Verbier, la vieille ville de ski moderne des Alpes
En hélicoptère au-dessus des Alpes, brunch avec le chef, danse jusqu’à l’aube. Quand elle ne profite pas du meilleur hors-piste du monde, Paula de la Cruz trouve mille activités dans le village de ski valaisan.
VERBIER, Suisse – Verbier, village de ski du canton du Valais, est le lieu de prédilection de l’élite européenne pour les sports d’hiver. Cette bourgade séculaire ne se laisse pas flatter ; elle accueille les visiteurs à condition qu’ils respectent ses codes. Soyez discret, saluez les habitants d’un simple bonjour et évitez de vous exhiber sur les pistes. Malgré la récente manne d’argent (merci aux tours opérateurs britanniques), la culture de Verbier reste un grand égalisateur. Son style sobre attire rois, cheikhs, olympiens et freestylers, le tout entouré de l’un des meilleurs hors-piste du monde.
C’était ma première fois à Verbier et ma deuxième en Europe. Je skie de façon très sporadique, surtout en mode "très". En Argentine, je pratiquais le ski le week‑end à Mendoza, puis j’ai tout arrêté en déménageant à New York.
À Verbier, j’ai débuté sur une piste clairement balisée. Un peu rouillée, mon moniteur Martin Lewis de Performance Verbier m’a orientée vers les pistes faciles de Savoleyres, un vaste domaine de pistes bleues et rouges au nord du village.
« Fais‑le élégant, des virages plus larges », me répétait‑il. En essayant de tracer des courbes fluides, j’ai senti la glisse, comme des vagues de soie. J’ai imaginé voler au‑dessus de la vallée, des chalets en bois et des glaciers lointains, tout en arrêtant à chaque occasion pour photographier, au grand dam des autres skieurs.
Dans les Rocheuses, la montagne est derrière vous, la vallée en dessous. À Verbier, montagnes et vallées vous entourent, formant une cuvette rappelant une cathédrale gothique. La matinée s’est écoulée rapidement, j’ai même eu mon premier « wipeout », et il était déjà midi.

Paula et James prennent leur envol.

Les Alpes vues du hélicoptère.
Mon mari James (également correspondant Fathom) et des amis nous ont rejoints au héliport de Le Châble pour un tour des sommets enneigés, jusqu’au Cervin et au Mont Blanc. Le fait que le Rhône prenne sa source ici est une source de fierté pour les Suisses‑francophones.
Nous avons conclu le vol par une courte randonnée jusqu’au restaurant Le Dahu au sommet de La Chaux, très fréquenté pour le déjeuner. James a commandé un « snack léger » : escargots à la beurre et bière blanche. Après le repas, nous sommes redescendus en ski et avons dégusté un vin chaud au bar W Off‑Piste.

En cuisine avec le chef Sergi Arola.

« Cuisinons ensemble ! »
Dans ce village où les granges en bois, marquées par des générations de vaches, sont des biens précieux, W Verbier se démarque. Ouvert en décembre, il conserve les façades en bois et la fondue, mais ajoute du laqué rouge, une cuisine de tapas catalane signée Sergi Arola, et le night‑club Carve aux sons des années 90.
Un jour, Sergi m’a invitée à cuisiner à Eat Hola, son restaurant décontracté avec un bar en marbre de 24 m. Nous avons commencé par un martini « Before It Gets Serious » agrémenté de Tabasco et d’un piment. En préparant le foie gras sur une pâte feuilletée, il m’a demandé d’ajouter du sucre, du vinaigre balsamique et de le flamber.
« Plus de sucre ! Plus de feu ! », s’exclame‑il. « Je veux m’amuser en cuisine, jamais être un chef ennuyeux ! »
Un ami a demandé son riz au homard signature ; il a immédiatement rétorqué : « Faisons‑le ensemble ! ». En faisant revenir oignons et paprika, nous avons dégusté ceviche, crème d’avocat, patatas bravas et crevettes en croûte de sel.

Après avoir cuisiné tout le menu, nous avons brûlé les calories en faisant la tournée des clubs. D’abord Farm Club, le lieu le plus exclusif de Verbier, fréquenté par une clientèle russe et des jeunes en jeans. Un local m’a expliqué que les oligarques passent leurs week‑ends à Verbier, d’où la popularité du club.
Après plusieurs gin‑tonics et de nombreuses reprises de Missing d’Everything But The Girl, nous avons filé vers Farinet, un lounge où locaux et skieurs jeunes se retrouvent autour d’un feu. La soirée s’est terminée à Carve, sous une lumière disco et un toast de champagne. Mon lit se trouvait à deux pas.

Le M52 de Verbier.
Le lendemain, le meilleur remède contre la gueule de bois était la glisse. Dès l’aube, je rejoins Martin à la pointe de Fontanet, un carrefour de remontées surnommé « le M25 » par les Britanniques (en référence à la boucle autoroutière autour de Londres).
Nous avons passé la journée à perfectionner technique et style. J’ai tenté des pistes noires, rappelant Lindsey Vonn, avant de réaliser que je n’étais pas à son niveau. J’ai laissé les pensées négatives de côté, senti les arêtes décoller sur différentes textures de neige, évitant les zones mouillées sous le soleil.

Martin m’a félicité à plusieurs reprises : « Très bon », « Bien joué ». Je l’ai remercié pour sa patience.
Lors des remontées, il m’a parlé de son arrivée d’Angleterre il y a quelques années, de ses projets de rénovation de granges en lodges de charme. L’été, il peint les façades, comme celle de La Ruinette, café‑appartement au Châble. Un conseiller municipal a suggéré une couleur qui a finalement été retenue, ainsi que des recommandations de toiture.
Malgré les prix élevés, Martin prévoit d’acheter et de rénover sa propre grange cette année. Il apprécie la qualité de vie suisse et la fierté des habitants pour leurs traditions. Quand il n’enseigne pas, il explore les hors‑piste et les sentiers de randonnée estivaux.


L’entrée féerique de La Marlenaz.
À ma dernière descente, les sommets scintillaient autour de moi. Jamais je n’avais skié dans un décor aussi varié. Mais le ski n’est qu’une partie de l’expérience : la communauté locale et les expatriés créent une ambiance vibrante. Pour mon dernier soir, j’ai cédé au cliché culinaire et commandé une fondue aux truffes noires à La Marlenaz, restaurant en bois accessible uniquement à pied ou en motoneige. Un adieu parfait à Verbier.
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COMMENT S’Y RENDRE
L’aéroport le plus proche est Genève (GVA). De là, vous pouvez louer une voiture ou prendre le train jusqu’à Le Châble, puis le téléphérique jusqu’à Verbier. Le village décourage fortement l’arrivée en voiture individuelle ; les parkings sont rares et dissimulés dans la montagne. Le mieux : arriver en hélicoptère.

Entrée du W Verbier. Photos fournies par W Verbier.

Le Living Room au W Verbier.

La terrasse du Living Room.
OÙ LOGER
W Verbier est le plus récent établissement de la station, avec 123 chambres, dont une suite « Extreme WOW » avec DJ privé.
Si Verbier est trop onéreux, le village voisin de Le Châble, à quelques minutes en téléphérique, propose de nombreuses options économiques.
OÙ MANGER
Arola Restaurant et Eat Hola, tous deux au W Verbier et signés Sergi Arola, offrent une cuisine de tapas « pica‑pica » rafraîchissante.
Le Dahu est l’option idéale sur les pistes : salades, pizzas, escargots, tout est délicieux.
Milk Bar, situé au-dessus d’une fromagerie, propose crêpes sucrées et salées, parfaites lors d’une tempête de neige.
La Marlenaz est le restaurant le plus charmant de Verbier ; fondues aux truffes et canard y sont incontournables.

Entrée de Carve. Photo : W Verbier.
LA VIE NOCTURNE
Tout le monde finit par passer par Farinet, mais ne manquez pas Farm Club et Carve pour varier les plaisirs.
SÉCURITÉ
Selon la BBC, 24 personnes sont mortes dans des avalanches depuis Noël 2013 en France et en Suisse. Si vous envisagez le hors‑piste, équipez‑vous d’un gilet air et restez sur les itinéraires balisés.
COURS & LOCATION
La rue principale de Verbier regorge de magasins de ski et d’écoles. Mes favoris sont Mountain Air pour la location et Performance Verbier pour les leçons personnalisées.
INFORMATIONS PRATIQUES
Le site officiel du tourisme de Verbier est une ressource précieuse pour les événements, hébergements, boutiques et services.
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