Pueo – Hibou des marais d’Hawaï (Asio flammeus sandwichensis)
Origine et statut
Arrivé peu après les premiers Polynésiens, vers 300 ap. J.-C., le pueo, hibou aux plumes brunes, a depuis suivi sa propre trajectoire. Considéré comme endémique, il n’existe que sur les îles hawaïennes, où il constitue une sous‑espèce du hibou à petites oreilles très répandu. Les Polynésiens ont introduit les premiers rats, ce qui a peut‑être permis au pueo de s’adapter pleinement à son nouvel environnement. Dès lors, il est perçu comme un esprit ancestral, protecteur de la famille et porteur de chance, et il apparaît dans de nombreux mythes hawaïens.
Identification et habitat
Facile à reconnaître grâce à son visage en forme de radar typique des hiboux, le pueo évolue du niveau de la mer jusqu’à 2 400 m d’altitude, tant dans les forêts que dans les espaces ouverts. On le voit parfois planer au-dessus des prairies et des broussailles de Halawa, où il chasse insectes et rongeurs. Les données sur sa population sont rares : abondant à la fin du XIXᵉ siècle, il est aujourd’hui de plus en plus rare et figure parmi les espèces en danger d’extinction à Oahu.
Comportement
Le pueo est surtout actif en plein jour. Le mâle exécute un « sky‑dancing » élaboré pour attirer une femelle. Les femelles construisent de simples nids peu profonds au sol et assurent tout l’incubation, les oisillons éclosant à des moments différents. En cas de menace, les deux parents émettent des cris, sifflements et aboiements pour dissuader les prédateurs.
Menaces
La perte d’habitat, la prédation par des espèces introduites (mongoles, chiens, chats sauvages), les maladies comme le paludisme aviaire et les collisions avec les véhicules menacent le pueo. Récemment, les scientifiques ont identifié le « syndrome du hibou malade », probablement lié à des pesticides, contaminants et pénurie de nourriture, provoquant une léthargie accrue et un risque de mortalité plus élevé.
Conservation
Des plans de protection qui ont aidé d’autres espèces natives ont partiellement bénéficié au pueo, mais de nombreuses inconnues subsistent. Les spécialistes insistent sur la nécessité d’un plan de gestion dédié, fondé sur des données scientifiques plutôt que sur la seule tradition.




