Villages perchés et vues sur la vallée à Montefalco, un véritable bijou
Les co‑fondateurs de Fathom, Pavia Rosati et Jeralyn Gerba, séjournent un temps en Italie centrale. Ils sont allés à Montefalco pour déguster du vin.
MONTEFALCO, Italie – La Toscane attire souvent les projecteurs, mais l’Italie regorge de villages perchés charmants, du sommet de la botte (Valle d’Aoste) jusqu’au talon (Pouilles). Comme vous avez pu le voir sur Instagram, Jeralyn et moi vivons un mois dans la pittoresque ville umbraise de Spoleto. L’Ombrie, juste au sud de la Toscane, ressemble tant à sa voisine qu’on aurait du mal à les différencier. (Ne le dites ni à un Umbriens ni à un Toscan : ils vous en voudront !)
L’autre jour, nous avons conduit trente minutes au nord jusqu’à Montefalco, un autre village perché, à deux pas de la route de Trevi. Voici ce que nous avons découvert.

LA RÉPUTATION
Nous avons franchi les anciennes murailles et garé la voiture près d’une aire de jeux. Montefalco possède l’église‑musée de San Francesco, riche en fresques, mais c’est surtout le Sagrantino, vin rouge issu du cépage autochtone, qui attire aujourd’hui les visiteurs. Autrefois réservé aux vins doux, le Sagrantino a été réinventé ces dernières décennies grâce à Marco Caprai de la cave Armando Caprai, qui a collaboré avec l’Université de Milan pour exploiter tout son potentiel. Le résultat : un vin puissant, profond et tannique, aux subtiles notes de tabac.
Le cœur du village s’articule autour de la Piazza del Comune, une place circulaire au sommet de la colline. D’un côté se trouve la mairie (comune) et de l’autre la petite chapelle Santa Maria di Piazza, qui abrite des reproductions d’œuvres religieuses locales.
L’HÔTEL
Juste à côté de la mairie se dresse le Palazzo Bontadosi, un boutique‑hotel élégant de dix chambres. Le lobby expose des œuvres d’art contemporain, dont des portraits flamands revisités et une sculpture complexe de Javier Marìn. Au sous‑sol, un spa propose une baignoire plongeante aménagée dans l’ancienne citerne du bâtiment – une évolution du stockage d’eau de pluie du XVe siècle aux soins du XXIe.
VIN ROUGE POUR LE DÉJEUNER
Le plat typique de la région est le filetto al sagrantino, filet de viande nappé d’une sauce au Sagrantino. Le restaurant Coccorone se dispute la première place du concours local. En entrant, on remarque immédiatement le grill à bois et la planche de découpe couverte de jus de viande – une scène qui ne dérange pas les amateurs de gastronomie.
Nous avons commencé par des antipasti variés : prosciutto tranché à la main, pain au fromage, bruschetta aux herbes, parmigiana d’aubergines, puis des cappelletti in brodo et un plat de farro aux pois chiches suffisant pour vingt personnes. Le steak de Chianina, la race bovine typique du centre‑Italie, était servi saignant, comme il se doit. La sauce au vin était si épaisse qu’elle rappelait un gâteau au chocolat sans farine. Nous avons accompagné le tout d’un Fattoria di Milziade Antano 2010, puis d’un deuxième verre. En dessert, un cresconda, bien que les desserts italiens, à part les figues fraîches, ne justifient pas toujours les calories.

LA COURSE DES VACHES
En septembre, nous avons découvert la Fuga del Bove (la fuite de la vache), un festival sans ironie, mêlant drapeaux de quartier, costumes de la Renaissance, hommes en jupe, spectacles et fanfares. Bien loin de la course des taureaux de Pampelune, c’est une course de vaches où l’on ne s’attend pas à une pause café : « Elles s’arrêtent juste pour ça », me répond Paolo.
L’ÉGLISE
Le Museo Civico di San Francesco expose une série de fresques de Benozzo Gozzoli retraçant la vie de Saint François, né dans ces contrées. Les étages supérieurs abritent des peintures religieuses, tandis que le sous‑sol expose les ustensiles monastiques utilisés pour la vinification. J’ai été la dernière du groupe à partir, occupée à prendre des centaines de photos.
LES PRODUITS
Passionnée de textiles de table, je me suis rendue chez Tessitura Pardi, boutique de tissus située en face de l’église. J’ai failli tout acheter, y compris un sac en cuir rouge à surpiqûres blanches, même si je n’en avais aucune utilité.
LE VIGNOBLE
La plupart des caves sont peu impressionnantes, sauf lorsqu’on profite d’un dîner aux chandelles dans une cantina ou d’une visite approfondie. Nous avons tout de même fait un tour à la cave Arnaldo‑Caprai. Après une dégustation humoristique d’un blanc – territoire pourtant rouge – le clou fut la Cuvée Secrète, un vin italien au nom français. La sommelière, surprise, ne connaissait même pas les cépages composant le mélange. Malgré mon état légèrement éméché, j’ai remarqué sur le tableau mural la liste complète des variétés cultivées. Cette cave a d’ailleurs été nommée « Vignoble européen de l’année 2012 » par Wine Enthusiast.
Caprai, en plus d’être vigneron, possède une maison de textiles qui a popularisé les bracelets macramé multicolores « Cruciani », vendus dans la boutique, dont certains sont inspirés du Sagrantino.
Et c’est tout ! Mais c’était largement suffisant.




