Chef de projet, verse‑moi un autre
Ali Rickards est une figure incontournable de l’empire de fitness Tracy Anderson. Mais elle ne se contente pas d’abdos et de levées de jambe : nous l’avons envoyée à Montréal pour le concours de bière Stella Artois. Un travail difficile, mais quelqu’un doit bien le boire. Alors que les vacances de printemps approchent, rappelons que voyager pour une canette peut être une noble quête.
Montréal – Le championnat mondial du maître du tirage
Stella Artois organise chaque année le Draught Master Championship, une recherche du meilleur verseur de bière au monde. Il y a quelques mois, 21 finalistes se sont affrontés à Montréal pour élire le champion du rituel de versement en 9 étapes, et Fathom m’a emmenée sur le terrain. Ces étapes comprennent purification, sacrifice, décapitation, jugement, attribution… et, mon préféré, la dégustation.
Du hall d’entrée aux ascenseurs du Westin du Vieux‑Montréal, la Stella coulait à flot. Le froid mordant a donné le ton à cet événement « Stella‑tastic ». Les Québécois aiment leur bière, et Montréal, avec son mélange de influences françaises, canadiennes et américaines, était le cadre idéal pour un concours belge.

Ce n’est pas l’Oktoberfest en tenue de lederhosen, mais Stella Artois, la seule bière à porter à la fois un prénom et un nom de famille, avec une élégance cultivée et une mythologie où l’on sert la boisson dans une coupe – jamais dans un simple verre. Le dress‑code était « Stella Artois Sophisticated ». Des concurrents venus du monde entier – Afrique du Sud, Singapour, Argentine, Australie – se sont qualifiés, sauf la Chine, qui a dû annuler pour des problèmes de visa.
Arrivée tardive la veille du concours, j’ai jeté un œil à la Stella Lounge : rangées de coupes et station d’entraînement où les participants perfectionnaient leurs versements. J’avais déjà entendu parler du champion américain Chris Myers et de son lancer derrière le dos.
Compteur de Stella d’Ali = 2
Jour du concours
À 10 h, on frappe à ma porte : une livraison de Stella ! Des bouteilles, des sous‑cravates chic que j’ai tenté (sans succès) de transformer en boucles d’oreilles à clip.
Compteur de Stella d’Ali = 3

Déjeuner au Le Locale avec des journalistes gastronomiques. On m’a servi des coupes de Stella aussi grosses que ma tête – la plus grande de la journée – et j’ai découvert que la bière se marie avec pratiquement tous les plats.
Parmi les favoris : le verseur irlandais fougueux, le Bulgare qui a dû traverser la Roumanie pour obtenir son visa après un dossier de 20 pages, et le Montréalis représentant le Canada. Quatre concurrentes sont des femmes, et la plupart ne sont même pas barmans ; le vainqueur de 2011 était designer web. Le dessert : glaces à l’érable, beurres à l’érable et autres douceurs, preuve que le Canada s’est remis du vol du sirop d’érable de 2012.
Compteur de consommation d’Ali = 4,75
Retour au Westin pour une petite mise à jour de tenue. J’ai appris que les années précédentes le dress‑code était « mod » des années 60, alors j’ai adopté ce style « blogger‑chic ».

Dîner au Le Guide Culinare, école culinaire dirigée par le chef Jonathan Garnier, l’un des juges du soir. Le magasin du Guide possède la plus belle collection d’ustensiles Staub que j’aie jamais vue, ainsi qu’une sélection méticuleuse de livres de cuisine. J’y retournerai, cette fois avec un sac plus grand qu’une pochette de soirée.
Nous avons commencé l’heure du cocktail avec un Hoegarden spécial que je reproduirai bientôt :
- 1 bière Hoegarden
- 2 tranches d’orange
- une pincée de genièvre \n
- une pincée de gingembre
- une pincée de muscade
- poivre noir à votre goût
Ensuite, place à la cuisine pour un tutoriel. Je me suis portée volontaire pour décortiquer les coquilles Saint‑Jacques du premier plat. Je chanterais pour mon dîner n’importe quel jour ; lancez‑moi juste un tablier.

On m’avait prévenue que le chef Garnier était le « Gordon Ramsay du Canada », mais je n’ai vu qu’un nounours menant un cours parfait. Son chef de cuisine m’a même accusée d’espion lorsqu’il a vu mon nom de famille, Rickards, qui appartient à un grand concurrent de bière au Canada.
Pas de lien de parenté, mon ami. Éloignez‑vous de mes mollusques.
Le repas mêlait plats québécois traditionnels et bières belges, chaque service étant présenté dans son verre dédié. Le filet de porc cuit pendant onze heures était un régal, tout comme le biscuit belge « speculoos » accompagné d’une glace à la Stella, mon coup de cœur.
Compteur de Stella d’Ali = 7,75 environ
Les épreuves commencent
Les trois étapes se déroulaient dans le somptueux Chalet Mont‑Royal, une salle sombre où des écureuils sculptés contrastaient avec le décor moderne rouge/noir/or de Stella Artois.
On m’a dit que pour faire graver votre coupe, il fallait réussir le rituel en 9 étapes. En ajoutant un peu de flair, on pouvait obtenir deux coupons de gravure. Défi accepté ; j’avais pratiqué toute la journée !


Ali peaufine son versement.
Un mélange d’Olympiades et de lutte, les jeux de bière s’accompagnaient d’un jazz entraînant qui tenait les concurrents en alerte. Le français était la langue officielle et l’ambassadeur belge présidait les cérémonies, d’où le côté « Olympiques ». Chaque participant était escorté par deux « Stella Girls », d’où le côté « combat de lutte ».
Les juges notaient le versement, la présentation sur le sous‑verre (centrez‑le, les amis) et d’autres critères, dont le contact visuel, qui semblait rapporter de nombreux points.

Le juge, le concurrent et les Stella Girls.
L’an passé, le vainqueur a connu une catastrophe de « silver » : son trophée est resté bloqué à la douane argentine pendant des mois. J’espère que le verre tourbillonnant de Montréal arrivera sans encombre chez le futur champion.

Vive le vainqueur ! Photo courtesy of Stella Artois.
Félicitations à Allaine Schaiko de Belgique ! Son village natal, Louvain, abrite la brasserie Stella Artois – un clin d’œil parfait – et il a sans doute gagné des points supplémentaires grâce à son brassard enthousiaste.
Compteur de Stella d’Ali = 11,75 (estimation prudente)
Compteur de frites belges à la sauce gravy d’Ali (nuit) = 1
En résumé
Stella Artois est une bière officiellement nommée qui mérite d’être versée à la perfection dans sa coupe et dégustée avec n’importe quel plat. Et bien que je n’aie jamais mis les pieds en Belgique, je suspecte désormais que ce pays pourrait être le mien : frites, bière, diamants et chocolat, dans cet ordre.
Planifiez votre voyage
Avez‑vous ce qu’il faut pour devenir maître du tirage ?
Envie d’essayer ? Les finalistes du Draught Master doivent d’abord remporter le titre de leur pays, alors commencez à vous entraîner. Stella Artois n’a pas encore annoncé le lieu du championnat 2023, mais vous pouvez consulter les dernières informations sur son site officiel.
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Photos courtesy of Ali Rickards.




