Comment passer 3 jours à la Fast & Furious à Hanoï
Vous ne disposez que de quelques jours à Hanoï ? Prenez votre appareil photo, arrivez le ventre vide et partez à la découverte des rues.
HANOI, Vietnam — Pendant les vacances, j’ai entrepris un séjour de deux semaines en famille, du départ de Sydney à l’arrivée à Singapour, avec une escale rapide à Hanoï. Trois jours dans la capitale vietnamienne, c’est très court, mais cela a été le point fort du voyage. Photographe de rue passionné et amateur de bonne chère, j’ai été inspiré à chaque coin de rue : les habitants sont accueillants, la cuisine est exceptionnelle, les rues grouillent, les prix sont déroutants (j’ai payé 0,66 $ pour un Uber !) et les opportunités photo ne manquent jamais.
Souvent surnommée la « Ville des lacs », Hanoï est une métropole ancienne et dynamique, où se mêlent quartiers historiques et modernité. Pour profiter au mieux de mon temps, j’ai arpenté les ruelles animées du Vieux Quartier et les boulevards bordés d’arbres du Quartier Français, entre repas, clichés et esquive du trafic.
La ville
Hanoï ressemble à une fournaise d’entropie permanente. Les bâtiments affichent une belle décadence, rappel de son histoire longue et complexe. Vêtements, panneaux et fils électriques pendent aux balcons et toits, rendant la contemplation des allées particulièrement gratifiante.
Au sol, vélos et scooters filent au feu rouge, dans des ruelles étroites ou du mauvais côté de la chaussée, sans vraiment se soucier des règles de priorité. Traverser la route, c’est comme plonger au milieu d’un banc de barracudas affamés – mais ces poissons ne s’intéressent pas à vous et vous laissent passer avec une aisance déconcertante.
Le secret de ce chaos sans colères au volant reste un mystère : les Hanoïens sont d’une incroyable sérénité, capables de manœuvrer une famille de quatre personnes sur une moto tout en transportant des sacs, en évitant les piétons et en freinant toutes les dix secondes.
Les habitants
Dans cette économie communiste, l’un des taux de croissance les plus rapides au monde, tout le monde vend quelque chose. Dans le quartier des 36 rues du Vieux Quartier, chaque rue (aujourd’hui plus de 36) se spécialise : bijoux, soie, coton, bambou, médecine chinoise, instruments à cordes, sauce de poisson, papiers votifs, etc. Ailleurs, on trouve ce que l’on peut crier depuis le trottoir.
En trois jours, j’ai été abordé par des barbiers de rue, des vendeurs de survêtements, des enfants faisant la promotion de leurs restaurants, des hommes proposant des balades en moto, et une ribambelle de marchands ambulants transportant fruits, poissons et tout le reste sur leurs épaules. Leur détermination mérite le respect.
Une nuit, en sortant d’un bar sombre du Vieux Quartier, nous n’avions plus personne sur la rue, sauf une vieille femme qui vendait de petites collations de riz soufflé. Nous l’avons ignorée, mais elle a persisté en nous pinçant les coudes jusqu’à ce que nous écoutions son argumentaire commercial.
L’hébergement
En quête d’une expérience authentique, nous avons réservé un Airbnb à l’extrême sud du Quartier Français, dans une ruelle gardée par des habitants grillant du maïs, au-dessus d’un café curieux qui jouait des classiques du rock’n’roll (ou était‑ce juste pour nous ?).
L’appartement de deux étages était basique (l’évier faisait office de douche) mais charmant. Avec le recul, nous aurions préféré un hôtel : la ville compte de nombreuses options boutique abordables, comme le La Siesta Central Hotel & Spa ou l’Essence Hanoi Hotel & Spa. Notre plus gros bémol était la proximité d’une église très fréquentée, qui nous réveillait chaque jour à cinq heures du matin avec ses cloches.
Le point positif : nous étions à deux pas du Quán Phở Thìn (13 Lò Đúc ; +84‑162‑769‑7056), qui sert un phở riche et fumé, agrémenté de bœuf sauté et de nombreux oignons verts. Accompagné de quelques bâtonnets de pain frit, notre premier repas à Hanoï était presque parfait.
La nourriture et les boissons
Il est impossible de résumer la cuisine vietnamienne : son équilibre subtil entre le sucré, le salé, le piquant et l’acide satisfait même les gros mangeurs sans qu’ils aient besoin d’en abuser. Hanoï offre une multitude de spécialités, et je n’en ai goûté qu’une partie. Voici mes adresses coup de cœur.
Petit‑déjeuner
Ms Thu propose un délicieux bún riêu (soupe de crabe) dans un petit stand de la ruelle Thọ Xương, près de la cathédrale Saint‑Joseph. J’ai dû demander de l’aide pour le trouver, mais cela valait le détour matinal. Les autres matins, j’ai dégusté du phở au bœuf chez Quán Phở Sướng (24B Trung Yên ; +84‑91‑619‑76‑86) et j’ai brunché dans le jardin‑toit du Hanoi Social Club, un café prisé des créatifs locaux et étrangers. J’ai finalement cédé à l’egg‑coffee chez Café Đinh, un petit trou à cul‑de‑sac réservé aux habitants.
Déjeuner
Hàng Sơn 1871 propose un bon assortiment de classiques vietnamiens, très photogénique. Moto‑San Uber Noodle, niché dans une ruelle calme, est idéal pour un bánh mì accompagné d’une bière artisanale. Madame Hien, recommandé par le concierge du Metropole, se situe dans une ancienne villa mais reste assez cher ; je le sauterais la prochaine fois.
Dîner + boissons
Le magasin d’État No 37 (37 Nam Tràng ; +84‑24‑3715‑4336) sert des plats inspirés de la cuisine du Nord consommée pendant la guerre du Vietnam, dans un décor rappelant un bunker souterrain. J’ai préféré le riz frit accompagné de bœuf mijoté. Bún Chả Hương Liên, le petit restaurant de barbecue rendu célèbre par Barack Obama et Anthony Bourdain, n’est pas le meilleur bún chả de la ville mais vaut le détour si vous êtes dans le quartier. Pour boire, le Tadioto Bar, bar artistique avec un comptoir sushi, offre une ambiance agréable et une belle carte de boissons.
Planifiez votre voyage
Réservez cette visite gastronomique
Le point fort culinaire a été une visite de trois heures avec Mark Lowerson de Hanoi Street Food Tours, qui, avec son partenaire Văn Công Tú, consacre plus d’une décennie à documenter la scène street‑food d’Hanoï. Un vrai festin pour les sens : bánh cuốn, bánh đa cua, cailles grillées avec manioc et chayote, poitrine de porc à la hongkongaise, et salades de mangue épicées aux viandes séchées, qui ont fait passer ma connaissance de la cuisine vietnamienne à un autre niveau.
Prochaine fois : Prenez un vélo
Louez un vélo auprès du Hanoi Bicycle Collective et explorez cafés, restaurants et galeries autour du lac de l’Ouest.
Info pratique : visas
Obtenez votre visa à l’ambassade du Vietnam avant de partir. Un visa à l’arrivée peut sembler plus simple, mais en haute saison vous risquez de faire la queue à l’aéroport d’Hanoï. Jusqu’au 30 juin 2018, les ressortissants du Royaume‑Uni, de la France, d’Italie, d’Espagne et d’Allemagne peuvent entrer sans visa pour quinze jours.
Réservez votre séjour au Vietnam avec Fathom
Fathom s’occupe de la logistique et organise votre voyage au Vietnam. Contactez le Fathom Travel Desk par e‑mail pour plus d’informations.
Continuez à explorer Hanoï
Market hopping avec Project Bly à Hanoï, Vietnam
Parcourez les rues à la recherche du meilleur street‑food du pays.




