De retour de La Havane
Entretien avec Luisa Bonachea
L’avocate devenue photographe Luisa Bonachea entretient une relation familiale profonde avec Cuba.
Sa mère a grandi à La Havane, où sa famille possédait des stations de télévision et de radio (la CMQ, aujourd’hui ICRT). Ils ont quitté Cuba en 1960 après l’expropriation de leurs biens et la diffusion d’un discours télévisé de son grand‑père critiquant le régime. L’ancien domicile familial de la capitale est désormais la résidence de l’ambassadeur de Bulgarie.
Son grand‑père paternel, né dans les années 1870, a été interné dans un camp de concentration pendant la guerre d’indépendance contre l’Espagne en 1898. Il a servi dans l’armée plusieurs décennies avant de prendre sa retraite dans les années 1930 pour s’établir à Palmira, près de Cienfuegos. Son père a grandi à la ferme, a travaillé à la centrale hydroélectrique voisine et a quitté Cuba en 1967, à 30 ans, après plusieurs emprisonnements pour ses activités politiques.
Bien que ce soient les histoires de ses parents, Luisa est fascinée par elles et adore rencontrer les personnes qui les ont connues.

Pourquoi La Havane ?
Qu’est‑ce qui vous a amenée à La Havane ? La Biennale d’art de La Havane, la famille, un piano, le soleil et les mojitos.
Était‑ce votre première visite ? Non, je suis déjà venue plusieurs fois pour voir ma famille. J’aimerais y retourner au moins une fois par an.
Conseils pratiques
Quel a été le meilleur conseil avant le départ ? En échangeant des dollars américains à Cuba, on paie une commission supplémentaire. Un ami m’a conseillé d’apporter des dollars canadiens ou des chèques de voyage American Express pour obtenir un meilleur taux. J’ai également consulté des articles du New York Times et du Guardian sur les paladares (restaurants privés) récemment ouverts.
Comment êtes‑vous rendue sur place ? J’ai pris un vol direct LAX‑HAV le mardi. La plupart des vols pour les citoyens américains partent de Miami. J’ai voyagé sur un permis familial, mais cette année j’ai utilisé un permis éducatif avec le Cuban Artists Fund.
Où avez‑vous séjourné ? Une semaine chez ma famille, puis à l’Hotel Nacional pour le reste du séjour. L’Hotel Nacional, emblème du Malecon, est magnifique mais ses chambres sont vieillottes. Je recommande vivement une casa particular ou un hôtel boutique récent comme le Terral ou le San Felipe.

Activités et découvertes
Quand je ne flânais pas dans la vieille ville, admirant les bâtiments en ruine, rencontrant des artistes dans leurs ateliers ou assistant aux installations de la Biennale, je cherchais le piano de mon oncle.
Mon oncle (le frère de ma mère, mon homonyme) était pianiste de concert. Décédé il y a 30 ans, il possédait l’un des deux Steinway de Cuba, un instrument magnifique. Ma cousine, qui voyageait avec moi, voulait des photos pour une pièce qu’elle venait d’écrire sur notre famille.
Points forts : La Biennale, ses participants et la façon dont elle intègre le décor de La Havane. J’ai aussi apprécié les nouvelles petites entreprises autorisées récemment, comme les fleuristes, les vendeurs de churros ou les esthéticiennes.
Défauts : L’efficacité cubaine. Tout prendre en main peut sembler impossible, surtout sans téléphone ou Internet. Louer une voiture sans réservation est particulièrement ardu.

Ce que j’ai emporté
1. Bien emballé : vitamines, aspirine, épices, vêtements d’occasion, baskets, appareils électroniques, clés USB… Le salaire moyen à Cuba est d’environ 20 $ par mois, il y a donc une forte demande pour presque tout.
2. Ce qui aurait pu manquer : tous mes amis qui voudraient découvrir le pays.
3. Inutile : un pull.
4. Rapporté : ... c’est un secret, mais cela me rappelle mon père. J’ai aussi acheté des maracas, des claves et un parfum de jasmin « La Habana 1791 ».
Tour rapide des coups de cœur
1. Repas : privilégiez les paladares aux restaurants d’État, où la cuisine est fade et le service médiocre. Un nouveau restaurant bio sur une ferme à Mantilla, « Divino », pourrait être la première tentative cubaine du farm‑to‑table.
2. Quartier à explorer : La Vieille Havane, sans modération ! Perdez‑vous dans les rues pavées, admirez le Paseo del Prado, promenez‑vous au crépuscule le long du Malecon. J’aime aussi les somptueuses demeures et les avenues bordées d’arbres du Vedado et de Miramar, où ma mère a grandi.

3. Expérience mémorable : Les installations de la Biennale, comme la conga inversée de Los Carpinteros sur le Paseo del Prado, les œuvres du projet « Detrás del Muro » curaté par Juan Delgado le long du Malecon, les expositions dans les anciennes cellules de La Cabaña près du Morro, ainsi que le Gran Teatro, le PabExpo et le Pavillon Cuba.
4. Café / lieu de détente : Un verre sur le rooftop du Parque Central pour une vue imprenable, ou un mojito sur la terrasse de l’Hotel Nacional. S’asseoir sur le Malecon au crépuscule est un incontournable local.
Spécialité locale : Au menu, ne manquez pas la ropa vieja, le picadillo, la yuca frita et les frituritas de malanga. La musique est l’autre fierté de Cuba : les clubs de jazz La Zorra y El Cuervo, le Jazz Café, le Gato Tuerto, le Centro Bertel Brecht, la Callejón de Hammel pour la rumba du dimanche, et la Casa de la Música pour la salsa. Le Lizt Alfonso Dance Company mêle flamenco, salsa et ballet.
Durée du séjour : Vingt jours étaient parfaits, mais j’aurais aimé rester plus longtemps.
Lieu manqué : Baracoa, sur la côte est, à explorer lors du prochain voyage.
#1 conseil pour un ami : Apportez du cash (pas de distributeurs), discutez avec les locaux et buvez autant de mojitos que possible. Restez flexible : rien ne se passe jamais comme prévu à Cuba.
Surprises : Tomber encore plus amoureux de La Havane.
PLANIFIER
Pour en savoir plus sur les licences de voyage, consultez treasury.gov.
Pour un voyage coordonné des États‑Unis vers Cuba, rendez‑vous sur les sites de DMC ou ABC Charters.
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Dans le focus : le côté discret de Cuba




