Randonnée sur le Sentier du Cercle Arctique du Groenland – Partie 3
Pingu, Groenland
Je retire mes vêtements et imperméabilise mon équipement en vue de la traversée du fleuve la plus profonde et la plus dangereuse du Sentier du Cercle Arctique. Il est temps de se mouiller !
SÉRIE SENTIER DU CERCLE ARCTIQUE
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JOUR 7 : Ikkattooq à Eqalugaarniarfik (et au-delà)
Distance de randonnée : 19 km (12 miles) | 8 heures
Avant d’aborder la traversée du fleuve, je souhaite d’abord raconter l’histoire d’un couple danois inspirant que j’ai rencontré au chalet d’Ikkattooq. Nous avons passé des heures à discuter alors qu’une tempête faisait rage à l’extérieur.
Fleming et Ellen ont parcouru le Sentier du Cercle Arctique à six reprises.
Tous deux dans la soixantaine, ils ont également traversé le vaste plateau glaciaire du Groenland lors d’une expédition d’un mois, tirant des traîneaux chargés de vivres et de matériel. Ils ont marché jusqu’au camp de base de l’Everest, ont atteint le Mont Blanc – le plus haut sommet d’Europe – et n’ont commencé l’aventure sérieuse qu’à la quarantaine.
La preuve qu’il n’est jamais trop tard pour relever de nouveaux défis.
Le défi des moustiques du Groenland
La matinée suivante, nous nous sommes séparés. J’ai escaladé une crête escarpée dans l’air frais de montagne à 38 °F (3 °C), puis je suis descendu dans une vaste vallée où les premiers moustiques m’ont attaqué.
Le Groenland fait face à un problème majeur de moustiques.
Ils se reproduisent dans d’innombrables lacs et étangs, se nourrissant principalement de rennes. En raison du changement climatique, les éclosions ont lieu chaque année un peu plus tôt, selon les observations scientifiques.
En juin ou juillet, d’immenses nuées de moustiques envahissent le Sentier du Cercle Arctique – un filet anti‑moustiques est indispensable. À la mi‑août, les nuits plus froides font diminuer leur nombre, bien que je rencontre encore des essaims dans les zones marécageuses. Ces nuisibles sont implacables !
Le gué du fleuve glacé
La vallée est dominée par l’Ole’s Lakseelv, appelée localement Itinneq – le fleuve le plus large et le plus profond du sentier. On peut le traverser à gué ou faire le détour vers un pont en bois à proximité.
Au début du printemps ou après de fortes pluies, la profondeur peut atteindre la poitrine. À la mi‑août, attendez‑vous à des eaux atteignant les genoux voire les cuisses.
Après la pluie de la nuit précédente, l’incertitude était grande ; j’ai donc retiré mes vêtements pour plus de sécurité, doublé mon sac à dos avec des sacs poubelle robustes pour l’imperméabiliser, puis j’ai avancé. Alimentée par le dôme glaciaire du Groenland, l’eau était glaciale.
En m’appuyant sur mes bâtons de marche pour l’équilibre, j’ai traversé lentement. L’eau m’a atteint jusqu’aux cuisses. Une fois de l’autre côté, je me suis séché, reconditionné mon sac, et repris la route.
Se reconnecter à la nature
Après le fleuve, le sentier grimpe des montagnes rocheuses jusqu’au refuge d’Eqalugaarniarfik. J’ai aperçu mon sixième renne en train de paître et me suis arrêté pour l’observer.
Toutes les 1 à 2 heures, une pause sur l’herbe sans chaussures revigore les randonneurs de longue distance. Après une semaine sans connexion – aucun e‑mail, blog ou réseaux sociaux – le monde numérique semblait lointain. En tant que blogueur professionnel, j’apprécie ce reset en pleine nature.
Contournant le refuge, j’ai suivi une ancienne piste de motoneige bordée d’herbes à coton battues par le vent, jetant un dernier regard à la cabane rouge qui s’éloignait.
JOUR 8 : Eqalugaarniarfik à Innajuattoq (et au-delà)
Distance de randonnée : 19 km (12 miles) | 7 heures
Des conditions venteuses ont conduit à un campement abrité au milieu des collines, où j’ai installé ma tente Hyperlite Mountain Gear Echo II près d’un étang. Des lièvres arctiques d’un blanc neige observaient depuis les rochers alentours.
Les moustiques m’ont réveillé ; après un petit‑déjeuner de baies sauvages et de champignons, j’ai repris le sentier à 9 h.
Le tracé traverse une région montagneuse parsemée de lacs et de poches de neige permanente, rappelant les forces glaciaires ancestrales.
Au premier refuge d’Innajuattoq, je me suis reposé au cœur du massif accidenté de Taseeqqap Saqqaa. Au deuxième, plus grand, j’ai retrouvé Fleming et Ellen, qui m’ont indiqué le prochain gué. Ils sont restés, je suis parti.
Rencontre avec une famille de rennes
Tout à coup, deux rennes sont apparus à 45 m à gauche, bientôt rejoints par trois autres, dont un veau. J’ai discrètement posé mon sac orange et rampé en côte pour prendre des photos.
La plus proche observation à ce jour – des clichés époustouflants obtenus.
Un changement de vent a trahi mon odeur de semaine sans douche ; le mâle a grondé un avertissement, dispersant la famille.
Le printemps et l’été font éclore les fleurs de la toundra arctique en violet, bleu, rouge, rose et jaune – ma préférée étant une fleur rouge fantaisiste rappelant Dr Seuss. Le sentier traverse même une « forêt » de saules nains de 1,8 à 2,1 m.
Incendie de camp contrarié
Des nuages gris et un vent croissant ont imposé une recherche précipitée d’un emplacement de campement. Un terrain plat a fonctionné, bien que exposé ; les rochers environnants formaient un pare‑vent.
L’herbe à coton et les brindilles n’ont pas résisté aux rafales. Intervention du plaid de survie d’urgence.
J’en emporte toujours un solide pour les treks de plusieurs jours. Étendu sur mon sac de couchage, il a retenu la chaleur sous l’abri de bâche.
Une nuit froide a passé, peuplée de rêves de steak de bœuf musqué à Sisimiut. Le brouillard a accueilli l’aube. En avant ! ★
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