Oubliez les Big Five : explorez la faune exceptionnelle de l'Éthiopie
Un road‑trip inoubliable vers le parc national des Monts Bale
Le trajet d’Addis‑Abeba aux Monts Bale est long mais époustouflant : on serpente entre ânes, champs ensoleillés, collines ondulées, hauts plateaux, sentiers de terre rouge et maisons rondes aux couleurs vives (violet, vert, bleu). Le ciel change de teinte, les routes deviennent de plus en plus accidentées, jusqu’à arriver au lodge isolé du Mont Bale.
À quelques pas du lodge, une forêt dense vous attend. En vous frayant un chemin parmi des arbres noueux, des mousses, des fleurs roses en cloche et des lianes enchevêtrées, vous déboucherez sur une clairière immense où, si la chance vous sourit, résident certaines des créatures les plus rares du monde.

La forêt de Harenna, un cloud‑forest unique
Cette clairière se situe au cœur de la forêt de Harenna, le plus grand cloud‑forest d’Éthiopie. Des colobes solennels à la barbe blanche se balancent dans la canopée, surveillant leurs petits et poussant des cris rauques. Ils sont accompagnés de cris le plus bruyants des calaoï à joues argentées, des oros abyssiniens aux chants pétillants, d’étoiles chantantes et de tacazze aux plumes iridescentes. Au sol, les cochons de forêt géants fouillent prudemment, les papillons voltigent, et les broussettes glissent silencieusement à travers les sous-bois – un véritable décor de conte de fées.
Au‑delà du Big Five : les trésors méconnus de l’Éthiopie
Alors que les safaris africains se focalisent souvent sur le « Big Five », l’Éthiopie offre des expériences hors des sentiers battus. Sa géographie particulière, notamment les zones isolées des Monts Bale, abrite de nombreuses espèces endémiques et des observations rares. Voici les points forts à ne pas manquer :
Les singes gelada
Exclusifs aux Monts Simien, les geladas sont les seuls singes herbivores à se nourrir d’herbe. Leur répertoire vocal est le plus varié du règne primate, allant du cri perçant au gargouillement. Vous pourrez également apercevoir le colobe noir‑et‑blanc à la cape neigeuse ou le singe à barbe blanche du Mont Bale.

Les oiseaux
L’Éthiopie figure parmi les meilleurs spots d’ornithologie d’Afrique avec 835 espèces, dont 23 endémiques. Les guides locaux sont recommandés pour repérer les espèces rares, mais même les observateurs occasionnels seront enchantés par les plumages éclatants et les battements d’ailes impressionnants. À surveiller : le cordon‑bleu à joues rouges, la pintade d’Éthiopie, l’oie à ailes bleues, le vautour à barbe dans les Simien, les marabous du lac Awasa et les flamants du lac Shala.

Les hyènes de Harar
La vieille ville fortifiée de Harar attire pour son patrimoine, mais le spectacle incontournable reste le nourrissage des hyènes. Initié pour protéger le bétail, le rituel est devenu un porte‑bonne‑chance : chaque soir, les « hommes‑hyènes » les nourrissent aux murs de la ville, offrant aux visiteurs une rencontre sécurisée avec le deuxième plus grand prédateur d’Afrique.

Le loup d’Éthiopie
Le canidé le plus rare du monde compte moins de 500 individus sauvages, dont 60 % vivent dans les Monts Bale. Ressemblant à un renard roux avec de longues oreilles et de longues pattes, il chasse en solitaire sur le plateau de Sanetti.

Les papillons
Les Monts Bale sont un véritable « utopie endémique » pour les lépidoptères : plus de 22 000 espèces de papillons et de mites aux couleurs vives. Des recherches récentes ont identifié plus de vingt nouvelles espèces, et la production durable de soie à partir de vers locaux montre des perspectives prometteuses.
Le bouquetin walia
En danger critique dans les hauts plateaux du nord, notamment les Simien, le mâle arbore une barbe noire et des cornes courbées d’un mètre, qu’il brandit lors d’affrontements pour le territoire sur les pentes abruptes.





