Mon bref coup de cœur pour Tel Aviv
Ma liaison avec Tel Aviv fut brève mais intense, telle une romance d’été parfaite, chaque instant savouré en sachant qu’il toucherait bientôt à sa fin.
À mon arrivée, je ne pensais pas repartir le cœur lourd. Je tombe rapidement sous le charme de villes visuellement époustouflantes comme Antigua, Paris ou Buenos Aires. D’autres, comme Berlin ou Bangkok, demandent plus de temps pour dévoiler leurs charmes. Tel Aviv a d’abord fait partie de ces dernières – rugueuse et parfois peu raffinée.
Mais après quelques jours à arpenter ses rues, la ville m’a ensorcelé. Elle m’a plongé dans un mélange captivant de marchés traditionnels et de cafés branchés, où cohabitent hipsters, familles juives et musulmans arabes ; une gastronomie exceptionnelle, une vie nocturne animée et des plages immaculées à deux pas du centre.
Tel Aviv a capturé mon cœur pour toujours. Bien que je revienne souvent dans d’autres destinations, rares sont celles qui me font rêver d’y vivre. Celle‑ci le fait : j’aimerais passer des mois à explorer sa culture, ses habitants et sa scène culinaire, que je n’ai fait qu’effleurer.
Qu’est‑ce qui m’a enchanté ? Probablement les plages : près de neuf miles (14 km) de sable fin au cœur même de la ville, un luxe urbain rare. J’entamais mes journées par une course le long de la promenade du Hatayelet ou les terminais en admirant les couchers de soleil qui teintaient mer et ciel d’orange, de rouge et de violet, attirant chaque soir une foule immense. Je ne m’en lassais jamais.
Des coureurs locaux, tout droit sortis d’un magazine de fitness, shorts et abdos brillants, parsemaient mon trajet. Je passais la plage gay où les couples s’embrassaient tendrement – un vrai bijou du Moyen‑Orient (bien que j’adorais aussi Gordon, Frishman et Banana Beach).
Les plages bourdonnent d’activité : course, cyclisme, skate, kite‑surf ou matkot. Mes courses s’équilibraient avec des plaisirs gourmands, mais Tel Aviv inspire une énergie extérieure au milieu de décors époustouflants.
Logé près du Carmel Market, mon rituel quotidien commençait par une promenade entre les étals, où je m’offrais pain frais ou baklava accompagné d’un café corsé dans un petit café de coin. C’est l’endroit idéal pour observer les gens : hipsters, femmes musulmanes, familles juives échangeant avec les marchands.
J’ai découvert les 4 000 bâtiments blancs de style Bauhaus, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO dans la « White City ». J’attendais la grandeur, mais j’ai trouvé beaucoup de structures décrépies, que les artistes de rue ont transformées en fresques et messages sur les murs de Florentine.
Cette patine m’a finalement séduit (même si le Bauhaus n’est pas mon style, malgré mes racines à Weimar). Certaines zones brillent : les maisons restaurées de Neve Tzedek et les villas du Rothschild Boulevard évoquent la prospérité du début du XXᵉ siècle. Jaffa, le vieux port au sud de Tel Aviv, vole la vedette.
J’ai parcouru la promenade pour rejoindre une visite guidée gratuite à la tour de l’horloge, puis j’ai exploré seul. Séduit par les bâtiments en pierre ocre du vieux port, je me suis perdu dans les ruelles, admiré les galeries d’art.
La visite retraçait les 4 000 ans d’histoire de Jaffa et son renouveau récent. Après, j’ai flâné, lingeré près des bateaux de pêche et admiré les calèches tirées par des chevaux, rappelant une autre époque.
Déjeuner : le fameux shakshuka du Dr Shakshuka. D’une petite échoppe à l’endroit le plus prisé d’Israël, c’est devenu incontournable (comme le note mon guide culinaire d’Israël).
Au marché aux puces de Jaffa – boutiques d’antiquités à foison – j’ai erré sans fin. Le shakshuka était bon, mais pas exceptionnel.
Depuis un point de vue, en contemplant le littoral, j’ai juré de revenir plus longtemps : une semaine était bien trop courte.
L’ouverture gay de Tel Aviv étonne au Moyen‑Orient : on vit librement, on participe à la gigantesque Pride de juin (plus de 100 000 participants).
L’harmonie ethnique y est plus forte qu’à Jérusalem. Tel Aviv, libérale et jeune, contraste avec la rigueur orthodoxe de Jérusalem ; la ville vibre sur Shenkin Street et Rothschild Boulevard, à l’ambiance Brooklyn.

Les boulangeries, qui sont aussi des cafés, servent du pain de classe mondiale – parfois meilleur que celui d’Allemagne.
Sans les monuments emblématiques de Londres, Tel Aviv séduit par son charme brut, son street‑art, son esprit laissez‑faire et la détente de ses plages.
Laissez‑vous emporter par son charisme : flânez, mangez, buvez, profitez de la vie nocturne, observez les gens et tombez amoureux.
Conseils pour visiter Tel Aviv
- Les visites à pied gratuites offrent d’excellents aperçus ; essayez-en plusieurs. Manquez de temps ? Téléchargez la visite auto‑guidée Before Tel Aviv was Born pour Jaffa, Neve Tzedek et plus – idéale pour les courts séjours.
- Amateurs de street‑art : réservez les circuits Urban Culture de Guy Sharett ou son podcast Streetwise Hebrew pour des insights culturels. Pas de métro ? Utilisez Google Maps pour les bus (Wi‑Fi nécessaire) ; essayez cette carte GPS hors ligne gratuite pour Tel Aviv et Jérusalem.
Scène LGBTQ+ à Tel Aviv
- La vie lesbienne prospère : SevenEleven le lundi, Shabbat chez Ismi Salma le samedi, Barvaz à Florentine, soirée filles le mercredi au Shpagat, et le bar Evita.
- Sur Facebook, retrouvez les soirées pop‑up : All Stars Girls, Dana & Anat, Pinkhouse TLV pour les événements LGBTQ+ hebdomadaires.




