Les quilombos du Brésil : au cœur de l’histoire afro‑brésilienne
Les quilombos sont nés à l’époque de l’esclavage au Brésil, constitués de communautés autonomes créées par des Africains en fuite au cœur des forêts. Aujourd’hui, ces villages vibrants incarnent le patrimoine afro‑brésilien, s’appuyant sur leurs racines culturelles et leur lien profond avec la terre pour lutter contre l’effacement culturel, les menaces environnementales et le racisme.

Reconnaissables officiellement depuis 1988, les quilombos doivent suivre une procédure stricte de certification afin d’obtenir un titre foncier. Ils sont généralement de petites communautés afro‑brésiliennes peu influencées par l’urbanisme, préservant les traditions africaines, même si les quilombos urbains offrent un accès plus aisé. Les chefs de communauté accueillent volontiers les visiteurs respectueux pour des randonnées, des visites historiques et des événements culturels (danses, musiques).
Le portugais reste la langue dominante ; l’anglais y est rare, mais Google Translate fonctionne bien. Certaines localités ne sont pas desservies par les transports publics. Vous pouvez les contacter via leur page Facebook ou passer par la guide anglophone Thais Pinheiros (Conectando Territórios) pour des circuits personnalisés. Bien que plus exigeants que les attractions classiques, ces visites représentent un tourisme durable et offrent une immersion profonde dans le patrimoine afro‑brésilien. Tous les sites présentés sont accessibles depuis Rio de Janeiro.

Quilombo do Grotão
Situé dans le parc d’État Serra da Tiririca, ce petit groupe de 15 familles descend de migrants du Sergipe qui sont restés après l’abolition de l’esclavage en 1888, subissant des conditions d’exploitation pendant plusieurs décennies. Reconnu officiellement comme quilombo en 2016, le titre foncier reste incertain du fait de son emplacement dans le parc.
Cette reconnaissance a revitalisé la communauté : chaque dimanche, une feijoada (ragoût de haricots noirs et de porc) et des fêtes de samba s’enchaînent de midi jusqu’au soir – la seule samba en forêt de Rio. Thais Pinheiros propose des visites pendant ces animations. Accès : bus ou ferry de Rio à Niterói, puis taxi ou VTC. Consultez la page Facebook pour le calendrier des événements et réservez une visite privée auprès de Renato do Grotão (+55 21 96502‑8250).

Quilombo Pedra do Sal
Le quilombo le plus connu de Rio, souvent méconnu comme tel, Pedra do Sal est le cœur de la scène samba en plein air de la ville. Surnommé « Petite Afrique » aux XVIIIe‑XIXe siècles, il se trouvait près du port où plus de 1,5 million d’Africains débarquèrent. Les affranchis s’y installèrent, créant des lieux de culte africains où les rituels à la batterie ont donné naissance à la samba.
Assistez à la roda de samba du lundi jusqu’à 23 h, à 10 minutes du métro Uruguaiana. Les soirées se prolongent avec des DJs funk et des bars nocturnes. Pour approfondir, réservez une visite guidée : Afro‑Rio Tour (histoire des rues autour de Pedra do Sal) ou Rio Free Walking Tour (port, musées, boulevard Olympique, etc.).

Quilombo do Camorim
À l’ouest de Rio, à une heure de Copacabana, Adilson Almeida lutte pour la reconnaissance totale du quilombo de Camorim, fondé par des fugitifs d’une des premières plantations de l’État. Après l’abolition, des anciens esclaves y retournèrent, installant le bâtiment principal qui est aujourd’hui un site archéologique révélant des artefacts du XVIe‑XVIIe siècle. Lors des Jeux Olympiques de 2016, les médias ont mis en lumière la destruction d’un cimetière d’esclaves par des journalistes logés sur place. Le quilombo est bordé par le vaste parc d’État Pedra Branca.
Almeida, gardien du parc, organise des ateliers de plantation et des tours du lac. Suivez la page Facebook pour les événements mensuels et contactez‑le directement (+55 21 98163‑3792). Accès : bus 613 ou VTC.

Quilombo São José de Serra
Le plus ancien quilombo de l’État de Rio, à trois heures de la ville, était autrefois un centre mondial du café (75 % de la production). Ses 150 habitants accueillent le plus grand festival Preto Velho du Brésil chaque 13 mai, célébrant l’esprit Umbanda de sagesse et de résistance le jour de l’abolition. Plus de 3 000 personnes campent pour 24 heures de feijoada, samba et jongo, clôturées par un feu de joie à minuit.
Planifiez votre venue via Facebook deux mois à l’avance ; sinon, organisez un transport privé. Contact : Estrada Conservatória‑Santa Isabel do Rio Preto (quilombosaojosedaserra@gmail.com ; +55 24 2457‑1130).

Quilombo Bracuí
Après l’émancipation des travailleurs en 1879, le propriétaire José de Souza Beves leur a cédé le terrain de Santa Rita do Bracuí. La communauté a prospéré jusqu’aux années 1960, lorsque l’ouverture d’une autoroute et le boom touristique ont entraîné des conflits fonciers. Autodéclarés quilombolas dans les années 1990, ils ont obtenu le statut en 1999, les titres restant en attente.
Excursion d’une journée idéale, à deux heures de Rio : bus jusqu’à la route principale, puis 20 minutes de marche. La responsable Marilda Souza accueille des groupes jusqu’à 50 personnes pour des conférences historiques et des randonnées aux cascades, à combiner avec une visite d’Ilha Grande. Réservation via Facebook/WhatsApp (+55 24 3369‑3767) ; choisissez les bus Angra s’arrêtant à Bracuí.
Recevez plus d’inspiration voyage, d’astuces et d’offres exclusives directement dans votre boîte mail grâce à notre newsletter hebdomadaire.




