Où l'esprit nous conduit
Jamie : Qu’est-ce qui vous a d’abord attiré vers le trail en ultra‑distance ?
Jez : J’ai découvert la course à pied en m’entraînant pour le Marathon de Londres en 2002, mais c’est vraiment la participation à une marche caritative longue distance qui a semé la graine du trail. J’ai rencontré des coureurs qui parcouraient 50 voire 100 miles hors‑route en des temps impressionnants, ce qui m’a ouvert le monde encore méconnu de l’ultra‑trail. Aujourd’hui, le sport a beaucoup évolué.
J’ai adoré l’idée de couvrir de longues distances hors‑route, à pied. J’ai couru ma première course de trail en 2004, une épreuve de 175 miles / six jours à travers les Midlands (départ comme on veut arriver). Depuis, je n’ai jamais regardé en arrière.
Qu’aimez‑vous dans la course et y a‑t‑il des aspects qui vous agacent ?
J’apprécie la simplicité : un pied après l’autre, la liberté de courir où que l’on se trouve, l’opportunité d’explorer des lieux extraordinaires et les bienfaits mentaux d’un esprit clair. Ce qui m’irrite, ce sont les personnes qui n’ont jamais donné une chance à la course et qui proclament qu’elle est mauvaise pour les articulations. Un petit râle, mais je me retiens…
Comment la mentalité d’un ultra‑coureur diffère‑t‑elle de celle d’un marathonien ?
Tous les coureurs partagent des points communs, mais sur les très longues distances, l’expérience prime sur le temps ou la distance. Pour un marathon, on se focalise sur les temps intermédiaires et les records personnels ; en ultra‑trail, le terrain, la topographie et la météo jouent un rôle crucial, reléguant le chronométrage au second plan. Ma priorité absolue est toujours de trouver un beau parcours et d’en profiter.
À quoi ressemble votre programme d’entraînement hebdomadaire ?
Il varie selon la période de l’année et les objectifs. Quand je suis en forme et que tout se passe comme prévu, j’atteins souvent plus de 100 miles (160 km) par semaine, en mélangeant routes et sentiers. J’essaie de reproduire le profil de la course prévue, même si je vis à Dorset et que je prépare, par exemple, un trail en montagne en Écosse ; la créativité est toujours de mise.
Mon plan d’entraînement ressemble à celui d’un marathonien : intervalles, séances de tempo, répétitions en côte et longues sorties. Je m’entraîne avec le club local Bournemouth AC, où les coureurs de route me poussent à me dépasser. Je participe aussi à des courses sur route jusqu’à 20 miles pour travailler la vitesse et éviter de trop ralentir, alors que mes sorties de récupération et mes longues distances se font généralement hors‑route.






