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Safari de printemps : dure réalité dans la brousse

Jordan Siskind-Weiss, stagiaire d'été chez Fathom, a passé douze jours intenses en safari à travers l'Afrique subsaharienne, à peine dormir, totalement captivée par la nature sauvage. De retour au siège, elle nous a partagé des anecdotes de voyages mêlant adrénaline et paysages intacts.

SÉNÉGAL - UN BREAK INATTENDU

Aux États‑Unis, les étudiants en échange à Cape Town attendent plus les vacances de mi‑semestre que les examens finaux. Notre groupe de vingt jeunes a donc opté pour un spring break hors du commun : pas de crème solaire ni de bikinis, pas de stock de paracétamol pour les lendemains difficiles. Juste un sac d’eau, un sac de couchage et assez de sous‑vêtements pour deux semaines, puis vol vers Johannesburg pour le safari le plus mémorable de ma vie.

ALL ABOARD

À Johannesburg, nous avons été accueillis par Shepherd et Robinson, cuisinier et chauffeur pour les deux semaines à venir. Nous avons embarqué dans un camion de vingt places, équipé de petits casiers à l’arrière et d’un coffre métallique à l’avant où nous avons clandestinement transporté de la viande et d’autres denrées « illicites » à travers les frontières.

Le premier jour, c’était dix heures de route dans le nord de l’Afrique du Sud, sans climatisation. Mon unique tweet avant de perdre le réseau était : « Je bronze dans le bus, il fait comme 115 °F, et le conducteur passe en boucle la bande‑son du Roi Lion ». Heureusement, la suite du voyage s’est nettement améliorée.

UN DÉPART ROCKY

Safari de printemps : dure réalité dans la brousse

Arrivés au premier campement, nous avons reçu un tutoriel à la lampe torche pour monter nos tentes de quatre places. La première tentative a été douloureuse : éclairage sombre, arceaux pointus… plusieurs d’entre nous ont failli se piquer.

Affamés et sales après une journée sur la route, nous avons dîné rapidement puis cherché des douches. Seules des douches extérieures, typiques des campings sud‑africains, étaient disponibles. La nuit était si froide que la plupart ont préféré rester dans leurs sweat‑shirts plutôt que de se dévoiler sous l’eau glacée.

Moi, j’ai persévéré. J’ai pris la douche la plus rapide et désagréable de ma vie, mais cela en valait la peine : le lendemain, j’étais la personne la moins malodorante du bus.

LES CHOSES COMMENCENT À S’AMÉLIORER

Après deux jours de traversée, nous avons franchi la frontière vers le Botswana et atteint notre premier vrai site de safari. Nous avons embarqué dans un camion ouvert et parcouru 90 minutes à travers la brousse. Ce qui m’a le plus frappé, ce sont les huttes à toit de chaume des familles que nous avons croisées, isolées à plusieurs kilomètres de toute civilisation. Leur capacité à vivre uniquement de la terre, même en saison sèche, était impressionnante.

Nous sommes ensuite arrivés aux plaines inondables du Delta de l’Okavango. Un groupe local nous a accueillis et, pendant deux jours, nous a fait glisser le delta à bord de mokoros, de petites embarcations traditionnelles creusées dans des troncs d’arbre. Deux passagers et un guide par bateau, nous glissions comme sur des gondoles vénitiennes – sans chant.

Safari de printemps : dure réalité dans la brousse

Vue à travers les roseaux du delta de l’Okavango.

Le calme était absolu : le bruissement des roseaux, le clapotis de l’eau contre les berges… Aucun mot n’a été prononcé, seulement le souffle du vent et le sentiment d’être enveloppé par l’énergie du delta.

Après une heure de navigation, nous avons amarré sur une rive ombragée, installé le camp, préparé le déjeuner et profité d’un bain dans une petite crique du delta.

DANS LA BROSSE

Le soir, nous nous sommes divisés en cinq groupes. Notre guide, Philip, un homme d’une quarantaine d’années ayant grandi sur le delta, nous a rappelé les dangers potentiels : « Écoutez tout ce que je dis, sinon vous risquez la mort ». Pendant deux heures, nous avons parcouru la brousse pendant qu’il nous enseignait la vie sauvage. Nous avons observé de près girafes, zèbres, éléphants, impalas et gnous, avant de contempler le coucher du soleil sur la savane.

Safari de printemps : dure réalité dans la brousse

Philip, admirant le coucher du soleil sur la savane.

Le dîner était du poulet au curry accompagné de pap, une bouillie de maïs typique d’Afrique australe. Autour du feu, Américains et Batswana ont chanté « Lean on Me », « Three Little Birds » et une chanson mixte Tswana‑anglais dont le refrain était :
Beeyootiful Bootswana
Beeyootiful Bootswana
I shall never forget
Beeyootiful Bootswana
. Cette soirée a offert le plus bel ciel étoilé que j’aie jamais vu.

VERS LA PROCHAINE AVENTURE

Le lendemain, nous avons repris une marche dans la brousse et refait le trajet en mokoro, cette fois‑ci contre le courant, rendant l’expérience moins paisible. Nous avons ensuite embarqué sur des camions ouverts en amont.

Notre prochaine escale : le fleuve Chobe. Pendant trois heures, nous nous sommes sentis comme dans Jurassic Park, observant éléphants, hippopotames, crocodiles et impalas qui broutaient tranquillement. Le coucher du soleil a teinté le ciel de rose et d’orange, invitant chacun à ranger son appareil photo et à simplement savourer l’instant.

Safari de printemps : dure réalité dans la brousse

Selfie sans gêne avec un troupeau d’éléphants.

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Dernier de la file, un éléphant s’écarte du troupeau.

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Coucher de soleil sur le fleuve Chobe.

EN AFRIQUE DU SUD

Nous avons passé trois nuits au Adventure Lodge près des chutes Victoria, au Zimbabwe. J’ai fait du rafting (voir le fiasco sur Fathom), admiré les chutes, marché avec des lions – activité très touristique – et traversé la frontière vers la Zambie pour nager dans le Devil’s Pool.

Devil’s Pool est tout sauf sécurisé, mais j’étais en pleine forme. Le bassin forme une « chaise » au bord des chutes, quelques mètres au-dessus du Zambèze. En saison sèche, on peut s’allonger sur la chaise (avec quelqu’un qui tient les chevilles) et regarder la chute d’en haut.

Arrivé sur l’île Livingstone, proche des chutes, la hauteur, la puissance et le bruit m’ont glacé le sang. J’étais le dernier à entrer, mais j’ai réussi, à la fois terrifié et exalté.

Safari de printemps : dure réalité dans la brousse

Arc‑en‑ciel au-dessus des chutes Victoria.

Safari de printemps : dure réalité dans la brousse

Jordan accrochée à la chaise du Devil’s Pool.

DERNIÈRE ÉTAPE : MATOPOS

Après trois jours de tourbillon à Victoria Falls, nous avons longé Bulawayo, fait un arrêt à Harare, puis atteint le parc national de Matopos au Zimbabwe. Nous espérions apercer des rhinocéros blancs, espèce menacée. Notre guide Ian, né dans le parc, nous a parlé de chaque rhino comme d’un membre de la famille. Après deux heures de conduite, nous avons enfin aperçu le majestueux animal.

Safari de printemps : dure réalité dans la brousse

Guides de safari, déterminés à repérer les rhinos.

Matopos était le dernier grand arrêt. Le trajet final vers Johannesburg a duré une journée entière en voiture. La plupart des guides recommandent l’avion entre les sites, jugeant les déplacements terrestres comme une perte de temps. Je ne suis pas d’accord : même s’ils ne sont pas les plus rapides, les routes offrent une expérience à part entière.

PLUS D’AVENTURES

Travel Fiasco : Overboard on the Zambezi River
Indiana Jane’s Zambia Adventures
Finding My Place on the Food Chain on Safari in Botswana


Notes de voyage
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