HOME Guide de voyage Voyage de bon sens
img

Aux origines : l'Éthiopie

L'Éthiopie abrite l’une des plus anciennes traditions chrétiennes du monde, dont les origines remontent à l’époque de l’Ancien Testament. Rejoignez le Lonely Planet Traveller pour explorer ses paysages spectaculaires, écouter les récits de prophètes audacieux, gravir les sentiers vertigineux menant aux églises perchées, et vous rapprocher de l’Arche d’alliance plus que n’importe quel Indiana Jones.

Aux origines : l Éthiopie

La légende du père Yemata et son église dans le ciel

Au Ve siècle, le père Yemata quitte l’Égypte, franchit la mer Rouge et le Sahara avant d’atteindre les montagnes du nord de l’Éthiopie. Là, il taille l’Abuna Yemata Guh, l’une des plus anciennes églises chrétiennes, directement dans la roche. « Guh » signifie « aube » dans la langue locale, rappelant son origine immémoriale.
Aujourd’hui, l’église conserve son charme ancestral : les apôtres peints observent la fumée d’encens, la cire des chandelles forme des flaques au sol, et le vent souffle à travers la porte en bois. À l’extérieur, un précipice de 200 m de haut menace quiconque s’aventure hors du rocher. Le père Yemata a clairement embrassé une dévotion extrême.
L’ascension exige des grimpeurs sans corde, des prises de pied et des traversées sur des corniches étroites, avec un vide abyssal qui met à l’épreuve le courage. En gravissant, s’étendent des paysages bibliques : champs ombragés par les nuages et bergers gardant leurs troupeaux près d’anciennes grottes.
Le dernier défi est un mur vertical de six mètres, comparable à l’exploit d’un Spider‑Man débutant. Une fois à l’intérieur, l’adrénaline s’estompe au milieu d’anges qui émergent dans la faible lumière. Selon la légende, Yemata cherchait la solitude face aux pillards ou simplement l’isolement céleste. Curieusement, des enterrements et des baptêmes y sont célébrés depuis des siècles.
Le prêtre Kes Haile Silassie confirme : « En quinze siècles, personne ne serait jamais tombé ».

Aux origines : l Éthiopie

Monastère de Debre Damo et le serpent miracle

Au sommet du monastère de Debre Damo, sous le soleil de midi, l’Abba Tekle Haimanot siffle des prières sous un olivier, chassant les chats errants. En contrebas, la vie quotidienne bat son plein dans les vallées.
Il pointe le précipice : « Je n’ai pas descendu depuis deux ans ; certains moines restent trente ou quarante ans. Ici, nous sommes plus près du ciel. » Résident de longue date, l’Abba Tekle raconte la fondation : l’archange Michel aurait ordonné à un homme saint de bâtir au sommet. Un énorme serpent servait de corde ; aujourd’hui, les moines descendent la falaise de 15 m à l’aide d’une corde en cuir, guidés par les cris de leurs frères au sommet.
« J’ai grimpé à 17 ans avec mon père, » se souvient‑il en souriant. « Terrifié, mais la foi m’a fait grimper comme un singe. » L’église du Xe siècle, la plus ancienne d’Afrique, arbore des motifs de serpents au sein d’une vie monastique autosuffisante.

Aux origines : l Éthiopie

L’Arche d’alliance et la chapelle sacrée d’Aksoum

À Aksoum, Kelemework Gebrehiwot travaille avec fierté dans une salle remplie d’outils : un espace à la fois profane et profondément sacré. « Travailler ici, c’est comme se tenir sur l’échelle du paradis, » rayonne‑t‑il.
Il participe à la construction d’une nouvelle chapelle destinée à abriter le trésor le plus sacré d’Éthiopie : l’Arche d’alliance, censée contenir les tables des Dix Commandements de Moïse, apportées du Mont Sinaï. La tradition biblique lui prête des pouvoirs miraculeux, même si le toit n’est pas étanche — une goutte d’eau a d’ailleurs déclenché ce chantier.
Selon la légende éthiopienne, le roi Ménélik I, fils de Salomon et de la reine de Saba, aurait transporté l’Arche de Jérusalem il y a trois mille ans, la déposant à Aksoum, ancienne capitale parmi les obélisques et les ruines. Les pèlerins prient à l’extérieur ; seule une gardienne vierge à vie peut la voir, préservant ainsi son mystère.
« Je ressens sa présence dans l’air, » confie Kelemework.

Aux origines : l Éthiopie

Le « Jérusalem africain » de Lalibela, ville souterraine

Avant l’aube, Lalibela s’éveille au cri des coqs, aux chants et aux cloches qui résonnent depuis le sol. Des pèlerins en robes blanches émergent des tunnels vers la lumière du jour, rappelant des scènes de films épiques.
La ville la plus sacrée d’Éthiopie rivalise avec Machu Picchu ou Angkor Wat, mais se distingue par son architecture souterraine : onze églises taillées dans le basalte volcanique au XIIᵉ siècle, à la suite d’un rêve divin du roi Lalibre, qui voulut créer un « Jérusalem » africain. Aucun mortier, aucune erreur — seule l’excavation pure.

Aux origines : l Éthiopie

Un labyrinthe souterrain les relie, usé par les pèlerins comme Awetu Getawey, qui a marché quatre jours : « Les difficultés disparaissent dès qu’on entre. »
Bet Maryam, peut‑être la plus ancienne, possède des arches organiques suivant les strates, de l’eau bénite et des fresques. Un pilier enveloppé de tissu renferme l’histoire de Lalibela et une prophétie apocalyptique.
La datation reste débattue — fin du XIIᵉ siècle ou plus tôt—car les couches sédimentaires sont absentes. Pourtant, le rocher même est aussi ancien que la Terre.

Aux origines : l Éthiopie

Notes de voyage
  • Photo du clocher de l église sous le soleil

    Clocher de léglise sous le soleil

  • Intérieur d’une église : les bancs qui bordent l’allée

    Pénétrez dans ce sanctuaire paisible où les rangées de bancs guident le regard vers l’autel, créant une atmosphère de révérence et de communauté. La douce lumière du jour filtre à travers les vitraux, apportant profondeur et une subtile ambiance spirituelle.

  • La fin, mon nouveau départ

    Je crie en voyant quelque chose ou quelqu’un chuter du couloir Abruzzi devant mes yeux. Il fait des culbutes, roule à toute vitesse le long du mur vertical infini. Sa tête monte et descend, sans arrêt. Il atterrit à 40 m de moi, au Camp de Base avancé. Le choc me fige. Le cœur bat la chamade, la respiration est coupée, l’esprit embrouillé. Je ne suis pas lucide. En quelques pas, je me pose mille questions en approchant le corps : Qui est‑ce ? Sera‑t‑il vivant ? Dans quel état le retrouverai‑je ?