour 3




