Trouver ma place dans la chaîne alimentaire lors d’un safari au Botswana
Ressentir l’émotion d’un premier face‑à‑face avec un léopard, c’est vivre le grand cercle de la vie au cœur du delta de l’Okavango.
Le réveil d’un safari magique
Dans le delta de l’Okavango, au Botswana, le matin débute par le chant plaintif du pigeon africain qui domine la chorale de la savane. Le souffle du ventilateur au plafond se mêle aux bruissements des arbres au-delà des tentes. La lumière du jour s’infiltre doucement, juste avant le premier « réveil » du bush : un café à la presse française servi sur un plateau de linge blanc par le personnel du camp.
Sanctuary Chief’s Camp, réserve de Moremi
Nous séjournons au Sanctuary Chief’s Camp, niché sur une île au cœur de la vaste savane inondée du delta. Le camp se trouve dans la réserve de Moremi, concession de Mombo, l’une des zones les plus riches en faune d’Afrique. C’est le seul secteur protégé du delta, donc les animaux affluent en grand nombre. Les guides peuvent sortir des sentiers battus pour traquer le « Big Five » – rhinocéros, buffle du Cap, éléphant, léopard et lion – ce qui n’est pas autorisé dans les parcs nationaux.
À la recherche d’une troupe de lions
Après un copieux petit‑déjeuner (œufs brouillés, fruits de la passion et croissants), je monte à bord d’un 4×4 ouvert avec d’autres voyageurs. Notre guide, Sky, né dans le petit village d’Etosha le long du fleuve Okavango, possède un véritable sixième sens pour lire la piste. Il coupe parfois le moteur pour écouter le sol ou examiner de plus près une empreinte.

« Voilà », annonce‑t‑il en montrant une patte distincte. « C’est celle d’un lion mâle, un gros garçon. » Nous reprenons la route, le soleil grimpant dans le ciel, conscient que les lions chercheront bientôt de l’ombre.
Le véhicule s’approche silencieusement d’un bosquet où plusieurs lionnes se reposent. Aucune trace de mâle ; les femelles protègent la troupe. Des lionceaux curieux émergent des buissons, observant les visiteurs avec plus d’intérêt que les adultes somnolents.
Voir ces lions dans la nature, si près, est une expérience bouleversante qui m’a laissé sans voix.
Rencontre avec le baobab millénaire
Après une averse d’après‑midi, nous partons vers un veldt vallonné. Nous croisons des troupeaux de zèbres, des marabouts nécrophages et un springbok agile. Sky pointe alors un immense baobab africain, vieux de plusieurs millénaires, dont le tronc de 30 pieds de diamètre porte les marques des défenses d’éléphants. Il explique que les éléphants se désaltèrent à l’eau du baobab, parfois « ivre » de ce breuvage.
Le spectacle du léopard et du gnou
Sky nous annonce un événement rare : un gnou sur le point d’accoucher, accompagné d’un léopard à proximité. Nous filons à travers la savane ensoleillée. Le gnou est malheureusement mort avant la mise bas, illustrant crûment le cycle de la vie.
À 15 mètres, une lionne‑léopard fait tournoyer sa queue à l’ombre. Elle s’éloigne du gnou, s’enfonce dans la forêt et, après quelques minutes, nous montre fièrement ses proies : un phacochère et un pélican, cachés sous les arbres.
Le léopard joue ensuite avec une brindille de palmier, comme un chaton, avant de s’éloigner en courant dans la forêt, nous laissant le souffle coupé.
Coucher de soleil et cocktails
Nous traversons un ruisseau, frôlons un troupeau d’hippopotames qui surgissent dans l’eau avec fracas. Sky s’arrête près d’un point d’observation où des cocktails au coucher du soleil nous attendent. Le ciel se pare de rose, bleu et lavande, tandis qu’une tempête se prépare à l’horizon. Nous sirotons nos boissons (un vodka‑tonic pour moi) avant de filer au camp pour éviter la pluie.
Planifiez votre voyage
Ce que j’aurais aimé savoir dès le premier jour
1️⃣ Emportez moins de vêtements : le service de blanchisserie quotidien est gratuit au Chief’s Camp.
2️⃣ L’Afrique ne se visite pas comme une simple case à cocher ; elle transforme, vous incitera à revenir avant même d’être parti.
Quand partir
La saison sèche (juin‑octobre) offre une faune plus visible, mais la saison des pluies (novembre‑mars) rend le paysage luxuriant et les tarifs 30‑40 % plus bas. J’ai voyagé en décembre et la biodiversité était exceptionnelle.
Comment s’y rendre
Vol direct Delta Atlanta‑Johannesburg en 16 h 55 min (économique Comfort recommandé). Une fois au Botswana, les déplacements se font souvent en petits avions « puddle‑jump », moins luxueux mais tout aussi pratiques.
L’auteur, en pleine convivialité.
Faire un safari
J’ai voyagé avec Abercrombie & Kent (Botswana Safari in Style, à partir de 9 195 $). Fort de 50 ans d’expérience, ils offrent un savoir‑faire inégalé pour organiser un safari de rêve.
Éléments essentiels à emporter
Vêtements à séchage rapide, répulsif anti‑moustiques, lampe frontale puissante (utile pour observer les hippopotames la nuit), Imodium, un antibiotique de secours et des cubes de rangement pour optimiser votre sac de voyage.




