7 questions à Porter Fox (Nowhere Magazine)
Porter Fox est le rédacteur de Nowhere Magazine, un trimestriel reconnu pour ses récits de voyage à la fois poétiques et immersifs. Dans cet entretien, il partage ses aventures littéraires, son approche du magazine et sa liste de lecture actuelle.
Parlez‑nous un peu de vous et de votre parcours avant de créer Nowhere
J’ai longtemps écrit sur le voyage, la littérature, les communautés anarchistes, l’aventure et des sujets similaires. Après des études d’écriture à New York en 2003, je suis devenu pigiste et éditeur, et je travaille sur Nowhere depuis.
Qu’est‑ce qui a déclenché la création du magazine ?
J’en avais assez des textes de voyage formatés comme des listes de choses à faire. Pour moi, le vrai voyage ne se résume pas à un hôtel, un restaurant ou un spa. Un bon récit doit immerger le lecteur dans l’odeur, le son, les habitants, les problèmes, l’histoire et l’actualité d’un lieu.

Une photo tirée d’un article fascinant sur un couvent à Arequipa, au Pérou. Photo : Courtesy of Nowhere Magazine.
Qui écrit pour Nowhere ? Quels types d’histoires publiez‑vous ?
Nous accueillons des romanciers, poètes, musiciens et cinéastes. Ils échappent aux clichés du « voyage 101 » et décrivent simplement ce qu’ils voient, entendent et ressentent. Nous privilégions un style brut, presque journalistique, riche en détails contextuels, sans transitions artificielles. Chaque article est accompagné d’images d’objets trouvés, plus authentiques qu’une photo de plage de sable blanc.
Le magazine mêle histoire, politique et culture. Les auteurs proposent‑ils les thèmes ou bien Nowhere les définit‑il ?
Nous lisons chaque soumission et sélectionnons celles qui correspondent le mieux à l’esprit de Nowhere. Des centaines de dossiers arrivent chaque mois ; c’est un vrai travail, mais on y trouve souvent des pépites et des débuts d’auteurs. Nous ne nous enfermons pas dans un calendrier ou un thème préétabli. Nous publions quatre numéros par an, dès qu’ils sont prêts, sans pression de deadline. Le dernier numéro, avec Dave Eggers et Michel Butor, a nécessité six mois de travail.

Un chef de la yakuza, photographié pour un article récent sur le crime organisé japonais. Photo : Ari Helminem / Nowhere Magazine.
Quel est le meilleur lieu que vous avez « visité » grâce à la littérature ?
Cuba. J’ai suivi la mission d’Ernest Hemingway visant à bombarder les sous‑marins allemands depuis son bateau de pêche pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai travaillé avec le photographe de guerre Antonin Kratochvil, de La Havane jusqu’au Jardin del Rey, où Hemingway a posé la scène finale de son dernier roman, Islands in the Stream.
Quel livre recommandez‑vous aux voyageurs qui découvrent vos destinations favorites ?
- Sibérie : « The Prose of the Trans‑Siberian », poème de Blaise Cendrars, traduit par Ron Padgett.
- Paris : The Banquet Years : The Origins of the Avant‑Garde in France from 1885 to World War I, Roger Shattuck.
- Italie : The Sergeant in the Snow, Mario Rigoni Stern.
Partagez‑vous votre liste de lecture actuelle ?
- DEEP : The Story of Skiing and the Future of Snow – mon livre du moment.
- The Emerald Mile : The Epic Story of the Fastest Ride in History Through the Heart of the Grand Canyon, Kevin Fedarko.
- Chokecherry Places : Essays from the High Plains, Merrill Gilfillan.
- Montaigne’s Travel Journal, Michel de Montaigne.
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