Le jour où nous sommes devenus alpinistes… enfin, à notre façon
Rencontre avec le guide
Après avoir débattu sur le choix des chaussures de randonnée pour ce qui devait être une simple promenade jusqu’à une lagune, Dani et moi avons retrouvé notre guide, Walter, devant l’auberge Entre Piedras à Alegría, au Salvador. Ce jeune homme énergique, les mains encore occupées à affûter sa machette, nous a accueillis chaleureusement avec des poignées de main et des bavardages amicaux, malgré l’outil imposant qu’il tenait.

Nous étions impatients de partir en excursion, organisée par Roberto, le propriétaire accueillant de l’auberge située dans le charmant village de montagne d’Alegría. Après des journées peu inspirantes sur la Costa del Sol salvadorienne, nous avions découvert ce joyau, décrit dans notre guide comme l’un des plus beaux sites du pays, avec le volcan Alegría et son lac de cratère à seulement 2 km du village.
Le programme de la randonnée
Le matin du départ, lors du petit‑déjeuner, Roberto nous a décrit le sentier qui traverse les plantations de café verdoyantes, grimpe le crête du volcan jusqu’à la lagune d’Alegría. Il promettait des panoramas époustouflants sur les volcans voisins, les montagnes et l’océan Pacifique au loin, avant de redescendre vers le lac sulfureux aux sources chaudes. Après des journées de farniente à la plage, l’idée d’une « randonnée » nous a immédiatement séduit.
À 8 h, en compagnie de Walter et de Roberto (qui a décidé de se joindre à nous à la dernière minute), nous nous sommes demandé si nous n’allions pas trop loin dans la nature salvadorienne avec deux hommes armés de leurs lames – Roberto assurait que son couteau tranchant servirait à cueillir les fruits du sentier. Confiant dans notre instinct et le sourire contagieux de Walter, nous avons quitté le village en direction de la base du volcan.

Montée à travers les plantations de café
L’ascension a commencé par une montée raide de 45 minutes à travers les champs de café, où les discussions animées sur l’industrie cafonnière salvadorienne se mêlaient à nos respirations haletantes. Au sommet de la crête, la vue était à couper le souffle ; Walter a tracé notre itinéraire autour du bord du cratère jusqu’au lac. En observant le lac vert sulfureux en contrebas, le chemin nous semblait tout à fait franchissable.

Poste de garde et sentier oublié
Après vingt minutes sur un sentier bien tracé, nous sommes arrivés à un poste de garde perché. Des soldats, en sous‑vêtements et se brossant les dents, surveillaient à peine le terrain ; le béton criblé de balles rappelait la guerre civile (1979‑1992).

Au-delà, le sentier avait disparu sous la végétation luxuriante de la saison des pluies – nous étions les premiers à le fouler. Walter a dégagé un passage à la machette ; plus tard, nous avons appris que la zone abrite scorpions, serpents et autres petites bêtes.

Escalade improvisée
Le sol solide a laissé place à d’immenses rochers, nous obligeant à escalader comme de véritables alpinistes (ou héros de jeux vidéo). Nos chaussures de randonnée se sont avérées judicieuses. Ce qui avait commencé comme une simple marche s’est transformé en véritable ascension, Walter nous guidant main dans la main tout en taillant la végétation.

Arrivée au lac et retour
Après cinq heures d’effort intense et une descente glissante sur du gravier, nous avons savouré l’air sulfureux du lac en dégustant des bananes lors d’une pause bien méritée. Le retour s’est fait à travers une plantation de café privée, où nous avons croisé des ouvriers récoltant les grains et des enfants partageant des noix concassées. Cette journée de « randonnée‑alpinisme » imprévue a été plus que gratifiante.

Vous prévoyez de séjourner à l’auberge Entre Piedras à Alegría ? Lisez notre avis complet ici ! Même pour une excursion d’une journée, arrêtez‑vous pour déguster le café local. Passez le bonjour à Walter de notre part !




