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Aventure au bout du monde

La Patagonian Expedition Race : une aventure hors du commun

La Patagonian Expedition Race se définit comme « une véritable expédition, emmenant des équipes de quatre à travers des territoires encore inexplorés par l’œil humain ». Probablement la course la plus sauvage et la plus isolée de la planète, elle sillonne des paysages d’une beauté à couper le souffle. Créée en 2002 par le géologue Stjepan Pavicic, elle est née d’un rêve partagé avec une équipe internationale d’experts en expédition et en gestion de projets.

Qu’est‑ce qu’une course d’aventure ?

Ce type de compétition est pluridisciplinaire : navigation, trekking, VTT, kayak et escalade sont requis pour franchir des terrains très exigeants. Les équipes, composées de quatre personnes, doivent inclure hommes et femmes. Les courses de catégorie expédition durent de trois à onze jours, souvent sans nuit noire ; les coureurs décident eux‑mêmes quand se reposer. Des points de contrôle obligatoires jalonnent le parcours, et les « transitions » permettent d’échanger le matériel nécessaire à chaque étape.

Le secret du tracé

Dans la Patagonian Expedition Race, le tracé (650‑700 km) reste secret jusqu’au départ. La veille, chaque équipe reçoit une carte très sommaire et des consignes générales. Les participants reçoivent peu d’assistance et traversent plaines, montagnes, glaciers, forêts indigènes, marais, rivières, lacs et canaux de la Patagonie sud. Il n’est pas rare de parcourir des centaines de kilomètres sans croiser le moindre autre être humain. Les itinéraires varient chaque édition : champs de glace continentaux, détroit de Magellan, Torres del Paine, Terre de Feu, canal de Beagle ou Cap Horn.

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Des athlètes venus des quatre coins du monde

Nick Gracie, capitaine de l’équipe Adidas et champion du monde d’aventure racing, illustre parfaitement le profil du compétiteur. Originaire de Londres, il débute en 1998 lors de l’Eco‑Challenge. Après un départ difficile, il devient champion du monde en 2009 aux côtés de Warren Bates. Bates a rencontré sa compagne néo‑Zélandaise grâce à la contrainte d’avoir une femme dans l’équipe ; ils sont aujourd’hui mariés. Gracie attribue son succès à l’abstinence d’alcool, lui offrant plus de temps d’entraînement et aucune gueule de bois.

Gracie collabore avec Adidas, notamment sur la gamme Terrex, et souligne que les coureurs d’aventure doivent « prendre l’argent où ils le trouvent », le sport étant coûteux à cause des déplacements internationaux.

Pourquoi la Patagonian Expedition Race fascine tant les participants ?

Le caractère isolé, sauvage et « envoûtant » de la course séduit les aventuriers. Les équipes se retrouvent parfois à plusieurs centaines de kilomètres de la route la plus proche, voire hors portée des téléphones satellites. Le décor : montagnes enneigées, vastes plaines, forêts denses et cascades spectaculaires. L’absence de prix monétaire et le format « old school » de la course renforcent l’esprit d’entraide et d’exploration.

Le matériel obligatoire comprend imperméables, polaire, sac de couchage, tente, téléphone satellite, GPS et une quantité importante de nourriture. Les équipes consomment environ 12 000 kcal par jour : viandes séchées, fromages, chocolat, barres énergétiques, noix, ainsi que des repas lyophilisés souvent consommés froids. Gracie utilise la tente Big Agnes Copper Spur et le sac à dos Marmot, insistant sur la nécessité d’un équipement « parfait » à ce niveau.

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Le regard du photographe d’aventure

En 2013, le photographe Ulrik Hasemann a suivi les équipes pendant la course, capturant des images époustouflantes. Passionné par les paysages sauvages et les montagnes, il a combiné la prise de vue avec le même équipement de survie que les coureurs : tente, sac de couchage, imperméables, nourriture et kit d’urgence, le tout ultra‑léger pour rester au même rythme. Son matériel se limitait à un Canon 5D Mk II, un objectif 17‑40 mm f/4L et un 70‑200 mm f/4L.

Hasemann confirme que, malgré l’existence de nombreuses courses d’aventure prestigieuses, la Patagonian Expedition Race demeure la plus sauvage et la plus longue continuellement. L’expérience l’emporte sur la compétition : distances entre points de contrôle, météo changeante et terrain accidenté créent une atmosphère authentiquement « hors du commun ».

Notes de voyage
  • La fin, mon nouveau départ

    Je crie en voyant quelque chose ou quelqu’un chuter du couloir Abruzzi devant mes yeux. Il fait des culbutes, roule à toute vitesse le long du mur vertical infini. Sa tête monte et descend, sans arrêt. Il atterrit à 40 m de moi, au Camp de Base avancé. Le choc me fige. Le cœur bat la chamade, la respiration est coupée, l’esprit embrouillé. Je ne suis pas lucide. En quelques pas, je me pose mille questions en approchant le corps : Qui est‑ce ? Sera‑t‑il vivant ? Dans quel état le retrouverai‑je ?

  • Trabant au bout du monde

    Moat Connaissez‑vous le « Moat »? Probablement pas, seuls les habitants et les employés du lieu en ont entendu parler. Il s’agit d’une station radar située à l’extrémité sud du continent américain, le point le plus austral accessible en voiture. Elle se trouve plus au sud qu’Ushuaia, plus au sud que Puerto Williams et à seulement 16 km au nord de Puerto Toro, le plus petit village habité du monde hors Antarctique, sur l’île de Navarino. À quelques mètres en contrebas, au pi

  • Course extrême au bout du monde

    Introduction Je ne voulais pas rester cantonné aux points de contrôle. Javais le pressentiment que les meilleures photos de cette course ne se feraient quen suivant les équipes concurrentes, en partageant leur purgatoire dune semaine au cœur de la sauvage Terre de Feu, le décor dune des épreuves dendurance les plus extrêmes au monde. Départ et premières difficultés Capturer lessence du Patagonia Expedition Race était un défi colossal. Parmi seulement quatre photographes, jai couvert dix‑neuf éq