Randonnée à travers la Terre Sainte : le Sentier National d'Israël
Sentier National d'Israël
Sous un soleil implacable de 38 °C, nous avançions à travers le désert aride du Néguev, un pas après l’autre sur le Sentier National d'Israël.
Ne gaspillez jamais une bonne ombre dans le désert.
Au fil de la semaine, cette règle d’or est devenue instinctive. L’ombre se fait rare dans le vaste Néguev, le désert du sud d’Israël.
J’ai rejoint des journalistes internationaux, des blogueurs et des étudiants universitaires israéliens pour parcourir des portions du Sentier National d'Israël (SNI).
Long de 1 000 km (620 miles), le parcours complet requiert 6 à 8 semaines. Il traverse le pays, reliant des chemins millénaires en une seule route.
Inspiré par le sentier des Appalaches aux États‑Unis, le SNI a été imaginé par le journaliste Avraham Tamir après une randonnée dans les Appalaches dans les années 1980. Il a officiellement ouvert ses portes en 1995.
Mon itinéraire a couvert trois tronçons en une semaine : le Néguev, les montagnes de Jérusalem et la région du Golan du Nord.
Le désert du Néguev
Le Sentier National d'Israël mêle panoramas désertiques à couper le souffle, richesse culturelle et histoire ancienne. National Geographic le classe parmi les meilleures randonnées du monde.
Qu’il s’agisse de paysages spectaculaires ou de profondeur culturelle, il séduit tous les marcheurs — sans exigence religieuse.
Ma première traversée du Néguev, qui couvre plus de la moitié du territoire israélien, a été révélatrice : vaste, aride et d’une chaleur intense.
Des crues éclair rares transforment le sol en boue qui se fissure sous le soleil. Nous avons campé sous une bâche à la lumière de la pleine lune, dégustant un ragoût de poyke près du feu.
Cratères Makhtesh
Nous avons traversé les singuliers cratères makhtesh, nés de l’érosion qui a emporté le grès tendre, laissant apparaître d’imposantes parois calcaires.
Le sol riche en minéraux scintille en rouge, violet, bleu et orange. Le terrain n’est jamais monotone : roches, montagnes, cratères et canyons se succèdent.
Randonnée sous la chaleur
Affronter 38 °C dans le désert est exigeant mais faisable. Comme pour toute marche intensive, l’acclimatation crée un rythme à mesure que le corps s’ajuste.
Hydratez‑vous abondamment avant le départ et transportez au moins 3 litres d’eau par personne et par jour. Le silence profond du désert et son immensité m’ont fasciné.
À la recherche d’ombre
La vie persiste dans ces conditions rudes. Les lits asséchés des rivières abritent des arbres dont les racines profondes puisent l’eau souterraine, offrant une ombre vitale.
Le guide Asher nous rappelait : « Ne gaspillez jamais une bonne ombre. » Saisissez‑la dès qu’elle apparaît — elle est éphémère sur le sentier.
Cordes et échelles
Certaines sections exigent de grimper les parois des cratères, comme l’ascension de Palmah. Des échelles, câbles et barreaux en fer assurent la sécurité.
Les forces d’élite de Palmah les ont inaugurés dans les années 1940 pour contourner les troupes britanniques — en escaladant à mains nues, ils ont gagné le respect des Bédouins, qui les ont surnommés les « Juifs fous ».
Canyons de wadi
Le Néguev regorge de wadis, ces canyons secs. Le sentier les traverse, les franchit ou les grimpe. L’eau ne coule que lors des crues d’hiver.
Ces crues peuvent créer de petites chutes d’eau ; les sections exposées sont équipées de câbles en acier pour les randonneurs craignant les hauteurs.
Le « Grand Dôme »
Le Grand Dôme est une randonnée secondaire exigeante qui grimpe le mur d’un cratère makhtesh, offrant une vue en amphithéâtre sur le fond du canyon.
Ancien fond océanique, le calcaire renferme des fossiles de créatures marines. C’est un arrêt idéal pour profiter d’une pause sous le soleil de midi.
Sur la route des épices
Autrefois, des caravanes de chameaux transportaient épices, parfums et sel du Yémen jusqu’à Gaza en traversant le Néguev — une voie commerciale millénaire.
Des pétroglyphes, âgés de jusqu’à 2 500 ans, témoignent des propriétés tribales, gravés de figures de bouquetins et d’humains sur la patine des roches.
Hospitalité bédouine
Chez Salem, sous la tente familiale, nous avons savouré du pain plat fraîchement cuit et du café arabe — « fort comme les hommes bédouins, amer comme la vie du désert, noir comme le mariage ».
Les Bédouins du Néguev élèvent moutons, chèvres et chameaux ; le tourisme s’y développe. Salem accueille les randonneurs du SNI.
Faune et animaux
Les espèces nocturnes dominent, mais l’ibex nubien diurne broute la broussaille. On rencontre aussi hyrax, cerfs, renards, hyènes, loups et chameaux.
Les dangers venimeux incluent la vipère à mole israélienne et le scorpion « deathstalker ». Nous avons aperçu des ibex sauvages et des chameaux de ferme.
Les anges du sentier
Les « anges du sentier »—des hôtes locaux—offrent eau, repas, douches et hébergement gratuit aux randonneurs du SNI.
À Sde Boker, Arthur, un ange chevronné, nous a accueillis ; il aurait même capturé un léopard d’Arabie rare dans sa chambre !
Les montagnes de Jérusalem
En direction du Val d’Élah et des montagnes de Jérusalem : terrain plus vert, empreint d’histoire. L’ascension de Tel Azékah offre une vue sur le lieu où David terrassa Goliath.
Un sentier descend jusqu’au ruisseau légendaire du champ de bataille.
Le nord d’Israël
Vers la vallée du Jizréel et la Basse Galil : terres agricoles fertiles de blé, tournesols, coton et maïs—un contraste luxuriant avec le sud.
Le sommet du mont Tabor abrite une église franciscane marquant la Transfiguration de Jésus avec Moïse.
Cavernes du mont Arbel
Après le festin druze, nous avons escaladé le mont Arbel pour admirer le lac de Tibériade — lieu où Jésus aurait marché sur l’eau et source vitale d’Israël.
Les grottes escarpées, autrefois forteresse, invitent à l’exploration via des sentiers aménagés.
L’expérience du Sentier National d'Israël
Du désert aride aux vallées verdoyantes, en passant par kibbutzim, camps bédouins, nature sauvage et villes — le SNI offre une diversité inégalée.
Des hôtes généreux de toutes confessions ont enrichi notre périple.
Le Néguev a conquis mon cœur : variété inattendue, chaleur accablante, terrains changeants et solitude inspirent de futures quêtes désertiques.
Ces sections offrent un aperçu vivant ; le trek complet de six semaines reste une invitation irrésistible. ★




