Des Lolitas aux grues en papier : Tokyo en un clin d'œil
Meghana Gandhi est plus qu'un peu obsédée par les expériences de retail à l'échelle mondiale. Inutile de dire que Tokyo a été pour elle un véritable petit coin de paradis.
TOKYO, Japon – Je dis souvent que Tokyo ressemble à Times Square sous amphétamines, mais cela ne capture qu'une fraction de ce que la ville représente. Son énergie est inégalée, son architecture résolument moderne, son style résolument éclectique. Les contrastes — entre tradition et subversion, entre agitation et quiétude — pullulent. Les habitants sont d'une aide extravagante. Le côté décalé est charmant (où d'autre les bâtiments sont numérotés selon l’ordre historique de leur construction ?).
Je ne fais pas de sport en vacances, mais j’ai fini par courir partout à Tokyo parce que je suis une chasseuse de tendances de type A+. Le nombre de découvertes curieuses, avant-gardistes ou simplement mystérieuses est infini. Voici un de mes bonbons visuels préférés.
Magasins de grands magasins
Laforet (1‑11‑6 Jingūmae, Shibuya‑ku ; +81‑3‑3475‑0411) à Harajuku propose plusieurs étages de boutiques‑in‑shop époustouflantes, allant du style éthéré au skateboard, en passant par l’Americana. Bonus : une glace au rez‑de‑chaussée et un musée impressionnant au dernier étage. Isetan (3‑14‑1 Shinjuku, Shinjuku‑ku ; +81‑3‑3352‑1111) à Shinjuku possède un vaste food‑hall souterrain élégant et un jardin‑toit impeccablement aménagé pour manger ou simplement se détendre.
Kitsch à la minute
« Ce n’est pas, euh, un hôtel comme ça », a bafouillé le concierge perplexe du Park Hyatt quand nous lui avons demandé l’itinéraire vers Love Hotel Hill, un ensemble d’hôtels thématisés et légèrement délabrés au sommet de Dōgenzaka à Shibuya. Comme le suggèrent leurs noms, les inspirations design incluent « Caribbean » et « Dixy ». Conçus pour des séjours ultra‑courts, ces établissements offrent peu d’équipements (certains n’ont même pas de réception) mais un maximum de kitsch.
Les filles Lolita
Harajuku regorge de fashion‑risk‑takers, ce qui rend ses rues un véritable laboratoire pour les aspirants sartorialistes. Le dimanche après‑midi, vous croiserez les icônes des sous‑cultures tokyoïtes — les Lolitas, les Goth‑Lolitas et les cosplayeuses — rassemblées sur le pont Jingū‑bashi, entre la rue commerçante Omote‑sandō et le sanctuaire Meiji‑jingu. Inspiré ? Descendez dans l’un des magasins du premier étage de Takeshita‑dōri, l’artère principale d’Harajuku, pour reproduire ces looks.
Grues en papier
À l’extérieur des sanctuaires shintoïstes, on aperçoit souvent des piles épaisses d’ema, petites plaques en bois où les visiteurs inscrivent leurs vœux, ainsi que des omikuji, fortunes tirées au hasard. Le petit sanctuaire Chingodō‑ji (2‑3‑1 Asakusa, Taitō‑ku), dédié aux tanuki (les chiens viverrins du folklore japonais), expose de magnifiques rangées de grues en papier aux couleurs arc‑en‑ciel. En discutant avec l’attendant adorable, il a même plié une grue rose pour moi.
Cardigans et gâteaux
Les vêtements de Chez Comme Ça (3‑26‑6 Shinjuku, Shinjuku‑ku ; +81‑3‑5367‑5551) à Shinjuku sont plutôt ordinaires, similaires à ceux d’un Express plus punk. En revanche, le café du dernier étage propose une magnifique sélection de gâteaux nappés de fruits et de crème aux teintes vives et saturées.
Arcades et maid cafés
À Akihabara, la « Electric Town », les rues sont bordées de boutiques recouvertes d’affiches du sol au plafond pour des produits électroniques à prix réduit, de mégaphones incitant les passants à profiter des promotions, de magasins d’anime porn, d’arcades de jeux frénétiques, et de femmes en tenue de maid distribuant des flyers pour les fameux « maid cafés ». (Cela a du sens : les gamers n’ont jamais eu beaucoup de succès avec les femmes, alors pourquoi ne pas créer un environnement bienveillant où ils peuvent perfectionner leurs techniques de drague ?) Dans ces cafés (entièrement G‑rated), les clients sont appelés « maîtres » et servis par les maid. En plus d’un cappuccino décoré d’un cœur de lait, ils peuvent discuter en tête‑à‑tête ou jouer à des jeux simples comme le Uno.
Architecture commerciale du nouveau siècle
Dominée par la tour en nid d’abeille du Prada de Herzog & de Meuron, Aoyama (la sœur aînée plus moderne et plus edgy d’Harajuku) arbore des rues parsemées de boutiques futuristes comme A Bathing Ape (5‑5‑8 1F Minami‑Aoyama, Minato‑ku ; +81‑3‑3407‑2145), un temple du sneaker miroir.
Sculptures dans le ciel
À une courte distance en shinkansen ou en bus de Tokyo, le musée en plein air de Hakone, perché sur les collines verdoyantes, expose plus de 100 sculptures modernes disséminées sur 70 000 m², offrant une incroyable symbiose entre art et nature. Le pavillon Picasso, quant à lui, présente plus de 300 œuvres de l’artiste, principalement de la céramique.
CARTE
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