Minuit à New York, rêver de Paris
Une confession d'amoureux de Paris
Paris – Je suis un francophile invétéré. J’ai sauté de joie en apprenant que Ladurée ouvrait une boutique à New York, et j’ai décidé de voir Midnight in Paris rien qu’à partir de la bande‑annonce, avant même de savoir qu’il s’agissait d’un film de Woody Allen. Le trailer montre un couple américain aisé (comme dans la plupart des films d’Allen) dont le fiancé rêveur s’éloigne de sa petite amie séduisante mais insensible. Et, comme à son habitude, la ville elle‑même devient la véritable star. J’aime Paris et je le désire ardemment. C’est l’une des rares villes que je ne veux jamais quitter et où je reviendrais sur le champ. Romance, sophistication et beauté incarnées.
Paris, le personnage principal
Le début du film sent le Woody Allen : typographie serif familière, plans longs sur la capitale. La caméra s’attarde sans relâche sur le Marais, le Moulin Rouge, Montmartre, les terrains de pétanque près des Invalides, le Jardin du Luxembourg, les Tuileries, l’Île Saint‑Louis, la Seine, Saint‑Germain‑des‑Prés, le Louvre… La liste est infinie, tout comme mon émerveillement. Cette introduction généreuse n’est pas seulement une mise en scène ; elle souligne une vérité : on ne se lasse jamais du charme de Paris. "Je n’arrive pas à décider si Paris est plus beau le jour ou le soir", affirme un personnage, et c’est justement ce dilemme qui rend la ville si fascinante.
Un voyage dans le Paris des années folles
Le film raconte l’histoire d’un écrivain (un peu comme moi) qui rêve non seulement de Paris, mais du Paris des années 1920, celui de Gertrude Stein, d’Alice B. Toklas, de Djuna Barnes, d’Ernest Hemingway, de Matisse et de toute la bande bohème qui les entourait. Sans spoiler, le protagoniste remonte le temps et côtoie Cole Porter au piano, Josephine Baker dans une rumb hypnotique, F. Scott et Zelda en pleine soirée arrosée et querelles amoureuses.
Mon propre retour dans le temps
Je me souviens, en flânant dans Montmartre, d’avoir tenté de voir la ville à travers les yeux d’Yves Montand, chantant « la lune est un croissant… ». J’ai découvert le Lapin Agile, ce petit cabaret où Picasso, Modigliani et d’autres génies se réunissaient, immortalisé dans la pièce de Steve Martin Picasso at the Lapin Agile. Le contraste entre la petite bâtisse d’autrefois et les immeubles du XXIᵉ siècle m’a fait imaginer le village que fut alors Montmartre, bien avant qu’il ne devienne un quartier parisien.
Délices contemporains dans le film
Le film ne se cantonne pas au passé. Il montre la salle à manger somptueuse du Meurice, où j’ai moi‑même pris le petit‑déjeuner lors d’un récent séjour, le marché aux puces de la Porte de Clignancourt, et le sac Goyard flambant neuf que Rachel McAdams, la petite amie insensible, glisse dans son coffre. Entre nostalgie et modernité, le film séduit le romantique qui sommeille en chacun de nous, tout comme Paris.
OÙ LE TROUVER
Midnight in Paris : site officiel | IMDB | critique du NYT
Le Meurice – 228 Rue de Rivoli, 75001 Paris – +33 1 44 58 10 10
POUR VOTRE TABLE DE NUIT
Picasso at the Lapin Agile, Steve Martin
A Moveable Feast, Ernest Hemingway
Nightwood, Djuna Barnes
The Autobiography of Alice B. Toklas, Gertrude Stein
Sylvia Beach and the Lost Generation, Noel Riley Fitch




