Varkala : les « Bénarès » du Sud en déclin
En parcourant Varkala, dans le Kerala, j’ai rapidement constaté que le tourisme de masse menace les traditions locales. Les rites religieux et l’artisanat sont transformés en produits touristiques, perdant ainsi leur authenticité.
Lorsque une destination devient une marchandise, elle finit par perdre son identité et ne propose plus que des expériences scénarisées, loin de la réalité culturelle.
C’est l’un des effets les plus visibles du surtourisme, qu’il faut absolument freiner avant qu’il ne soit trop tard.
Varkala, Kerala
J’ai découvert ce petit village paisible pour la première fois en 2016, lors d’un mois de voyage à travers le Kerala, après quelques jours dans les backwaters d’Alleppey.
Varkala séduit par sa plage magnifique et son ambiance détendue, mais surtout par son riche patrimoine culturel et religieux. Malheureusement, cet héritage s’éteint peu à peu.
Il y a moins de vingt ans, les rives étaient envahies de sadhus chantant mantras et prières. Aujourd’hui, Varkala ressemble davantage à une station balnéaire ordinaire, fréquentée surtout par des touristes occidentaux en quête de bronzage.


Depuis le XIIᵉ siècle, Varkala est un lieu de pèlerinage majeur, comparable au Char Dham dans l’Himalaya. Le temple Janardhana, vieux de deux mille ans, domine les falaises surplombant la mer, tandis que la plage de Papanasam, aujourd’hui appelée Varkala Beach, était autrefois réputée pour ses eaux sacrées purifiant corps, esprit et âme.
« Ce n’est plus ce que c’était il y a quelques décennies », m’a confié Madhu, propriétaire du restaurant Sunset (ouvert depuis 1994). Il a vu la ville passer d’un havre spirituel à un oasis hippie, puis à une destination touristique standard.

Madhu explique que Varkala, autrefois surnommée le « Bénarès du Sud », s’adapte désormais aux exigences d’un tourisme superficiel. Son restaurant a même été modernisé pour suivre la tendance.


Autrefois lieu de recueillement, la ville était alors remplie de pèlerins et de sadhus. Aujourd’hui, du cliff nord au cliff sud, on ne rencontre que des touristes en tenues légères exhibant leur bronzage, ce qui dilue la valeur culturelle du site.
Il reste toutefois des fidèles qui viennent accomplir le Shraddha, rite hindou libérant l’âme des défunts du cycle des réincarnations. La plage de Papanasam est considérée comme l’endroit idéal pour ce rituel, grâce à sa source d’eau sacrée réputée purifier le corps et l’âme.
Malgré la prospérité économique apportée par le tourisme, la cupidité d’une minorité et le manque de régulation menacent progressivement le caractère authentique de Varkala.
Passons maintenant aux aspects pratiques : comment s’y rendre, que voir et quand partir.
Sites incontournables à Varkala
Voici une sélection des lieux à ne pas manquer, classés par thème.
- Plage d’Odayam – idéale pour les familles
- Balimandapam – très fréquentée par les touristes indiens
- Fort d’Anchuthengu (Anjengo) – pour les amateurs d’histoire
- Plage de Varkala – très prisée des visiteurs occidentaux
- Mutt de Sivagiri – lieu de méditation et de détox mentale
- Plage de Kappil – un peu plus isolée
- Aquarium de Varkala – simple mais agréable
- Temple Janardana Swami – incontournable
- Falaises de Varkala – parfaites pour la baignade, très fréquentées
- Phare – cadre privilégié pour les photographes
- Temple Vishnu – autre site sacré
- Tunnel – activités nautiques
- Masjid Kaduvayil Juma – architecture remarquable
- Lac Kappil – superbe coucher de soleil
- Plage Edava Vettakkada – autre spot de coucher de soleil
- Église Saint Sébastien à Moongode – témoigne de la diversité religieuse
- Temple Janardhanaswamy – l’un des plus anciens de la ville
Ces lieux sont gratuits et offrent un bon aperçu de la richesse de Varkala. Pour plus de détails, une recherche rapide sur Internet suffit.
Meilleur moment pour visiter Varkala
Le climat du Kerala est tropical, chaud et humide toute l’année. Les mois de décembre, janvier et février offrent les conditions les plus agréables. Cependant, c’est aussi la haute saison touristique, ce qui rend les hébergements plus chers.
Si vous cherchez à économiser, la saison des moussons (juin‑septembre) permet de profiter de tarifs plus bas et d’une végétation luxuriante, même si les pluies sont fréquentes.
Comment s’y rendre
En avion : L’aéroport le plus proche est Trivandrum (Thiruvananthapuram), à moins de 50 km. Les vols intérieurs coûtent entre 3 000 et 7 000 ₹ selon la période.
De Trivandrum à Varkala, le trajet en bus ou en taxi dure moins d’une heure.
En train : La gare de Varkala Sivagiri (code VAK) dessert de nombreuses liaisons nationales. Les trains en provenance de Trivandrum ou de grandes villes du Nord s’y arrêtent régulièrement.
Pour les trajets courts depuis Trivandrum ou Kochi, le bus régional est souvent plus pratique que le train.




