Oberland bernois : du sommet à la mer
Le pont suspendu du Trift
Le passage vers un autre monde s’étend sur 170 m de long et s’élève à 100 m de hauteur. Au pied du pont se trouve un lac turquoise qui alimente discrètement un ruisseau, rapidement transformé en une rivière tumultueuse sous le célèbre Triftbrücke. Autrefois, les alpinistes franchissaient le glacier du Trift pour traverser la vallée ; le recul du glacier a fait monter le niveau du lac et de la rivière, rendant le canyon infranchissable. Aujourd’hui, le Triftbrücke est l’un des plus longs et hauts ponts piétonniers des Alpes. Un court trajet en gondole rouge du Triftbahn suffit pour rejoindre le pont, où même en sandales, les visiteurs s’aventurent pour une photo rapide avant de redescendre.
Montée vers la Trifthütte
En quittant le pont, on quitte la lisière des arbres et le paysage devient grisâtre, parsemé de rochers. Le sentier se rétrécit, serpente entre petits ruisseaux, échelles métalliques et chaînes d’escalade. Nous sommes les derniers à gravir la colline avant le coucher du soleil, pressés d’atteindre la Trifthütte avant que la nuit ne tombe.
La cabane apparaît soudain, camouflée dans les rochers, avec ses volets rouges et le drapeau suisse comme seuls éclats de couleur dans cet univers parallèle.
À l’intérieur, soupe aux lentilles épaisses, pain maison, récits de randonneurs, un schnaps pour célébrer la journée, puis une nuit courte sous lampe frontale. Le matin, les dix‑douze alpinistes se lèvent avant le soleil, prêts à rejoindre le glacier. Pour nous, c’est la première étape d’une aventure « du sommet à la mer ».
Parapente au-dessus d’Interlaken
Après l’exploration alpine, nous descendons vers Interlaken, surnommée la capitale européenne de l’aventure. En parapente, nous faisons des boucles au-dessus des lacs Thun et Brienz, profitant d’un micro‑climat qui offre des ascensions thermiques pendant plus de 300 jours par an. Le ciel bleu, les montagnes majestueuses et la sensation de liberté créent un tableau vivant.
Descente en rafting sur la Lütschine
Nous échangeons les ailes contre un radeau gonflable et attaquons la Lütschine, dont le nom celtique signifie « blanc » ou « éclatant ». La rivière, alimentée par les eaux du glacier, offre des rapides de classe III à IV, notamment sous le regard imposant de la face nord de l’Eiger. Les rapides nous projettent de gauche à droite, parfois même dans les airs, avant de nous guider vers le lac Brienz.
Paddle‑board sur les lacs
Sur le lac Brienz, nous glissons en stand‑up paddle, profitant d’un équilibre parfait entre les deux rives. Après une heure de navigation au bord du lac Thun, nous découvrons une cascade qui se jette directement dans le lac – une finale idéale pour notre périple du sommet à la mer.
Conclusion
Au crépuscule, sur nos planches, nous dégustons du pain aux noix garni de fromage suisse et de miel local, tandis que le village d’Interlaken s’illumine au loin. Les lampes frontales allumées, nous rentrons doucement vers la rive, le cœur rempli de la grandeur des Alpes, du haut des sommets jusqu’aux eaux cristallines.




