Journal de Tel‑Aviv, Jour 3 : visite du musée du design
Après un dîner à Tel‑Aviv et une flottaison en mer Morte, Jeralyn se rend en banlieue pour son fix de design.
Il existe des photographies du musée conçu par Ron Arad en 2010, mais je devais voir de mes propres yeux les rubans d’acier rappelant les œuvres de Richard Serra. J’ai pris un taxi de vingt minutes jusqu’à la banlieue de Holon, guettant depuis la fenêtre les signes d’un drame architectural.
Le Design Museum vient tout juste d’intégrer la Médiathèque de Holon, un pôle culturel qui regroupe bibliothèque publique, théâtre, cinéma et musée israélien de la bande dessinée. Pourtant, la courbe majestueuse signée Arad domine la vaste place, contrastant avec les bâtiments post‑modernes en béton et verre. D’énormes bandes d’acier rouge‑orange enroulent deux galeries cubiques blanches, une rampe extérieure menant au deuxième étage, un café‑boutique, ainsi qu’une terrasse, avant de s’élancer dans une spirale ascendante.
Lors de ma rencontre avec Eyal de Leeuw, responsable des relations extérieures, encore sous l’effet des récentes semaines de la Fashion Week (Zac Posen était venu pour une conférence design, le film de mode Lotus Eaters projeté au cinéma), nous avons flâné dans les galeries puis nous sommes arrêtés dans l’ombre en demi‑lune de la sculpture, témoignant en direct de l’excellence du design.
Nous avons ensuite découvert l’aile flambant neuve du Musée d’art de Tel‑Aviv, une gigantesque forme polyédrique d’un blanc étincelant. Trois étages y sont découpés par escaliers, ascenseurs et panneaux lumineux, créant l’impression d’un kaléidoscope miroir ou d’une vitre brisée. Malgré son envergure, l’architecture met en valeur la collection d’art israélien plutôt que de la dominer : des galeries spacieuses exposent des œuvres de la collection permanente (mouvement Bezalel, glocalisme des années 1990, toiles chargées d’Anselm Kiefer).
Cette immersion architecturale donne vraiment faim. Nous avons donc déjeuné au Heder Ochel, une cafétéria moderne inspirée des repas communautaires des kibboutz. En partageant une crème d’aubergine fumée et des carpaccios, mon compagnon de déjeuner (directeur marketing de David Intercontinental) a suggéré de visiter un pop‑up design qui apparaît toutes les quelques semaines dans un nouvel emplacement (parfois un appartement jardin Bauhaus) avec un thème renouvelé (vie durable, design japonais).
Nous avons trouvé le pop‑up dans une rue résidentielle inattendue. Le hall en pierre s’était transformé en jardin de succulentes, ponctué de sculptures de bois de chauffage et d’une table de cuisine exposant des thés. Les pièces adjacentes présentaient du mobilier et des vêtements de créateurs locaux indépendants. J’ai peut‑être acheté un ou deux objets – à des fins de recherche, bien sûr.
Demain : déambuler dans la vieille ville de Jaffa et le marché d’épices Levinsky.
Lire « Fathom on the Road : Tel‑Aviv, jour 1 et jour 2 ».




