Pour l’amour du chien
Un volontour d’un an qui a changé une vie
Charyn Pfeuffer a parcouru le monde pendant une année de volontariat – récoltant des milliers de dollars, accumulant des centaines d’heures de bénévolat et tirant des dizaines de leçons de vie – pour offrir un souvenir à la fois doux et poilu.
GUATÉMALA – En véritable Taureau méthodique, je suis obsédée par les anniversaires, les nombres ronds et les dates marquantes. Le 20ᵉ anniversaire du décès de ma mère, accompagné de son regret de « ne jamais être allée en Europe », a déclenché une action d’envergure.
J’ai honoré le désir de voyage inassouvi de ma mère et mon envie de redonner. J’ai abandonné mon passeport de rédactrice de voyages, collecté 20 500 $ via les réseaux sociaux et participé à douze projets communautaires à travers le monde. J’ai fêté mes 38 ans – l’âge que ma mère avait lorsqu’elle a succombé au cancer du poumon – pendant le Global Citizen Project, une autre façon de jouer avec les chiffres.
En plus de 900 heures de bénévolat, j’ai emmené amis et followers dans un tour du monde virtuel, sensibilisant, éduquant sur la beauté de notre planète et offrant de nouvelles perspectives. J’ai fait face à la criminalité, aux glissements de terrain et à la dengue. J’ai épicé de la gelée de coing bio au Portugal et construit des foyers sans fumée pour des indigènes panaméens. Malgré mon expulsion de l’Église catholique, j’ai partagé du crayon eyeliner avec des filles sauvées par des missionnaires dans les rues de Tegucigalpa, Honduras. Et, lors d’un séjour de trois semaines dans un refuge guatémaltèque, mon compagnon et moi avons découvert un chiot bleu‑tacheté qui allait bouleverser notre vie.
Manchas, la petite combattante
Manchas (qui signifie « taches » en espagnol) était une chiot maigre, atteinte de gale et de malnutrition, amenée par des garçons du village voisin de Sumpango, où son grand‑père la maltraitait et menaçait de l’empoisonner. Les foires d’adoption dominicales étaient désertes, les adoptants guatémaltèques préférant les races pures et la qualifiaient de fea (laide). Cela a déclenché mon mode « champion » (merci Philadelphie !). Manchas, rebaptisée Mimi, devait rejoindre Seattle, coûte que coûte.
Des formalités à la frontière aux retrouvailles
J’ai traversé des bus à poules, affronté des pannes sur la Pan‑American Highway et fait des allers‑retours à Antigua pour déposer les papiers à l’ambassade américaine. La veille du départ, j’ai engagé un chauffeur pour parcourir les animaleries guatémaltèques à la recherche d’une cage de transport approuvée par la TSA – un vrai défi logistique. Un propriétaire d’auberge a accepté que Mimi partage ma chambre, m’a offert un lit privé gratuit et nous a conduits à l’aéroport à une heure indue. Mon petit‑ami attendait du café, je rentrais un chien de rue sauvage d’un pays en développement.
Épreuves personnelles et guérison
Moins d’un mois après avoir rangé mon sac à dos, mon père est décédé le jour de la fête des pères. Le deuil, conjugué à la perte de confiance de Mimi et à ses problèmes de santé, a été difficile. (J’étais même la « maire » de notre clinique vétérinaire sur Foursquare.) Petit à petit, nous nous sommes rétablis, ensemble.
Nous célébrons aujourd’hui le premier anniversaire de Mimi aux États‑Unis. Le Global Citizen Project était censé honorer ma mère, mais ce que j’ai ramené est bien plus précieux : des leçons d’humilité, une source inattendue de réconfort et, surtout, un lien indéfectible entre une femme et son chien.
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