À quoi ressemble un repas au meilleur restaurant du monde
MENTON, France – Être convié à dîner dans le meilleur restaurant du monde crée de fortes attentes, surtout lorsqu’il s’agit d’une invitation d’American Express Travel. On s’attend naturellement à une cuisine artistique, à un menu d’une quinzaine de plats, et à un accord mets‑vins qui surpasse tout ce que l’on a pu goûter auparavant. D’autres idées, plus désuètes, évoquent un décor doré, des serveurs en smoking blanc, et un menu exclusivement composé de foie gras et de caviar.
Mirazur, le restaurant baigné de soleil perché à la lisière de la Riviera française et sacré meilleur du classement The World’s 50 Best Restaurants de San Pellegrino, a renversé toutes ces attentes – et ce, de la meilleure façon qui soit. Le repas que j’ai partagé avec quelques journalistes, lors d’un événement « By Invitation Only » d’American Express réservé aux titulaires de la carte Platinum, était une véritable bouffée d’air frais.
Cela n’est pas surprenant au vu du talent qui pilote l’établissement. Mauro Colagreco, autoproclamé « chef sans frontières », né en Argentine, d’ascendance italienne, installé et travaillant en France, marié à une Brésilienne, est un fervent briseur de conventions. Il est le premier chef non‑français à obtenir trois étoiles Michelin en France. En plus de Mirazur, il dirige une pizzeria napolitaine, la Pecora Negra, au bord du port de Menton, et prépare l’ouverture prochaine d’une boulangerie spécialisée dans le pain à grains patrimoniaux.
Impressionnant, certes, mais le trait le plus marquant de Colagreco reste sa grande humilité.
Nous avons passé un après‑midi avec lui et son épouse Julia à Tenuta Selvadolce, juste de l’autre côté de la frontière, en Bordighera, Italie. Le domaine, favori de Colagreco, a été repris par Aris Blancardi, ancien vétérinaire sans expérience viticole (il ne boit même pas de vin), qui a transformé la ferme florale mourante de sa famille en un vignoble biodynamique. Autour de la piscine à débordement face à la mer et d’une Fiat vintage, nous avons dégusté des vins naturels, du comté affiné 36 mois, des fromages de chèvre sardoniens et une focaccia achetée chez la femme de Blancardi dans sa boulangerie favorite.
Le temps s’est ralenti, les plaisanteries ont fusé, les bras se sont enlacés – une scène typiquement ligure.
De retour à Mirazur, à quelques centaines de mètres de la frontière, le tableau était tout aussi idyllique. Le restaurant, deux étages d’élégance blanche, bois blond et mobilier minimaliste, offre une vue panoramique sur la Méditerranée. Le cadre s’étend à une terrasse verdoyante où nous avons dégusté un pesto frais et une socca cuite au four – fruits d’un cours de cuisine animé par le chef le soir même – ainsi qu’un jardin potager jouxtant un domaine appartenant à la famille royale belge et la maison du chef, qui fournit une grande partie des produits du menu.
Colagreco s’est installé sur ce terrain privilégié en 2006, alors que le loyer était encore abordable, après avoir travaillé aux côtés de légendes françaises telles qu’Alain Passard et Alain Ducasse. Depuis, il a affiné son style culinaire, nourri par ses racines multiculturelles, le terroir environnant et la liberté de s’affranchir des contraintes de la gastronomie française classique. Chaque assiette de Mirazur est une interprétation unique du paysage maritime et terrestre qui l’entoure. Au quotidien, le chef élabore un nouveau menu selon les produits disponibles, une démarche qui séduit les convives tout en mettant son équipe de cuisine à l’épreuve.
Le soir de notre dîner, les serveurs vêtus de costumes sur‑mesure de la marque argentine de sport Miwok ont servi du champagne avec des pommes de terre mille‑feuille croquantes, des anchois parsemés de bottarga et de câpres, ainsi que des radis sertis de caviar et de fleurs. Le repas a débuté sur une note poétique avec une simple tranche de pain aux grains patrimoniaux accompagnée d’un poème de Pablo Neruda.
Ce qui a suivi était d’une honnêteté désarmante : courgettes du jardin disposées sur des crevettes de San Remo, tartelette de champignons rares, fricassée de fruits de mer au pesto onctueux rappelant un mac‑and‑cheese réinventé, puis un turbot frais nappé de sudachi et d’œufs de truite du Val de Roya. Le dessert était d’une pureté savoureuse : granité de feuille de figue sur une panna cotta à la figue, servi avec une boule de glace au romarin et une tablette de chocolat péruvien, presque veloutée.
Peut‑être parce que nous avions précédemment dîné au somptueux Le Louis XV de Ducasse à Monaco – un repas de haute cuisine française aux trois étoiles Michelin, fastueux et interminable – ou parce que la prochaine étape de notre périple était l’ancien meilleur restaurant du monde, El Celler de Can Roca à Gérone, Espagne, où les plats sont théâtraux mais les ingrédients presque méconnaissables. Quoi qu’il en soit, la simplicité du repas chez Mirazur m’est restée gravée.
Dans cet établissement, chaque ingrédient est identifiable, la notion de cuisine comme expression du milieu atteint son apogée, et l’on quitte la table les pieds légers, impressionné par la capacité du chef à subjuguer sans surcharger les sens. Ce n’est peut‑être pas le terrain de jeu du club foie gras‑caviar, mais pour les amateurs de subtilité, d’ingrédients ultra‑frais et d’une vue imprenable, c’est une escale inoubliable le long de la Côte d’Azur.
Bonne chance pour obtenir une réservation !
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Comment s’y rendre ?
Mirazur se situe à l’extrémité est de Menton, dans le sud‑est de la France. Menton est une ville colorée perchée sur la colline, dotée d’une plage de galets, d’un port de pêche et d’un charme aristocratique. C’est l’un des endroits les plus ensoleillés de France, idéal pour prolonger votre visite. Arrivez à l’aéroport de Nice, puis prenez le bus, le train, un taxi (environ 100 $) ou conduisez jusqu’à la destination.
Où loger ?
J’ai séjourné à l’Hotel Metropole à Monaco, propriété American Express Fine Hotels and Resorts. L’établissement, luxueux à l’excès, propose un hall sombre empli de plantes exotiques, une odeur d’ambre, un spa Givenchy, un restaurant Joël Robuchon et une piscine signée Karl Lagerfeld. Pour un voyage exceptionnel sur la Riviera, c’est une option à considérer (ou le Chèvre d’Or à Èze). Si vous préférez la simplicité, de nombreuses locations Airbnb sont disponibles le long du littoral.
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