Fleurs sauvages et glace : trek épique dans les imposantes montagnes Kackar, Turquie
Ayder, Turquie
Suivez-moi dans une aventure de trekking mémorable au cœur des montagnes Kackar, à l’est de la Turquie, où nature brute et traditions ancestrales se conjuguent.
Les montagnes Kaçkar, situées au nord‑est de la Turquie, à proximité de la mer Noire, culminent à 3 937 m d’altitude. Elles offrent des sentiers moins fréquentés que les Alpes italiennes, ce qui garantit une expérience plus authentique et moins bondée.
Bien qu’elles soient encore sauvages, quelques infrastructures existent pour les randonneurs d’une journée ou les trekkers en bivouac.
Ces montagnes sont parsemées de yaylas, villages de montagne où vivent des éleveurs nomades qui y conduisent leurs troupeaux en été.
Guide de randonnée dans les Kaçkar
Comment rejoindre les Kaçkar
Je suis arrivé à Trabzon, puis j’ai fait le plein de matériel de base (gaz de cuisson, nourriture de secours). J’ai ensuite pris un minibus‑taxi (dolmuş) jusqu’au charmant village de montagne d’Ayder.
Une route de montagne poursuit son chemin au-delà d’Ayder jusqu’au village de Yukarı Kavrun. On peut la parcourir à pied ou faire de l’auto‑stop, comme je l’ai fait. La route longe la rivière Kavron, gonflée par la fonte des neiges.
En chemin, plusieurs yaylas apparaissent ; la plupart sont abandonnées, mais quelques‑unes revivent avec le retour des habitants et leurs animaux.
Ayder était animé en juin, alors que Yukarı Kavrun était encore fermé, la saison étant trop précoce. Le véritable sentier de montagne débute au-dessus du village.
Les habitants des Kaçkar sont d’origines variées (Arménie, Grèce, Géorgie, Russie, Ouzbékistan). Ils élèvent bovins et ovins, produisant fromages, yaourts et un miel réputé parmi les meilleurs au monde.
Météo capricieuse
Après un court arrêt déjeuner sur une colline tapissée de fleurs sauvages orange, jaunes et violettes, une paroi enneigée se dressait devant moi.
Le temps, qui était d’abord radieux, s’est rapidement assombri : nuages noirs, tonnerre, puis une averse de grêle. J’ai dû me réfugier dans une vallée, installer un abri de fortune avec une bâche et attendre que la tempête passe.
Le tonnerre était si puissant qu’il faisait trembler la montagne, suivi d’éclairs aveuglants. La grêle, plus dense qu’à 2 500 m, a rendu la progression difficile.
Lacs alpins et bivouac
Le mauvais temps s’est dissipé aussi vite qu’il était arrivé. J’ai repris le sentier à la recherche d’un bon emplacement de campement.
Je me suis installé près d’un lac alpin d’un bleu profond, préparé du thé chaud et installé mon hamac‑bivouac (un sac de couchage improvisé avec des mousquetons, un sac poubelle et un matelas en mousse).
Après une soirée froide sous les étoiles, j’ai dégusté du pain, du miel et du mélange de fruits secs avant de repartir au petit‑déjeuner.
Vallées verdoyantes
Après une nouvelle averse de grêle, j’ai traversé un passage enneigé pour atteindre la vallée de Dupeduzu, un lieu de camping très prisé.
Le paysage passe du blanc immaculé de la neige à une prairie verte parsemée de fleurs sauvages éclatantes, le tout accompagné du bruit apaisant des rivières qui dévalent les pentes.
En bas, j’ai pu réapprovisionner mes provisions (pain, fromage, thon en conserve, olives, haricots) dans les yaylas voisins.
Le village d’Olgunlar, plus grand, propose quelques petites auberges et un dolmuş matinal pour quitter les montagnes.
Nature sauvage des Kaçkar
Réapprovisionné, j’ai repris la marche vers le lac de haute altitude Deniz Gölü et, si les conditions le permettaient, le sommet du mont Kaçkar.
Le trajet est ponctué de troupeaux de bergers musulmans, de papillons multicolores et d’une flore alpine exceptionnelle.
J’ai campé à Dilberduzu, où un petit latrine accueille les nombreux randonneurs estivaux.
Le quatrième jour, j’ai atteint la zone enneigée ; pour garder mes pieds au sec, j’ai utilisé des sacs poubelle comme barrière imperméable, une solution économique mais efficace.
Descente en luge extrême
À 3 000 m d’altitude, l’effort commence à se faire sentir. Après deux à trois heures d’escalade, j’ai atteint le lac Deniz Gölü, encore gelé.
J’ai poursuivi jusqu’à 3 350 m pour photographier le panorama, mais le mont Kaçkar était couvert de nuages épais, rendant l’ascension dangereuse sans équipement adéquat.
Solution ? Une luge improvisée avec mon tapis de sol ! Une descente rapide et très amusante.
En redescendant, j’ai été invité par des femmes locales à partager un pique‑nique improvisé près d’une yayla abandonnée : repas maison, thé brûlant et échanges de sourires malgré la barrière linguistique.
Je suis ensuite retourné à Olgunlar, où j’ai passé la nuit dans une auberge avant de prendre un dolmuş matinal vers Rize.
Où loger à Rize
Le trek se situe dans le district de Rize. J’ai séjourné dans deux hébergements simples : Gökkuşağı Apart à Ayder et Kackar Pansiyon à Olgunlar, qui ressemblent à des auberges de jeunesse avec chambres privées ou dortoirs.
Guide du trekking Kaçkar
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Vidéo de voyage : trekking dans les Kaçkar
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