Mexique ! Papillons ! Partout !
MICHOÁCAN, Mexique — Les Américains adorent les road‑trip, mais le Mexique possède un charme qui nous arrête net. Contrairement aux idées reçues, il existe de nombreuses zones sûres. J’ai parcouru le pays à quatre reprises en solitaire sans jamais être arrêté par la police, corrompu par les gardes frontaliers ou menacé par les cartels.
En 2010, le bicentenaire de l’indépendance du Mexique et le centenaire de la Révolution ont attiré les touristes, mais ces célébrations ont été éclipsées par la violence médiatisée. Pour contrer cela, le pays a inauguré dix nouveaux sites archéologiques, lancé la campagne culturelle Ruta 2010 (marquée par des panneaux violets) et, en 2011, Google a enfin intégré le Mexique à Google Maps Directions, simplifiant la conduite.
Si vous cherchez une raison supplémentaire de prendre la route, la voici : on ne comprend pas vraiment la culture mexicaine tant qu’on ne délaisse pas les plages sur‑touristiques et qu’on s’aventure à l’intérieur du pays.
Un des itinéraires les plus mémorables conduit au Santuario de Mariposa el Rosario, à Angangueo, Michoacán, sanctuaire d’hiver des papillons monarques. Le moyen le plus simple est de prendre un vol pour Mexico‑City, louer une voiture et suivre la Mex‑15‑D vers Toluca, puis la Mex‑15 à travers la vallée subtropicale jusqu’aux hautes terres arides. Le trajet passe par des routes de montagne poussiéreuses, des ruines mystérieuses et des monastères isolés, avant d’entrer dans les forêts de pins transvolcaniques parfumées. Arrivez avant midi, moment où l’activité des papillons atteint son pic.
Vous y trouverez plus de 100 millions de monarques, de novembre à mars. Bien que trois sanctuaires existent dans la région, celui d’El Rosario est le plus impressionnant : les pins sont couverts d’une nuée orange, les ailes bourdonnent en un chœur presque audible, et le sol ressemble à un tapis d’automne. Aucun écran ne pourra reproduire cette expérience sensorielle.
Ces sites migratoires n’ont été découverts qu’en 1975 grâce à National Geographic; jusqu’alors, ils n’étaient connus que des Purépucha, les populations indigènes locales.
Le sentier menant aux forêts d’altitude dépasse les 3 000 m. Il faut donc prendre son temps, s’hydrater et, si vous le souhaitez, engager un guide (par ex. Luis Jiménez de Great Tours – rodland26@hotmail.com – +44 3353 2442) ou payer un enfant du coin pour découvrir les chemins secrets. Un jeune garçon a même sauté sur le capot de ma voiture pour me guider contre 50 pesos (≈ 5 $), ce qui m’a permis d’accéder à des sentiers hors des sentiers battus – un vrai bon plan.
La plupart des visiteurs repartent en bus avant le déjeuner, mais le restaurant « Los Arcos » (Plaza de la Constitución 5A, Angangueo) vaut le détour : atole chaud, guacamole servi dans un grand molcajete en pierre, et tamales au poulet.
Après le sanctuaire, continuez deux heures de routes sinueuses vers Pátzcuaro (Mex‑15‑D → Mex‑43‑D). Vous traverserez les ruines purépechas de Tzintzuntzan, perchées sur un plateau surplombant le lac de Pátzcuaro, réputé pour ses artisans (guitares, laques, cuivre). Pour une pause luxe, le Mansion Iturbe (collection Epoque Hotels, chambres à partir de 85 $ / nuit) propose un hébergement historique géré par la même famille depuis 1790.
OÙ LE TROUVER
Santuario de Mariposa el Rosario
Angangueo 61411
Michoacán, Mexique
Los Arcos
Plaza de la Constitución 5A
Angangueo
Michoacán, Mexique
Mansion Iturbe
Portal Morelos 59, Plaza Vasco de Quiroga
Pátzcuaro, Michoacán, Mexique
+52‑434‑342‑0368
mansioniturbe@yahoo.com




