Haute aventure : la chasse aux aigles en Mongolie
Une aventure en haute altitude : la chasse aux aigles en Mongolie
Nos 24 meilleurs photographes de voyage nous transportent vers les destinations les plus lointaines, révélant des coins encore méconnus du monde. Palani Mohan en est un exemple remarquable : il a passé quatre ans à documenter les burkitshi, nomades mongols qui chassent à l’aigle à cheval dans les montagnes d’Altaï, à l’ouest du pays. À travers une série de photographies noir et blanc époustouflantes publiées dans son dernier ouvrage Hunting with Eagles, Mohan met en lumière quelques‑uns des 50‑60 chasseurs qui subsistent, le paysage désolé et, bien sûr, les majestueux aigles. Voici un extrait qui devrait figurer sur la liste de tout voyageur cette année :
KAZAKH, Mongolie – Ce qui m’a fasciné, c’est le lien entre le chasseur et son aigle, raison pour laquelle j’ai entrepris ce projet de documentation des burkitshi. Tous les chasseurs racontent qu’ils aiment leurs oiseaux davantage que leurs épouses. Un proverbe kazakh dit que, si le père du chasseur décède le jour où la neige commence à tomber, le chasseur ne se rendra pas aux funérailles : il sera déjà dans les collines avec son aigle.
Les nids perchés sur les falaises
Dans cette région, l’absence d’arbres hauts oblige les aigles royaux à nicher sur les parois rocheuses, entre des fissures acérées. C’est là que les chasseurs recherchent un jeune aiglon d’environ quatre ans, déjà habitué à la vie sauvage et à la chasse. L’oiseau ne doit pas être trop jeune pour survivre sans sa mère, ni trop âgé pour ne plus pouvoir être apprivoisé. Seules les femelles sont capturées, car elles sont plus grandes, plus puissantes et plus agressives que les mâles, affichant une envergure de 2,5 mètre et un poids pouvant atteindre 7 kg à maturité.




Le premier contact
Lorsque le chasseur arrache l’aiglon à sa mère, il accepte une immense responsabilité. « Vous les aimez comme vos propres enfants, même si vous devez les relâcher à la fin », m’a confié un chasseur. L’oiseau est ramené à la maison où commence l’alimentation à la main, à base de morceaux de viande de cheval, de mouton ou de yak. C’est à ce moment que le lien entre l’homme et l’oiseau se tisse : l’animal apprend à faire confiance à celui qui le nourrit. Cette confiance se transforme, selon les chasseurs, en affection, et c’est alors que l’aigle rejoint le chasseur lors des parties de chasse.

À placer sur votre table basse
Hunting with Eagles, de Palani Mohan
Extrait imprimé avec l’aimable autorisation de Merrell Publishers.




