Sous les montagnes de Chiang Dao
Les grottes de Chiang Dao
« Je ne sais pas, voyons où ça nous mène ! » crie mon ami depuis un haut perchoir de bambou dominant la vallée de Chiang Dao. Sous la chaleur étouffante, la sueur perlant et le sac à dos chargé de matériel photo, nous tentons de repousser les araignées et leurs toiles indestructibles. Après une heure de route au nord de Chiang Mai, nous arrivons aux grottes de Chiang Dao, une étape populaire mais toujours impressionnante du circuit du nord de la Thaïlande.
En quittant le sentier principal, nous empruntons un petit chemin visible qui grimpe à travers la jungle jusqu’à l’entrée des grandes grottes. Après trente minutes de marche sans repère, nous atteignons une falaise où se trouve une échelle de bambou et de bois, branlante mais invitante. Nous la grimpons, pénétrant un repli protégé offrant une vue panoramique sur la vallée et la route menant au Myanmar.
En descendant dans la grotte, la salle s’étend sur trois à quatre étages, se ramifiant en vastes chambres latérales. Un puits de lumière laisse entrer des chauves‑souris qui tourbillonnent autour de nos lampes, tandis que les stalactites gouttent et scintillent.
Ce système souterrain, que je ne découvrais pas malgré trois visites antérieures, révèle la richesse naturelle qui entoure Chiang Mai, porte d’entrée d’aventures infinies dans le nord thaïlandais.
Village des Lahu Sheleh
Après une heure de route vers l’est de Chiang Mai, nous gravissons les montagnes orientales, contournant les glissements de terrain récents et les scooters sur les routes étroites. Nous arrivons dans un village de tribu montagnarde, celui des Lahu Sheleh, descendants d’un peuple originaire des hauts plateaux du Tibet, passé par le Yunnan avant de s’établir dans le nord de la Thaïlande.
Autrefois nomades et indépendants, les Lahu vivaient comme « gens de la forêt ». Aujourd’hui, contraints à une agriculture sédentaire, ils s’efforcent de préserver leurs coutumes face aux pressions des nouveaux arrivants.
Au crépuscule, le cœur du village s’anime autour du « cercle de danse », une plate‑forme de planches de bois brut d’une importance culturelle et religieuse. Le village est construit autour de ce cercle, jamais après. Nous pénétrons la zone au son rythmique des hommes qui dansent autour du feu central, accompagnés d’instruments traditionnels qui maintiennent le tempo jusqu’à la nuit profonde.
Chiang Mai : entre tradition et modernité
On dit à Chiang Mai que chaque kilomètre qui s’éloigne de la ville ramène de cinq ans en arrière. Que ce soit les villages de tribus, les forgerons qui battent des épées Dha ancestrales, ou le fermier riceur guidant son buffle à travers les rizières, chaque rencontre est un voyage dans le temps.
Dans le centre historique, je me fraye un chemin entre les pétales de fleurs disposés pour la procession des moines. Cinquante‑cents moines en robe safranée défilent lentement, effectuant la « bénédiction de Chiang Mai », une tradition vieille de plusieurs siècles. Ils traversent le marché Warorot, où l’effervescence des vendeurs, des tuk‑tuk bruyants et des odeurs de viande et de poisson contraste avec leur sérénité.
En suivant le fleuve Ping, on découvre un côté méconnu du nord : des rives bordées de cafés, de petites maisons et de barges en ruine. Plus on remonte, plus les éléphants des centres de sauvetage apparaissent le long du cours d’eau.
La nuit, le vieux quartier s’anime de combats de Muay Thai sous les néons criards. Les paris illégaux, la fumée de cigarettes bon marché et la foule bruyante donnent l’impression d’une scène tirée d’un film hollywoodien.
Cette diversité d’expériences – des grottes souterraines aux rituels tribaux, des processions monastiques aux combats de boxe – fait de Chiang Mai une destination où l’aventure et la culture se rencontrent à chaque coin de rue.




