Tour des Alpilles en famille : escalade, vélo et bébé
Une aventure inattendue à deux pas de chez nous
Avant le confinement, le mot « aventure » évoquait nos expéditions à l’autre bout du monde : des tours de grès dans le désert éthiopien, des semaines à chercher de nouvelles voies. Aujourd’hui, nous avons découvert que la même émotion pouvait se vivre à moins de 100 km de notre porte.
Un premier jour à Estézargues avec Arthur
Fin mai, James, Arthur (notre bébé) et moi avons quitté la maison avec deux vélos à assistance électrique et deux remorques : l’une transportait le matériel d’escalade, l’autre notre fils. Le chemin vers le petit secteur d’Estézargues était technique, envahi de végétation et exigeait de pousser, tracter et manœuvrer de lourdes charges. Après des heures d’efforts, nous n’avions même pas encore pu grimper le premier jour.
Escalade avec un bébé
Faire du sport avec un nourrisson, c’est une toute nouvelle discipline. Nous avons emmené Arthur dès ses premières semaines, installé un coin sommeil sûr, aménagé un espace de jeu et, quand c’était nécessaire, je le portais en nacelle pendant les montées. Chaque séance commence par un échauffement à deux, puis, dès que le bébé est installé, nous partons à l’assaut des voies.
Découverte d’Estézargues
Malgré la proximité (15 minutes de route), nous n’avions jamais escaladé ce secteur, préférant toujours aller un peu plus loin. Les grimpeurs locaux y sont nombreux, les roches ne sont pas spectaculaires : prises tranchantes, ébréchées ou couvertes de sika. Pourtant, après deux mois de confinement sans escalade, nous avons dévoré les voies jusqu’à 8b, tandis qu’Arthur faisait ses premiers pas hors de vue.



Orgon et La Bergerie
À Orgon, nous avons trouvé notre rythme. James a envoyé un 8c et un 8b à La Bergerie, et j’ai réussi un 8a en première vision. Le site était un véritable paradis pour Arthur grâce à un petit mur qui le retenait en sécurité tout en lui permettant d’explorer.
Un revers à Godasse Clean
J’ai connu un moment de découragement sur le 8a de Godasse Clean, à Fetid Beach. Le trajet à vélo, le manque de sommeil et le transport du bébé en remorque rendaient la voie difficile. Mais en repensant à la nature du voyage — un compromis familial plutôt qu’une performance pure — j’ai rapidement relâché la pression et laissé tomber la voie avec le sourire.
Le vélo, une aventure à part entière
Chaque matin débutait par un copieux petit‑déjeuner (pain au chocolat, café, croissants), suivi du chargement méticuleux du remorqueur pour minimiser les vibrations, puis le départ avec Arthur installé. Les seuls soucis : réparer une crevaison, recharger les batteries et prévoir des couches avant d’entrer dans une vallée dépourvue de commerces. Cette simplicité nous a permis d’apprécier pleinement le moment présent.



Buoux, le point d’orgue du périple
Le dernier segment nous a menés à Buoux, un véritable joyau de l’escalade. Du fond de la vallée, les couleurs du calcaire sont magnifiques, et chaque geste sur les voies est unique. Ce site, fort de plus de cinquante ans d’histoire, ressemble à une vieille dame choyée : des classiques comme Edlinger, Le Menestrel ou Moon cachent des anecdotes, et même les 7a ne se donnent pas sans effort. Nous avons partagé notre temps entre la célèbre face ouest et une grotte récemment équipée, deux univers très différents mais d’une qualité exceptionnelle.
Retour à la maison
Après un mois de vie sur la route, d’aventures familiales et d’escalade à notre rythme, nous avons bouclé la boucle. Les deux dernières heures de vélo ont été le plaisir ultime, ressentis comme le couronnement d’un mois parfait. Cette expérience de « vélo‑escalade » a été une révélation, et nous la referons sans doute très bientôt.




