Jalsa Urubshurow, entrepreneur et philanthrope sous les projecteurs
Un parcours aux multiples facettes
Jalsa Urubshurow a endossé de nombreux rôles au cours de sa carrière exceptionnelle : entrepreneur, philanthrope, écologiste, PDG, ambassadeur et même guide de luxe pour le Dalaï Lama.
Jeunesse et origines
Originaire de Howell, New Jersey, il est le fils d’immigrés mongols. Il se souvient avoir été « spité » dès l’âge de cinq ou six ans. Sa famille, issue de la tribu Kalmouk de l’Ouest, avait fui les persécutions staliniennes grâce à l’aide de la Fondation Tolstoy et s’était installée aux États-Unis dans la misère : routes de terre, aucune canalisation d’égout et un cabinet d’aisance dans le jardin.
Sa mère couturière et son père, aveuglé d’un œil après un accident dans une mine de charbon en Pennsylvanie, ont dû lutter contre le racisme quotidien. « On le sentait, on le sentait dans l’air », raconte‑il.
De la discrimination à l’engagement
Ces expériences ont nourri son désir d’empathie, d’inclusion et de durabilité. En tant que fondateur et PDG de Nomadic Expeditions, il s’est illustré dans le secteur du voyage de luxe en proposant des expériences sur mesure au Mongolie, au Tibet, au Népal, en Inde et au Bhoutan.
Après la pandémie
Avec l’allègement des restrictions, le Népal a supprimé la quarantaine pour les voyageurs vaccinés et l’Inde a rouvert ses portes aux touristes. Nomadic Expeditions relance donc ses activités, dont un safari privé pour observer les tigres en Inde et un circuit himalayen en petit groupe à travers le Tibet, le Népal et le Bhoutan.

Des débuts inattendus
En grandissant dans une communauté mongole, il a appris la menuiserie dès l’âge de huit ans. Cette passion l’a conduit à créer All‑Tech Carpentry Contractors, aujourd’hui Nomad Framing, la première entreprise à remporter le National Housing Quality Award.
Bien que la construction fût son métier, il rêvait de devenir garde forestier, inspiré par le Delaware Water Gap et le sentier des Appalaches. En 1990, après avoir organisé une réception pour la délégation mongole à l’ONU, il reçoit une invitation à visiter la Mongolie, alors fraîchement démocratisée.
Le premier contact avec la terre ancestrale
À 35 ans, il pose le pied sur le territoire de ses ancêtres. « Je faisais arrêter le chauffeur juste pour regarder les visages mongols », raconte‑il. Les habitants, impressionnés par son dialecte Kalmouk occidental, le qualifient de « mots anciens ».

Cette immersion ravive son amour du plein air : tentes près des yourtes, lever du soleil sur 5 000 grues Demoiselle. Il souligne que ces nomades vivent avec une empreinte carbone minimale grâce à l’élevage.
Création de Nomadic Expeditions
Lancée en 1990, alors que peu d’Américains visitaient la Mongolie et qu’aucune offre de luxe n’existait, l’entreprise a construit le marché à partir de zéro, mêlant expertise américaine et héritage mongol. Elle propose des itinéraires variés (trekking, culturel, familial), a fondé la première école de formation de guides mongols (40 guides formés chaque année) et organise des voyages pour le Harvard Museum of Natural History, la Massachusetts Audubon Society, le American Museum of Natural History, Tibet House, The Nature Conservancy et le WWF.
Pour Nomadic Expeditions, l’immersion prime sur la case à cocher. « Vivez la culture en profondeur », affirme‑il. Le luxe se traduit par des rencontres uniques, comme la visite des éleveurs de chameaux lors du tour Iconic Mongolia ou l’apprentissage de chants kazakhs lors du tour From the Altai to the Gobi.

Tourisme durable
En 2002, il ouvre le Three Camel Lodge, un éco‑lodges de 40 tentes alimenté à l’énergie solaire dans le Gobi, membre fondateur de Beyond Green. Son bureau du New Jersey, partagé entre Nomadic Expeditions et Nomad Framing, est neutre en carbone grâce à 200 panneaux solaires et a obtenu la certification LEED Platinum.
Figures emblématiques et festivals
Il a guidé Richard Gere et le Dalaï Lama en 1995, et a accueilli Michelle Rodriguez lors du Golden Eagle Festival, qu’il a créé en 1999 pour sauvegarder la chasse à l’aigle et la culture kazakhe – événement présenté dans le film BAFTA‑nommé The Eagle Huntress.
Philanthropie
Il a planté plus de 22 000 arbres dans le Gobi, financé des écoles de musique et siège aux conseils d’administration du Arts Council of Mongolia, du Peregrine Fund, de la Captain Planet Foundation, ainsi que comme juré du World Travel & Tourism Council. Co‑fondateur du U.S.–Mongolia Business Council, il plaisante : « Nous sommes un tour‑opérateur déguisé en association à but non lucratif. Fondateur et financeur ne diffèrent que d’une lettre ».

Valeurs humaines et avantages sociaux
Il offre depuis 34 ans des avantages complets (santé, dentaire, médicaments, participation 401 k) à ses salariés, afin de leur offrir ce qu’il n’a jamais eu. Il n’emploie que du personnel mongol, les encourageant à être fiers de leurs racines. « Aucun acte de haine dans mon entreprise », conclut‑il.




