Comment j’ai parcouru le monde pendant 18 ans

Ça peut sembler incroyable, mais j’ai réellement voyagé autour du monde pendant 18 ans sans faire quoi que ce soit de spécial.
Lorsque j’ai commencé à voyager en 1999, j’étais l’exemple même du routard ultra‑budget. Tous mes effets personnels tenaient dans mon sac à dos Kelty Redwing de 44 litres, robuste et fiable. Mon mode de vie consistait à planifier au fur et à mesure, dormir en dortoir d’auberge et essayer de ne dépenser aucun sou. Voilà à quoi ressemblaient mes deux premières années sur la route.
C’était une période glorieuse.
Sans aucune contrainte ni recherche en ligne avant de passer à la destination suivante, j’étais libre d’être simplement présent chaque minute, où que je me trouve, sans être enfermé dans un planning.
Durant ces premières années, je me fiait uniquement aux conversations avec d’autres voyageurs et les habitants locaux pour trouver hébergement, repas, gares routières, activités, etc. J’avais très peu de responsabilités, ce qui me permettait d’accepter chaque imprévu sans stress.
Évidemment, mon budget était très limité, car je gagnais presque rien.

C’était avant le boom d’Internet, avant les listes « Top 10 des choses à faire au Guatemala » ou les articles « Où voyager absolument ». Il n’y avait ni check‑listes, ni bucket‑listes. Peu importait ce que l’on voyait ou mangeait : le simple fait d’être là suffisait. Les récompenses arrivaient d’elles‑mêmes.
RÉSUMÉ 1999 – 2002
Style de voyage : Routard ultra‑budget
Revenus : Enseignement de l’anglais, bénévolat (pas de revenu mais aucune dépense), courte mission aux États‑Unis comme professeur remplaçant
Les années à bord des croisières
Environ deux ans après le début de mon périple, la vie a pris une tournure inattendue.
J’ai commencé à travailler sur des paquebots en tant que responsable des excursions, grâce à la recommandation d’un ami qui m’a mis en contact avec le siège de Carnival Cruise Lines.
En quelques mois, je signais des contrats de 4 à 6 mois, je gagnais bien, je découvrais des dizaines de nouvelles destinations et j’acquérais une solide expérience managériale. Entre les missions, je profitais de longues vacances pour explorer les Caraïbes, Hawaï, les fjords norvégiens, l’Islande, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, l’Amérique centrale, le Canada, voire Auckland (Nouvelle‑Zélande), les Samoa américaines ou Cochin (Inde).

Ce dispositif était idéal. Au total, j’ai travaillé sur des navires pendant 4,5 ans, répartis sur 8 ans. En 2008, j’ai quitté la vie à bord, car rester trop longtemps aurait signifié être coincé sur les mers à jamais. J’aimais le mode de vie, mais j’avais d’autres projets qui nécessitaient d’être sur terre.
RÉSUMÉ 2002 – 2008
Style de voyage : Membre d’équipage de croisière / routard budget pendant les vacances
Revenus : Salaire mensuel pendant les contrats / économies de 90 % des gains
Les années en ligne
Après avoir mis un terme à ma carrière de croisière en 2008, les premiers murmures du « travail en ligne » commençaient à se faire entendre. J’ai donc terminé mon dernier contrat, puis je suis parti six mois à Melbourne, Australie, où j’ai loué une chambre en colocation pour tester ce nouveau mode de travail.
J’ai passé plusieurs mois à rédiger un e‑book destiné à aider les passagers de croisières à optimiser leurs vacances, en m’appuyant sur mon expérience du secteur.
Quelques heures après la mise en ligne, j’ai vendu mon premier exemplaire : je n’en croyais pas mes yeux.
J’ai ensuite co‑écrit un second e‑book avec un ami. Malgré deux mois de travail, il n’a jamais trouvé preneur.
Je me suis alors tourné vers le marketing d’affiliation après avoir découvert le cours détaillé d’Affilorama, et j’ai rapidement obtenu quelques succès. La concurrence était alors faible, ce qui facilitait la progression.

Fort de ces deux petites réussites, j’ai voyagé quelques mois en Thaïlande, en Inde et en Amérique centrale, puis j’ai passé huit semaines à Sayulita, Mexique, pour réfléchir à la suite. C’était en 2010.
Dans ce petit village tranquille, entre des sessions de surf où 94 % des vagues se terminaient en chute douloureuse et 6 % en vraie glisse, j’ai lancé WanderingEarl.com.
Durant les 18 prochains mois, j’ai travaillé sans relâche sur le blog, sans savoir où cela me mènerait, mais en appréciant chaque minute. Les nombreuses questions de lecteurs désireux de travailler sur des croisières m’ont poussé à écrire un deuxième e‑book, intitulé How to Work on Cruise Ships.
Début 2012, j’ai publié mon troisième e‑book, How to Live a Life of Travel, directement sur le blog.
Mon activité en ligne a alors commencé à décoller.
RÉSUMÉ 2008 – 2012
Style de voyage : Routard à budget moyen
Revenus : Vente de trois e‑books, marketing d’affiliation, blog
Les années récentes
Fin 2012, j’ai proposé mon premier Wandering Earl Tour. Le circuit en Inde s’est vendu en moins de deux jours. En 2013, j’ai organisé trois voyages : un au Mexique et deux en Inde.
Face à l’engouement, j’ai décidé d’investir davantage dans les tours. Ces dernières années, j’ai proposé entre 6 et 10 voyages par an, couvrant plus d’une douzaine de destinations, ainsi que de nombreux tours privés pour familles et groupes d’amis.
Pour diversifier mes revenus, je conserve quelques liens d’affiliation sur le blog (page Ressources Voyage) et je collabore ponctuellement avec des marques de voyage, mais je suis très sélectif : j’accepte seulement 5 % des propositions reçues.
Je propose également du consulting. J’ai accompagné plus d’une douzaine de blogueurs voyage et plusieurs dizaines d’acteurs du tourisme (guesthouses, tour‑operators, offices du tourisme…) en leur fournissant des stratégies détaillées basées sur mon expertise du secteur. C’est un side‑gig stimulant qui me permet de rester à la pointe des tendances mondiales.
RÉSUMÉ 2012 – 2017
Style de voyage : Voyage à budget moyen, mélange de séjours semi‑organisés, escapades spontanées et tours guidés
Revenus : Vente d’e‑books, affiliation, partenariats, Wandering Earl Tours, consulting
Mes voyages aujourd’hui
De nos jours, je ne fais plus du sac à dos comme il y a 18 ans. Je ne blâme pas uniquement l’abondance d’informations en ligne ; je joue aussi mon rôle. Les choses évoluent, et je m’y adapte volontiers. Je fais un peu de recherche, je déniche les meilleures offres et je réserve certains aspects de mes déplacements à l’avance.
Ce changement reflète surtout mes responsabilités actuelles : travail, factures, relation de couple, etc. Un minimum d’organisation me permet de rester concentré et de m’adapter rapidement une fois sur place.

Ne vous méprenez pas : ma compagne et moi nous retrouvons encore parfois dans des destinations sans plan précis, comme nos récents séjours en Albanie, Monténégro, Croatie et Hongrie. Ce style de voyage restera toujours une de nos passions !
En général, nous planifions davantage, voire réservons quelques hébergements. Nous restons des voyageurs à budget moyen, mais d’une façon différente.
Tout évolue : besoins, objectifs, style de voyage. Tant que l’on reste fidèle à soi‑même, il n’y a aucune raison que cela soit négatif.
Et enfin, voici la vraie beauté de tout cela…
Pas un jour ne passe sans que je me sente chanceux d’avoir adopté ce mode de vie qui me fait voyager plus que je n’aurais pu l’imaginer. En même temps, mon histoire, telle que résumée ci‑dessus, n’est rien d’extraordinaire ; c’est une aventure que tout le monde peut vivre.
Détermination, soif d’apprendre et refus d’accepter moins que ses objectifs : voilà tout ce qu’il faut.
Ne sont‑ce pas des qualités que nous pouvons tous invoquer ? Chaque jour, j’entends des exemples qui prouvent que c’est tout à fait possible !
Comment avez‑vous rendu le voyage possible ? Débutants, avez‑vous des questions ou des idées à partager ?




