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Le chant des sirènes du Britannic

Une expédition contre le temps

30 juin 2015 – le compte à rebours est lancé. Au cinquième jour d’une semaine d’exploration, le courant de la mer Égée, plus rapide que prévu, représente un danger réel. Le U‑Boat Navigator se place au-dessus de l’épave du HMHS Britannic, sœur du Titanic, coulée par une mine allemande il y a un siècle.

L’équipe de plongeurs

Quatre des plus grands explorateurs sous‑marins – Edoardo Pavia, Michael Barnette, Evan Kovacs et Richie Kohler – s’équipent de rebreathers à circuit fermé, de réservoirs supplémentaires, de gilets de flottaison, d’ordinateurs de plongée et de caméras. Chacun porte près de 115 kg de matériel, mais le poids le plus lourd reste le sentiment de culpabilité, de peur et de responsabilité qui pèse sur leurs épaules. Six ans après la mort tragique de leur ami Carl Spencer, décédé lors d’une précédente expédition National Geographic, ils reviennent pour achever le travail commencé.

Hommage à Carl Spencer

Carl était une légende parmi les plongeurs techniques. Plombier du Midlands devenu plongeur de renommée mondiale, il avait plongé sur le Carpathia et conduit trois missions sur le Britannic avant de succomber en mai 2009, dans les bras d’Edoardo. Aujourd’hui, un goéland qui tournait autour du bateau lors du mémorial semble incarner son esprit protecteur.

Le décor grec

À l’horizon, les maisons blanchies aux toits rouges s’accrochent aux collines, des parasols colorés ponctuent les plages, et les cafés aux volets rouges‑jaunes bourdonnent de vie. Un ferry d’Athènes arrive, les scooters et petites voitures s’engagent sur la route côtière. Au loin, un croix blanche domine la falaise. Malgré ce tableau idyllique, le temps reste marginal après une semaine de mauvais temps.

Le chant des sirènes du Britannic Le chant des sirènes du Britannic

Le mystère du naufrage

Pourquoi le Britannic, deux fois plus robuste que le Titanic, a‑t‑il sombré deux fois plus rapidement ? Richie Kohler, connu pour la série Shadow Divers, veut répondre à cette question avant la fin de la saison d’expédition. S’il ne plonge pas aujourd’hui, il devra attendre un an de plus.

Richie interroge Michael Barnette, plongeur de sécurité : « Quel est ton seuil ? » Michael répond qu’il ne veut pas dépasser 1,5 noeud sous la surface, ce qui risque d’annuler la mission si les courants sont trop forts.

Le U‑Boat Navigator et son équipage

Eugène et Dmitry Tomashov, hôtes du navire, planifient la stratégie d’exploration. Le bateau possède une salle de contrôle ultramoderne, un sous‑mersible Triton à trois places, un ROV, une chambre de recompression et une cloche de plongée, offrant une sécurité supplémentaire aux plongeurs.

Evan Kovacs, cinéaste sous‑marin, prépare son matériel avec minutie, espérant enfin capturer les images perdues lors d’une panne de caméra en 2009.

Le chant des sirènes du Britannic Le chant des sirènes du Britannic

Retour sur l’expédition de 2009

En 2009, la Grèce, National Geographic et le Woods Hole Oceanographic Institute avaient autorisé une exploration complète du Britannic. Au troisième jour, Carl Spencer pénétra dans la cale via une petite ouverture. Un problème survint : il respira accidentellement un mélange contenant 50 % d’oxygène, toxique à cette profondeur, et s’effondra. Edoardo Pavia plongea pour le remonter, mais Carl était déjà décédé. Cet événement hante encore Edoardo.

Le plongeon de 2015

Six ans plus tard, chaque plongeur prononce une prière avant de plonger. La visibilité est exceptionnelle ; le Britannic apparaît, gigantesque comme l’Empire State Building, à plus de 300 m de profondeur. Le sous‑mersible Triton éclaire l’épave pendant que les plongeurs s’en approchent, cherchant les portes étanches, les artefacts récupérables et les expériences scientifiques de 2009.

Le temps est compté : 50 minutes pour descendre, explorer les 300 m de couloirs, atteindre la salle des chaudières, puis remonter pendant huit heures de décompression. Chaque minute supplémentaire impose une heure de décompression supplémentaire, ce qui dépasse la capacité en gaz des plongeurs.

Le rôle de David Concannon

David Concannon, explorateur et photographe, coordonne la logistique avec les hôtes russes et documente l’opération. Ami proche de Carl, il explique que le réservoir mal étiqueté était le résultat d’une fatigue extrême de Carl, et il veut alléger le fardeau de ses camarades.

Le chant des sirènes du Britannic

Le dénouement

Après une descente de huit heures, les plongeurs atteignent la cloche de décompression, soulagés mais conscients que le véritable défi commence à la surface. Richie, euphorique, promet de révéler le secret du naufrage dans son prochain livre The Secret of Last Olympian. Evan, les yeux cernés, vérifie son matériel, espérant récupérer les images tant attendues. Michael, le cœur lourd, retrouve le goéland qui, selon lui, veille sur Carl. Edoardo, les larmes au bord des yeux, remercie silencieusement son ami disparu.

Lors du dîner de célébration, Edoardo explique que le risque a été « le ciment qui nous unit ». Le groupe lève de nouveau leurs verres, déjà en train de préparer la prochaine aventure.


Siren Song est une histoire présentée dans le volume 7 de Sidetracked.

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