Pas de sommeil à Miami
Miami Beach est depuis longtemps le refuge des New‑Yorkais fuyant le froid, à la recherche d’un divertissement façon Vegas sous le soleil. La rédactrice contributrice Kate Donnelly a séjourné au légendaire Fontainebleau Miami Beach, devenant ainsi la dernière "snowbird" à sentir la chaleur.
MIAMI – Tout ce qui brille est or à Miami, surtout quand on est là pour fêter.
En octobre dernier, j’ai pris la direction du sud pour le 35e anniversaire d’un ami et je me suis installée au mythique Fontainebleau Miami Beach, cet immense complexe en bord de mer offrant une vue imprenable sur l’Atlantique. Depuis le balcon de ma suite au 16ᵉ étage, je me suis rappelée l’histoire pop‑culturelle du lieu. Ouvert en 1954 et signé par le légendaire Morris Lapidus, c’est l’un des hôtels les plus somptueux de Miami Beach, une ville réputée pour ses établissements de prestige. Dans les années 50‑60, il était le terrain de jeu d’Elvis Presley, de Frank Sinatra et du Rat Pack, et il apparaît dans le plan‑aérien d’ouverture du film de James Bond Goldfinger (1964). Mes parents y ont séjourné lors de la convention démocrate de 1972. Plus récemment, le Fontainebleau a entrepris une rénovation de 1 milliard de dollars, ajoutant 1 500 chambres, des restaurants de chefs célèbres, des night‑clubs et un spa de 3 700 m². C’est le lieu idéal pour vivre en grand.

Dans le club
Le thème du week‑end était fun et décadence. J’avoue avoir craint que, à la trentaine avancée, je ne sois plus capable de faire la fête à la miamienne.
J’appréhendais la sortie clubbing, redoutant d’être le dinosaure « trop vieux, trop ringard » entouré d’adolescents et de jeunes trentenaires sous les effets du Red Bull. La dernière fois que j’ai mis les pieds dans un club, c’était à New‑York en 2000, quand Sasha et Digweed jouaient au Crowbar. Un habitué m’a alors lancé que ces DJ étaient « vintage » et que j’étais « vraiment vieux ». Il avait raison… (et bientôt, je serai aussi vintage).
Accompagnée de véritables adeptes du nightlife de Las Vegas, je me suis retrouvée au Story, un club à plusieurs étages où DJ Chuckie était à l’affiche.

L’entrée était animée par des filles en costumes extravagants, perchées sur des échasses. À l’intérieur, elles étaient à moitié vêtues, plus proches d’un spectacle burlesque que d’un strip‑tease, arborant des pancartes « Don't feed the hookers ». Un acte volontairement théâtral et décalé, rappelant un Moulin Rouge revisité à la sauce Marie Antoinette.
Sur scène, Chuckie faisait tourner du progressive house sans filtre, sous une avalanche de lasers, boules à facettes, confettis et éclats de Dom Pérignon à chaque décapsulage. L’atmosphère vibrait, les corps s’agitaient, les lumières dessinaient les silhouettes des danseurs.
Aux alentours de 4 h du matin, nous avons quitté le club pour le classique Jerry's Famous Deli, où nous avons dégusté grilled cheese et frites. Le soleil se levait à l’horizon alors que je tirais les rideaux de ma chambre – le week‑end était un enchaînement ininterrompu de plaisir.
Vue depuis la chambre de Kate au Fontainebleau.
Mais ce n’est pas tout
Miami, c’est aujourd’hui glamour, rythmes électro et rêves de champagne – Vegas sur la plage. Voici mes coups de cœur :
Un dîner au cœur du centre-ville dans le sushi‑bar chic Zuma, où le menu dégustation, aux textures et saveurs variées, se marie à merveille avec une bouteille de nigori (saké non filtré).
Une soirée tardive au Hyde Beach, le lounge du luxueux SLS Hotel, qui rappelle l’ambiance de Boogie Nights sans Marky Mark : panneaux en bois, plafonds bas, lumières tamisées, étagères de livres usés et objets vintage de surf.
Un déjeuner au San Pocho à Little Havana, où j’ai savouré des empanadas et un sancocho colombien copieux, avant de flâner dans la boutique voisine pour des chapeaux de paille et du café.
Lustres d’Ai Weiwei au Fontainebleau.
Dans une cabane au bord de la piscine du Fontainebleau, entourée de la fille d’honneur et d’amis, nous avons joué à un gin‑rummy façon Goldfinger. Nous avons ensuite rejoint le Bleau Bar, aux teintes bleues, pour des apéritifs, admirant les impressionnants lustres de l’artiste chinois Ai Weiwei.
Le dîner de 21 h au Baoli était une véritable mise en scène d’anniversaire : tour de fruits de mer (huîtres, homard, crevettes, coquilles Saint‑Jacques, pattes de crabe royal) accompagné de rosé, suivi de pappardelle maison aux champignons (portobello, cèpes, hoshimeshi) et d’un deuxième Dom Pérignon. L’ambiance rappelait un clip de rap, entre éclairages tamisés, longues tables en bois et foule stylée.

Le lendemain, j’ai récupéré en marchant sur la plage, les pieds dans l’eau, le soleil d’hiver réchauffant mon visage.
Avant de quitter la ville, je me suis détendue avec un mojito à 18 $ au prestigieux Delano Hotel. Installée derrière des lunettes de soleil, j’observais la foule de la piscine, une véritable étude de voyeurisme.
Le Delano Hotel.
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